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Pologne

Pologne

  • La police s est déployée dans l enceinte du Tribunal constitutionnel à Varsovie après un ordre du Premier ministre Donald Tusk.
  • Le président Karol Nawrocki a interrompu son déplacement officiel au Sénégal et est rentré d urgence à Varsovie.
  • La juge Anna Korwin-Piotrowska a annoncé la suspension du président du Tribunal Bogdan Swieczkowski pour restaurer l État de droit.
  • La cour a démenti ce départ sur son compte X officiel en affirmant que Bogdan Swieczkowski reste en fonction.
  • Des manifestants ont scandé Tusk traitre à l extérieur du Tribunal tandis que Jaroslaw Kaczynski a appelé à faire cesser la situation.

Visiblement en Europe la morale démocratique est à géométrie variable lorsqu’il s’agit pour les pro-européens de s’assurer le maximum de pouvoir au sein des pays membres de l’Union européenne. En 2024, en Roumanie, les élections présidentielles avaient tout bonnement été annulées après la large victoire du candidat nationaliste anti-UE, prétextant une «ingérence» via les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, un européiste de longue date, qui a même été président du Conseil européen et président des sommets de la zone euro (2014-2019), a tenté dans son pays une action ubuesque, qualifiée de coup d’Etat par une grande partie du pays. Profitant d’un déplacement hors des frontière du Président Karol Nawrocki, Tusk a ordonné à la police de forcer les portes du Tribunal constitutionnel à Varsovie. En effet, la crise politique autour du Tribunal constitutionnel s’est accélérée vendredi soir : la police s’est déployée dans l’enceinte de la plus haute juridiction du pays, au cœur d’un bras de fer entre la droite nationaliste et l’actuel gouvernement centriste. Le président de la République, le nationaliste Karol Nawrocki, a interrompu son vol pour le Sénégal, où il se rendait en déplacement officiel, et est rentré d’urgence à Varsovie. Jugé trop dépendant du pouvoir politique par l’UE, le Tribunal constitutionnel a été l’une des pommes de discorde entre Bruxelles et les nationalistes pendant leur mandature (2015-2023) car ils prônent la primauté de la législation polonaise sur celle de l’UE. Dès 2015, le gouvernement du PiS y avait nommé dans les règles des juges jugés «engagés politiquement», que ni Donald Tusk ni l’Union européenne ne reconnaissent. Depuis son retour au pouvoir en 2023, Tusk promet de résoudre la crise. Sans succès jusqu’ici puisque les nominations de son gouvernement et de la Diète (chambre basse du Parlement) au Tribunal n’ont pas été entérinées par le chef de l’État, qui y fait obstacle. «Rétablir l’État de droit est notre devoir», a déclaré Donald Tusk sur le réseau social X après son coup d’État, à l’issue aujourd’hui encore imprécise. «Après des années d’illégalité sous le PiS, c’est un processus difficile, parfois douloureux, qui exige une action résolue. Il n’y a pas d’autre voie». C’est l’une des juges nommés par l’actuel gouvernement, Anna Korwin-Piotrowska, qui a annoncé la suspension de ses fonctions du président du Tribunal, Bogdan Swieczkowski. Korwin-Piotrowska a justifié cette éviction par «la nécessité de restaurer l’État de droit». La confusion régnait toutefois. La cour a démenti le départ de Swieczkowski, tout en dénonçant un coup d’État sur son compte X officiel. Elle y affirme que le président Swieczkowski reste en fonction et que Korwin-Piotrowska ne peut assurer l’intérim puisqu’elle n’a pas prêté serment devant le président de la République. Le site internet du Tribunal n’était pas accessible vendredi soir. «Tusk traître», scandaient des Polonais à l’extérieur du Tribunal vendredi soir. Certains récitaient des prières, en égrenant un chapelet ou en brandissant des images religieuses. Si la police a investi l’enceinte du Tribunal, elle affirme ne pas être entrée dans ses bâtiments. S’adressant à ses supporters, le chef du PiS et ancien Premier ministre (2006-2007), Jaroslaw Kaczynski, a appelé le chef de
l’État, que le PiS a contribué à faire élire à la présidence en 2025, à «faire tout ce qui est en son pouvoir pour que cette situation cesse». Revenu à Varsovie, Karol Nawrocki a convoqué au palais présidentiel le premier président de la Cour suprême, Zbigniew Kapinski et le président du Tribunal constitutionnel évincé, Bogdan Swieczkowski. Mais ce qui frappe au lendemain de l’assaut de vendredi soir est le silence assourdissant des institutions européennes ainsi que des dirigeants de la zone euro.

Source : Le jour d'Algérie

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