Les députés français ont sèchement rejeté le projet de budget de l’Etat pour 2027 en première lecture, prolongeant l’impasse malgré les inquiétudes concernant les finances publiques du pays, à quelques mois de l’élection présidentielle. Par 458 voix contre zéro et deux abstentions, l’ensemble des groupes politiques, y compris ceux soutenant le gouvernement, ont rejeté mercredi la partie «recettes» du projet, dans un climat socio-économique tendu. Au terme d’une dizaine de jours de débats décousus, les députés de l’opposition ont désapprouvé les choix du gouvernement, tandis que les soutiens de ce dernier ont déploré un texte totalement détricoté. Nouvel épisode des difficultés à adopter un budget dans une Assemblée sans majorité depuis la dissolution décidée en 2024 par Emmanuel Macron, ce résultat renvoie l’ensemble du texte au Sénat dans sa version initiale, pour un examen en séance plénière à partir du 20 novembre. Ce rejet intervient alors que le dernier budget, censé ramener le déficit à 5% du PIB en 2027, contre 5,4% attendus cette année, a été largement amputé. La dette et le déficit français figurent parmi les plus élevés d’Europe. Des mesures d’économies, notamment sur l’abattement dont bénéficient les retraités et sur les collectivités territoriales, ont été supprimées par les élus, tout comme la surtaxe sur les grandes entreprises. Les discussions se sont déroulées dans un contexte marqué par de mauvais résultats économiques, avec un nouveau recul du PIB (-0,1%) au troisième trimestre. Une situation qui imposerait à la France de réaliser davantage d’économies que celles prévues dans le texte initial, estimées à quelque 43 milliards d’euros, pour atteindre son objectif de 5% de déficit, selon le ministre des Comptes publics, David Amiel. Le rejet du projet de budget de l’Etat français intervient à la veille d’une grève générale prévue jeudi et susceptible de paralyser plusieurs secteurs névralgiques du pays.
Cette vague de protestation est alimentée par de fortes pressions économiques, notamment la hausse record des prix des carburants et du coût de la vie, sur fond de crises internationales actuelles, ravivant ainsi l’esprit du mouvement des «Gilets jaunes».



























