Les résultats provisoires des élections législatives du 2 juillet dessinent les contours d’un paysage politique marqué par la continuité et la stabilité. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi, le Pr Idriss Attia, enseignant en sciences politiques et en relations internationales. Selon lui, le verdict des urnes traduit avant tout la volonté des électeurs de reconduire les grandes orientations nationales et de préserver les équilibres institutionnels, ouvrant ainsi la voie à une majorité présidentielle élargie, portée par le FLN, le RND et le Front El Moustakbal.
Le Pr Attia a affirmé, sur les ondes de la Radio nationale, que ces résultats « consacrent le choix rationnel de l’électeur algérien et sa volonté de préserver la continuité des options nationales ». Selon lui, le fait que le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND) et le Front El Moustakbal arrivent en tête du scrutin confirme clairement cette orientation.
Le politologue a également souligné que « le scrutin n’a produit aucune surprise ». A ses yeux, les électeurs ont exprimé leur attachement à « une ligne politique institutionnelle », incarnée par les principales formations de la majorité. Il a expliqué que cette configuration s’inscrit dans la continuité de l’histoire politique récente de l’Algérie, marquée, depuis six législatures, par la prédominance du FLN, suivi du RND.
Revenant sur cette constante, le spécialiste a estimé que « cette bipolarité a démontré son efficacité, et peut-être même sa responsabilité, dans la préservation de la stabilité politique du pays durant les deux dernières décennies, voire davantage », considérant que cette stabilité demeure un facteur déterminant dans le choix des électeurs.
Par ailleurs, le Pr Attia a expliqué que les transformations intervenues au sein des partis politiques ont profondément modifié la nature de la compétition électorale. Selon lui, « les évolutions n’ont pas été idéologiques » ; elles se sont progressivement orientées vers une concurrence fondée sur la pertinence et l’efficacité des programmes proposés aux citoyens, aussi bien au niveau national que local.
Dans ce contexte, il a estimé que les formations politiques sont désormais davantage appelées à accompagner les choix stratégiques de l’Etat et à contribuer à leur mise en œuvre à travers des projets concrets et des politiques publiques efficaces.
===Le Parlement entre continuité et recomposition
Evoquant la progression du Front El Moustakbal, le professeur a considéré que cette formation s’impose désormais comme « une force d’équilibre souple » au sein de la future Assemblée populaire nationale. Grâce à son implantation sur l’ensemble du territoire et à son positionnement politique, ce parti pourrait, selon lui, jouer un rôle déterminant dans la recomposition des équilibres parlementaires.
« Le Front El Moustakbal est en mesure de contribuer à une nouvelle architecture politique », a-t-il fait observer, estimant qu’il pourrait favoriser « la constitution d’un bloc ou d’une alliance présidentielle » aux côtés du FLN et du RND.
Comparant les résultats de 2026 à ceux des législatives de 2021, le Pr Attia a relevé que la nouvelle Assemblée comptera 32 partis politiques, contre 23 lors de la précédente mandature, auxquels s’ajoute le bloc des indépendants.
Toutefois, il a nuancé cette évolution, estimant qu’elle ne doit pas être analysée sous le seul angle quantitatif. « Il faut dépasser la comparaison des chiffres pour s’intéresser aux indicateurs structurels de la compétition électorale entre les partis », a-t-il souligné, considérant que ces derniers offrent une lecture plus pertinente des évolutions du paysage politique.
Dans son analyse, le politologue a observé que le nouveau Parlement reflète avant tout « un environnement de stabilité » entre les principales forces politiques. Si le FLN et le RND conservent leur position dominante, le Front El Moustakbal poursuit sa progression, tandis que les autres partis parviennent, dans l’ensemble, à préserver leur représentation.
Le spécialiste a également mis en avant l’émergence de « profils technocratiques nouveaux et de qualité » appelés à siéger à l’Assemblée populaire nationale. Selon lui, même élus sous les couleurs de formations politiques, ces nouveaux députés pourront enrichir le travail parlementaire grâce à leurs compétences et à leurs parcours professionnels.
Enfin, le Pr Attia a estimé que la configuration politique issue des urnes ouvre la voie à la constitution d’une majorité présidentielle élargie. Il a ainsi affirmé que « la carte politique née de ces élections a préparé le terrain à une majorité présidentielle conduite par le FLN, le RND et le Front El Moustakbal », précisant que ces formations disposent de la majorité parlementaire nécessaire pour soutenir le programme du gouvernement.
Il a conclu en estimant que cette majorité pourrait demeurer ouverte à d’autres formations politiques afin de favoriser « un climat de consensus entre le gouvernement et les deux Chambres du Parlement », et ce dans le but d’accompagner la mise en œuvre du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.



















