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L Etat durcit son dispositif de regulation du marche et de controle de la qualite

L Etat durcit son dispositif de regulation du marche et de controle de la qualite

  • L approvisionnement du marche a recemment connu des perturbations concernant notamment la pomme de terre et l huile de table.
  • Plus de cinq tonnes de pommes de terre ont ete saisies suite au non respect du prix plafonne.
  • Une nouvelle plateforme numerique a ete lancee pour assurer un marche equilibre et proteger le pouvoir d achat.
  • Le Premier ministre a averti que toute manipulation des prix ou retention d information ne serait pas toleree.
  • Deux laboratoires de controle de la qualite ont ete inaugures au port et a l aeroport d Alger.

Ces derniers jours, l’approvisionnement du marché a connu des perturbations, notamment en pomme de terre, qui se fait rare. Idem pour l’huile de table, et ce, malgré les assurances des producteurs sur la disponibilité de la production en quantité suffisante ! Si les raisons de ces perturbations ne sont pas encore connues, l’État a mobilisé tous les moyens nécessaires. Il faut en finir avec cette situation dans les meilleurs délais.

D’ailleurs, des quantités importantes de pommes de terre, soit plus de cinq tonnes, ont été saisies à Boumerdès et El Meghaier, à la suite du non-respect de son prix plafonné à 90 DA/kg chez les détaillants et à entre 75 et 80 DA chez les grossistes. Les commerçants épinglés proposaient le tubercule à des tarifs oscillant entre 120 et 140 DA/kg.

Face à cette situation, l’État modernise ses instruments et ses mécanismes d’intervention, en mettant en place une plateforme numérique. Lancée officiellement jeudi dernier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, cette plateforme est un outil opérationnel permettant aux pouvoirs publics d’intervenir rapidement et efficacement pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Lors d’une réunion interministérielle conjointe, le Premier ministre a instruit les responsables concernés de veiller à ce que cette plateforme reflète fidèlement la réalité du marché, estimant que ce mécanisme devait contribuer à instaurer un marché équilibré, garantissant les droits de toutes les parties, notamment les agriculteurs, les commerçants grossistes et détaillants, ainsi que les consommateurs.

Cette démarche, engagée sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit dans le cadre du renforcement du suivi des marchés et de la disponibilité des produits de première nécessité, qu’ils soient agricoles ou alimentaires. Le Premier ministre a ainsi instruit les walis de prendre immédiatement toutes les mesures légales et coercitives afin de faire face à toute tentative de provoquer des pénuries, de porter atteinte à la stabilité de l’approvisionnement des marchés ou de manipuler les prix.

« Nous ne tolérerons aucune manipulation »

Insistant sur le caractère prioritaire de la protection du pouvoir d’achat, le Premier ministre a tenu un discours ferme à l’égard des pratiques portant atteinte à l’équilibre du marché. « Notre objectif premier est de préserver le pouvoir d’achat du citoyen. Nous ne tolérerons aucune manipulation qui touche le couffin du citoyen algérien », a-t-il insisté, soulignant que l’accompagnement de l’État en faveur des agriculteurs et des commerçants devait aller de pair avec le respect de leurs obligations. « L’État, comme il l’a toujours fait, continuera d’accompagner les agriculteurs et les commerçants. Toutefois, chacun doit assumer ses responsabilités et respecter les droits et les obligations qui lui incombent », a-t-il déclaré.

Dans ce sens, Sifi Ghrieb a mis en garde contre la rétention d’informations nécessaires au suivi du marché, affirmant que tout opérateur refusant de communiquer les données requises devrait assumer ses responsabilités. « Toute personne qui refusera de nous fournir les informations nécessaires devra assumer ses responsabilités », a-t-il prévenu, ajoutant que « la main de l’État restera tendue, mais que la réaction sera ferme ».

Le Premier ministre a, par ailleurs, dénoncé l’utilisation abusive du statut d’agriculteur par des personnes qui ne pratiquent pas réellement cette activité et qui l’exploitent à des fins commerciales. « Nous savons que certaines personnes ne disposent du statut d’agriculteur que sur le papier et utilisent cette qualité pour mener des activités commerciales. Nous devons mettre fin à cette pratique », a-t-il insisté.

Ghrieb a, dans ce cadre, réaffirmé que les aides et les subventions publiques devaient bénéficier aux véritables professionnels du secteur agricole. Il a également évoqué le rôle des coopératives dans l’accompagnement des exploitants, notamment pour les aider à faire face aux charges et aux démarches administratives liées à leur activité.

Accélérer la coordination entre les secteurs

Abordant la question des importations, le Premier ministre a fait état de difficultés liées notamment à l’introduction de certains produits en quantités excédentaires. Il a indiqué que des instructions avaient été données aux ministères concernés, notamment ceux de l’Agriculture, du Commerce intérieur, du Commerce extérieur et de l’Intérieur, afin de prendre en charge ces situations dans les meilleurs délais.

« S’il existe des difficultés liées aux importations, notamment des importations de produits en quantités excédentaires, des instructions ont déjà été données à l’ensemble des ministères concernés, notamment ceux de l’Agriculture, du Commerce intérieur, du Commerce extérieur et de l’Intérieur, afin de traiter ces situations dans les meilleurs délais. Telles sont les règles du jeu que nous devons tous respecter. L’objectif est de permettre à chacun d’exercer son activité dans un cadre organisé et transparent », a-t-il dit.

Le Premier ministre a enfin assuré que les préoccupations des professionnels seraient prises en charge dans les délais requis, selon leur degré d’urgence, réaffirmant ainsi la volonté du gouvernement de faire de cette plateforme un instrument opérationnel de transparence, de régulation du marché et de protection du pouvoir d’achat.

Le contrôle de la qualité renforcé aux frontières

Concernant la préservation de la santé des consommateurs, le Premier ministre a souligné l’importance et le rôle des laboratoires d’analyse de la qualité aux frontières. Dans une déclaration à la presse à l’occasion de l’inauguration de deux laboratoires de contrôle de la qualité au port d’Alger et à l’aéroport international d’Alger, le Premier ministre a expliqué que ces laboratoires, créés conformément aux instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, constitueraient « un plus et une protection pour l’économie nationale » car, a-t-il dit, ils permettront un contrôle rapide des marchandises et faciliteront leur transit.

Il a, à ce titre, affirmé que « le citoyen est pour nous une ligne rouge », soulignant que l’État, sous l’impulsion et le suivi personnel du chef de l’État, a veillé à doter ces structures des équipements les plus modernes sans y ménager aucun moyen financier.

Le Premier ministre a mis en relief l’impact direct de ces nouvelles installations sur l’efficacité économique, expliquant que le temps de traitement et d’analyse des marchandises a été considérablement réduit, passant de plusieurs jours (24 à 72 heures, voire plus) à seulement quelques heures. « En matière d’économie, le temps, c’est de l’argent », a-t-il rappelé, notant que cette optimisation favorise grandement la fluidification du transit et du commerce extérieur.

H. O.

Huile de table : Les producteurs rassurent

Plusieurs groupes agroalimentaires nationaux ont assuré que leurs unités de production d’huile de table, à travers le territoire national, poursuivent leur activité à un rythme régulier et à pleine capacité, afin de garantir l’approvisionnement normal du marché.

Dans ce cadre, la Société Holding Agrodiv a indiqué, dans un communiqué, que toutes les unités de production d’huile de table relevant de sa filiale « Mahroussa » fonctionnent à pleine capacité, normalement et sans interruption, afin d’assurer l’approvisionnement du marché national en continu, 24H/24 et 7J/7. Le Directeur général d’Agrodiv, Hamitouche Lamri, a effectué une visite d’inspection à la filiale Mahroussa, spécialisée dans la transformation et le raffinage des huiles alimentaires de la marque « Safia ».

Il a ainsi inspecté les différents ateliers de l’usine et ses lignes de production, et s’est enquis des conditions de travail, des opérations de production et de la situation générale de l’établissement.

A cette occasion, le responsable s’est félicité des conditions de travail, saluant les efforts consentis par les travailleurs et les cadres de l’entreprise pour assurer la continuité de la production et la disponibilité de ce produit de première nécessité sur le marché national. L’entreprise dispose de stocks suffisants et sé- curisés de matières premières et de produits finis, lui permettant de répondre aux besoins du marché national, a noté le communiqué, soulignant que les opérations de distribution et d’approvisionnement se poursuivent quotidiennement à travers les points de vente de l’entreprise et les différents circuits de distribution agréés. La société a fait savoir que son réseau de distribution comptait 138 distributeurs à travers le territoire national, assurant que le produit est commercialisé à des prix ré- glementés et stables. De son côté, le groupe agroalimentaire Cevital a indiqué, dans un communiqué, veiller en permanence à assurer l’approvisionnement du marché national en huiles alimentaires, assurant qu' »aucune perturbation de la production ou de la distribution n’a été enregistrée ».

Le groupe agroalimentaire LaBelle a, lui aussi, assuré que ses unités de production poursuivent leur activité à un rythme régulier et à pleine capacité, afin de répondre aux besoins du marché national et de fournir des quantités suffisantes pour couvrir les besoins des consommateurs dans les différentes ré- gions du pays.

Le groupe a réaffirmé, dans un communiqué, son engagement à « poursuivre la production et l’approvisionnement de manière continue, afin de préserver la stabilité du marché et de garantir la disponibilité permanente de ce produit de première nécessité ». De son côté, le groupe agroalimentaire SIM a indiqué que « la production d’huile de table se poursuit normalement sous ses deux marques commerciales +Zitna+ et +Bahia+ », ajoutant que ses unités de production fonctionnent régulièrement et que les matières premières sont disponibles. Le groupe a également assuré qu’il « veillera à garantir l’approvisionnement afin de répondre aux besoins du marché national ».

R. E.

Source : Ecotimes

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