Institut national du cancer : vers la fin d’un interminable chantier ?
Pendant des années, l’Institut national du cancer (INC) d’Oran est resté l’un de ces grands projets dont on parlait davantage au futur qu’au présent. Annoncé avec l’ambition de faire d’Oran un véritable pôle régional de lutte contre les pathologies cancéreuses, il a longtemps symbolisé ces réalisations qui semblaient condamnées à avancer au rythme des promesses administratives plutôt qu’à celui des besoins des citoyens. Aujourd’hui, l’annonce de l’acquisition prochaine de trois accélérateurs linéaires de dernière génération et l’état d’avancement du chantier, estimé à près de 80 %, redonnent enfin de l’espoir. Inscrit depuis plus d’une décennie parmi les priorités nationales en matière de santé, le projet devait répondre à une réalité inquiétante : l’augmentation constante du nombre de cancers dans l’Ouest du pays et la saturation progressive des services spécialisés. Les familles oranaises connaissent malheureusement cette réalité. Beaucoup ont dû patienter des semaines pour obtenir une séance de radiothérapie, parfois parcourir plusieurs centaines de kilomètres ou recourir au secteur privé lorsque leurs moyens le permettaient. Les retards successifs ont suscité l’incompréhension. Changements techniques, procédures administratives interminables, contraintes financières, réévaluations du projet et difficultés liées aux entreprises chargées de sa réalisation se sont accumulés au fil des années. Comme certains projets publics à Oran, l’Institut national du cancer semblait avancer par à-coups, au gré des décisions et des arbitrages.
Pourtant, il serait injuste d’ignorer les efforts consentis ces derniers mois. Les autorités locales suivent désormais régulièrement l’évolution du chantier. Le ministère de la Santé a confirmé sa volonté d’accélérer la livraison de cette infrastructure stratégique, tandis que l’acquisition des trois accélérateurs linéaires constitue une étape essentielle. Ces équipements permettront d’améliorer considérablement la prise en charge des malades et de réduire les délais d’attente, souvent vécus comme une véritable épreuve psychologique.
Cette volonté d’accélération s’observe également dans plusieurs autres secteurs à Oran. Les opérations de réhabilitation des établissements de santé, la modernisation des services d’urgence, les campagnes d’hygiène, les contrôles renforcés contre les constructions illicites, la lutte contre le commerce informel ou encore la relance de plusieurs projets touristiques témoignent d’une volonté réelle de remettre de l’ordre dans la gestion urbaine. Les visites de terrain du wali, les réunions de suivi et les injonctions adressées aux entreprises traduisent une nouvelle exigence de résultats.
Mais la réussite d’un projet ne dépend pas uniquement de la volonté politique. Elle exige également une administration réactive, des entreprises responsables et une culture du respect des délais qui fait encore défaut. Combien de projets à Oran ont été annoncés avec enthousiasme avant de sombrer dans les lenteurs ? La Maison de la presse, certaines infrastructures culturelles, plusieurs établissements scolaires, des équipements sportifs ou encore certains programmes de voirie ont connu des parcours similaires.
L’Institut national du cancer ne doit plus être un chantier interminable. Derrière chaque retard se trouvent des malades, des familles éprouvées et des médecins confrontés quotidiennement au manque de moyens. La santé n’est pas un simple indicateur de développement ; elle constitue le premier visage de la dignité humaine.
Si l’achèvement de cet institut intervient enfin dans les délais annoncés, Oran pourra tourner une page douloureuse et démontrer qu’elle est capable de transformer les ambitions en réalisations concrètes. La modernité ne se mesure pas uniquement au nombre de projets lancés, mais surtout à la capacité de les achever dans les temps, avec efficacité, transparence et au seul bénéfice du citoyen.
























