Dans un geste qui dépasse largement le cadre d’une simple coopération bilatérale, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb, au nom du président Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à poursuivre son soutien à la République du Tchad et à renforcer le partenariat entre les deux pays, dans une dynamique présentée comme une transition des relations classiques vers une coopération stratégique multidimensionnelle.
Cette position a été exprimée lors de la supervision par le Premier ministre, aux côtés de son homologue tchadien, de la pose de la première pierre d’une centrale électrique de solidarité algéro-tchadienne à N’Djamena, d’une capacité de production de 20×2 MW. Un projet considéré comme l’une des manifestations les plus visibles de la présence algérienne croissante au cœur du continent africain.
L’événement n’a pas seulement marqué le lancement technique d’un projet énergétique. Il a surtout porté un message politique clair, selon lequel l’Algérie cherche à instaurer un modèle de coopération africaine fondé sur l’investissement dans les infrastructures essentielles, plutôt que sur de simples déclarations diplomatiques. Sifi Ghrieb a ainsi souligné que ce projet reflète la volonté politique commune des dirigeants des deux pays et traduit l’élévation des relations bilatérales au rang de partenariat stratégique basé sur la solidarité, le développement et les intérêts mutuels.
L’importance de ce projet réside également dans le fait qu’il constitue l’un des premiers résultats concrets de la visite officielle du président tchadien en Algérie en avril 2026, laquelle a débouché sur une série d’accords dans des secteurs clés, notamment l’énergie, les transports et les communications. Cela illustre, selon la lecture algérienne, l’entrée des relations bilatérales dans une nouvelle phase, où la mise en œuvre sur le terrain prend le pas sur les cadres théoriques.
Dans le même esprit, le Premier ministre a insisté sur la vision de l’Algérie pour l’Afrique, fondée sur le soutien à des projets de développement concrets permettant de créer de la richesse localement et de bâtir des économies stables et durables. Il a également mis en avant l’importance des grands projets continentaux, tels que la route transsaharienne, les réseaux de fibre optique et le renforcement du transport aérien et logistique.
Sur le plan politique et régional, les déclarations ont également réaffirmé la volonté de coordination continue entre Alger et N’Djamena sur les questions régionales, en particulier dans la zone sahélo-saharienne. L’Algérie réitère ainsi son attachement au principe des solutions africaines aux problèmes africains, dans le respect de la souveraineté des États et en faveur de la sécurité et de la stabilité régionales.
Entre dimension économique et portée géopolitique, ce projet dépasse ainsi le simple cadre d’une centrale électrique. Il s’inscrit dans une vision algérienne plus large visant à redéfinir sa présence en Afrique, en misant sur le développement et les partenariats stratégiques plutôt que sur les leviers traditionnels d’influence.




























