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Déploiement algérien au Niger

Déploiement algérien au Niger

  • L'Union européenne a déclaré suivre de près le déploiement de l'Armée nationale populaire algérienne au Niger.
  • Un porte-parole de l'UE a demandé des claircissements sur la portée et l'objectif de ce déploiement militaire.
  • La décision algérienne répond au besoin de protéger les intérêts énergétiques communs aux deux pays africains.
  • L'article critique l'ingérence de l'organisation européenne dans une décision souveraine et bilatérale.
  • Les populations européennes dépendent en partie du gaz livré à partir de l'Afrique et sécurisé par ces projets.

En quoi la décision algérienne d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire au Niger et à la demande de ce pays concerne-t-elle, de près ou de loin, l’Union européenne ? Cet acte souverain conclu sur la base d’un accord bilatéral de défense concerne bien deux pays africains et non pas européens, non ? La question est, à l’évidence, et dans une certaine mesure, ne devrait pas se poser. Mais, paradoxalement, l’organisation des 27 a dit, sans éprouver la moindre gêne, suivre de près le déploiement de l’armée algérienne chez le voisin immédiat. Cette décision, qui répond au besoin vital de protéger les intérêts énergétiques communs aux deux pays, est mal passée à Bruxelles au point de provoquer un malaise au sein des lobby anti-algériens. La capitale européenne l’a fait savoir par le biais de l’un de ses porte-paroles pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Aussi curieux que cela puisse paraître, celui qui a été chargé de « demander des comptes » à l’Algérie est un franco-marocain qui répond au nom d’Anouar El Anouni. Ce dernier a, en effet, déclaré que l’institution européenne « suivait de près » le déploiement militaire algérien et qu’elle « attendait des éclaircissements sur la portée, l’objectif et la base de ce déploiement » ! Voilà un peu pour résumer la maladresse de l’UE qui s’arroge le droit de demander des explications sur une décision souveraine sur laquelle il n’a ni le droit de regard et ni encore moins celui d’émettre un quelconque avis ou observation. Nous les avons vus venir, toutes ces parties hostiles qui multiplient les manœuvres pour déformer la véritable mission de l’armée algérienne au Niger. Ces sorties sont loin d’être innocentes. L’Union européenne gagnerait à s’occuper de ses propres problèmes au lieu de chercher à s’immiscer dans une décision bilatérale qui concerne deux pays souverains. D’ailleurs, l’on se demande comment l’UE n’a même pas osé commenter tous les accords de défense conclus, durant toute l’année 2026, entre plusieurs pays membres signataires, pour ne citer que la France, l’Allemagne, la Norvège, la Pologne et le Royaume-Uni (hors de l’UE) ? Alors qu’elle vienne aujourd’hui fourrer son nez dans une affaire algéro-nigérienne et, plus largement, africaine ? À vouloir tenter un coup de pression sur l’Algérie, l’UE s’est tiré une balle dans le pied. Elle ne le sait peut-être pas, mais elle travaille, décidément, contre les intérêts des peuples européens. L’UE n’est pas sans savoir que ses populations dépendent d’une bonne part du gaz livré à partir de l’Afrique, algérien essentiellement et nigérian, un peu moins.   Elle n’est pas non plus sans savoir que l’armée algérienne est au Niger pour sécuriser des projets énergétiques. L’UE a commis un double impair avec un sous-entendu d’ingérence manifeste à l’égard de l’Algérie.

Farid Guellil

Source : Le courrier d'Algérie

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