En effet, selon cette analyse, entre mars et août 2026, les cinq principaux exportateurs africains ont ainsi expédié en moyenne près de 4 millions de barils par jour, contre 4,26 millions durant la même période de 2025, soit une contraction d’environ 6 %.
L’Algérie a participé à cette baisse, avec une moyenne de 380.000 barils par jour, contre 430.000 barils par jour un an auparavant, soit un recul de 12 %, équivalent à environ 50.000 barils par jour.
Mais malgré cette diminution, l’Algérie conserve sa place parmi les principaux exportateurs africains de brut par voie maritime. Elle se classe quatrième derrière la Libye, le Nigeria et l’Angola.
La Libye affiche la moyenne la plus élevée sur la période, avec environ 1,20 million de barils par jour, suivie du Nigeria avec un volume similaire. L’Angola arrive ensuite avec 1,02 million de barils par jour, tandis que la République du Congo complète le groupe avec 260.000 barils par jour.
L’évolution est toutefois loin d’être homogène. Les exportations libyennes ont progressé de 2 %, celles de l’Angola de 3 % et celles du Congo de 4 %. À l’inverse, le Nigeria a enregistré une baisse de 15 %, plus importante en volume que celle observée en Algérie.
Le recul des exportations africaines apparaît d’autant plus notable que la guerre a provoqué une forte perturbation des flux pétroliers internationaux.
Selon les données reprises par Attaqa, les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont chuté de 41 %, soit environ 6,8 millions de barils par jour, au cours des six premiers mois du conflit. Elles sont ainsi passées de 16,7 millions à 9,9 millions de barils par jour sur un an.
Le principal enseignement de cette évolution concerne ainsi moins la demande mondiale que la capacité réelle des producteurs africains à augmenter rapidement leurs volumes.
La plupart des grands exportateurs du continent ne disposent pas de capacités excédentaires suffisamment importantes pour répondre immédiatement à une hausse de la demande mondiale. Les difficultés sécuritaires, le déclin naturel de certains gisements et les besoins importants en investissements limitent leur capacité à accélérer leur production.
L’Agence internationale de l’énergie avait d’ailleurs anticipé une évolution défavorable des capacités africaines à moyen terme. Dans ses projections, elle estimait que les capacités de production de pétrole brut des pays africains membres de l’Opep+ pourraient diminuer de 260.000 barils par jour d’ici 2030, pour atteindre environ 4,2 millions de barils par jour.
Pour l’Algérie, cette situation souligne l’importance stratégique de la relance de l’investissement dans l’amont pétrolier. L’objectif ne consiste pas uniquement à profiter des épisodes de tension sur les marchés, mais surtout à disposer d’une capacité productive suffisamment flexible pour répondre aux opportunités lorsque celles-ci se présentent.
Les récentes mesures destinées à améliorer l’attractivité du secteur des hydrocarbures et à renforcer la coopération avec les compagnies étrangères doivent précisément être appréciées dans cette perspective. Leur impact sur la production ne peut toutefois être immédiat : le développement de nouveaux projets pétroliers nécessite plusieurs années avant de se traduire par des volumes supplémentaires.
Le recul enregistré entre mars et août 2026 ne remet donc pas en cause le poids de l’Algérie sur le marché pétrolier africain. Il met surtout en évidence un enjeu structurel : dans un marché mondial marqué par des chocs géopolitiques de plus en plus fréquents, la capacité à augmenter rapidement l’offre devient elle-même un avantage économique stratégique.
Pour l’Algérie, le développement de nouvelles capacités pétrolières, parallèlement à la consolidation de sa production gazière et à la diversification de ses exportations énergétiques, constitue ainsi un levier essentiel pour mieux valoriser les périodes de tension sur les marchés internationaux.
K. B.



























