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Qui profite réellement des nouvelles règles d’exportation en Algérie ?

Qui profite réellement des nouvelles règles d’exportation en Algérie ?

Dans une étape qui traduit un durcissement progressif du contrôle des circuits du commerce extérieur, les autorités publiques en Algérie ont engagé une redéfinition des règles du jeu de l’exportation, à travers une nouvelle mesure ciblant une catégorie sensible d’acteurs économiques, à savoir les exportateurs non producteurs. Selon une communication diffusée auprès de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers, sur la base d’une correspondance émise par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, les commerçants exportateurs non producteurs, à l’exception des exportateurs de produits agricoles, sont désormais tenus de présenter une autorisation ou une délégation officielle délivrée par l’entreprise productrice avant toute opération de domiciliation bancaire liée à l’exportation. Cette nouvelle exigence ne constitue pas une simple mesure technique isolée. Elle a également été relayée par des instructions bancaires officielles, ce qui en fait une obligation applicable à l’ensemble des banques et établissements financiers du pays. Plus important encore, son entrée en vigueur est fixée au 1er juillet prochain, avec une application transitoire jusqu’au lancement de la nouvelle plateforme numérique dédiée à la gestion et au suivi des opérations d’exportation. Il apparaît clairement que l’objectif affiché dépasse la simple organisation administrative, pour viser une restructuration complète de la chaîne d’exportation. L’obligation d’une délégation de la part de l’entreprise productrice revient en pratique à réduire la marge d’intervention des intermédiaires non producteurs et à renforcer la capacité de l’État à tracer l’origine des marchandises avec davantage de précision, dans un contexte marqué par l’expansion progressive des exportations hors hydrocarbures. Cette mesure s’inscrit également dans une vision plus large visant à renforcer la transparence des transactions commerciales extérieures et à limiter toute pratique susceptible d’affaiblir la crédibilité des produits nationaux sur les marchés internationaux. Parallèlement, les autorités cherchent à soutenir les entreprises productrices en faisant d’elles l’acteur central du processus d’exportation, plutôt que de laisser le champ libre à des opérateurs sans statut de production. Au-delà de son aspect réglementaire, cette évolution s’inscrit aussi dans une logique stratégique de numérisation globale du système du commerce extérieur, permettant un suivi plus précis des opérations et une réduction des zones grises qui facilitaient auparavant les interprétations multiples ou les failles de contrôle. Entre ceux qui y voient une mesure nécessaire pour renforcer la transparence et ceux qui la perçoivent comme un durcissement susceptible de redistribuer les équilibres entre acteurs économiques, une chose est certaine : une nouvelle phase de régulation du secteur exportateur en Algérie est en train de se dessiner, avec un mot d’ordre dominant… davantage de contrôle et une redéfinition des règles du jeu économique.

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