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L’érosion des consciences : Nos âmes pures ne trouvent nulle part où aller

L’érosion des consciences : Nos âmes pures ne trouvent nulle part où aller

  • Dans la société actuelle, la méfiance et l'incertitude règnent, brouillant les distinctions entre le vrai et le faux, le bien et le mal.
  • La pression médiatique et l'excès d'informations contradictoires altèrent nos jugements et participent au déclin de nos valeurs.
  • Les nouvelles technologies de communication rapprochent les êtres, mais ne préservent pas nécessairement notre pureté ou l'authenticité des liens.
  • On assiste à une banalisation du fait humain : la bêtise est excusée, la dépravation tolérée, et la malice considérée comme intelligence.
  • Malgré l'érosion des consciences, un sursaut est possible ; le défi est de protéger nos âmes et de chercher la connaissance.

Tout devient banal, normal et ordinaire. Nous traversons désormais des moments de suspicion et d’incertitude que nous finissons par assumer.

Que faire face à la méfiance, dans un monde où le vrai se dispute le faux, où l’irréel côtoie le réel, où le mal est érigé en bien, où le mensonge bouscule la véracité, où la tolérance s’efface derrière l’intransigeance ? Dans cette atmosphère délétère, on ne peut plus discerner les bonnes et les mauvaises actions, les certitudes et les doutes, les intentions frauduleuses et celles empreintes d’honnêteté et d’intégrité.

Nous vivons une période difficile où tout semble superficiel : l’amitié, le bonheur et la compassion. Tout concourt à la pensée furtive et au jugement hâtif. La pression médiatique, l’excès d’informations contradictoires et les images fabriquées participent au déclin de nos valeurs et altèrent nos jugements. Nous n’avons plus la disponibilité nécessaire pour apprécier les choses, ni pour nous livrer à une réflexion raisonnée, tant le doute s’est installé et les consciences se sont abîmées.

Comment expliquer cette descente aux enfers ? Cette perte vertigineuse de ce qui constitue l’essence de l’humain : le raisonnement, la raison, sa capacité à penser et à juger, ainsi que les liens sociaux qu’il entretient avec autrui ? Ces facultés et ces liens le distinguent des espèces animales, lui qui, selon Aristote, est naturellement porté à vivre en société.

Mais l’homme n’est-il pas le résultat des rapports sociaux ? On peut dire alors, s’agissant de l’altération des valeurs, que l’individu est contaminé par l’autre, qui dévie sa trajectoire et finit par obscurcir son esprit. Il devient peu à peu le reflet de comportements qui le façonnent et lui transmettent une part de leur intériorité, de leurs biais et de leurs détours.

Tout semble faux : il y a de faux amis, de faux parents et de fausses amitiés. Nous sommes comme frappés par le syndrome de la fausseté, de l’incertitude et de l’indécision.

Contrairement à certains penseurs, comme Spinoza, qui considèrent que l’accomplissement humain passe nécessairement par le lien social, d’autres, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau, estiment que la vie en société peut parfois corrompre l’homme naturel et ébranler sa noblesse. D’autres encore soutiennent que l’homme se rassemble par calcul ou par nécessité, et non dans une quête d’authenticité.

Nous pensons, quant à nous, que le propre de l’homme est tout cela. Il est à la fois la bête qui somnole en lui et l’ange qui le traverse par moments, lui rappelant qu’il ne peut vivre isolé et qu’il doit composer avec la communauté.

Ce qui est inquiétant, c’est la banalisation du fait humain. On s’accommode de la bêtise parce qu’elle nous arrange, on excuse la dépravation parce que l’on en est complice, et l’on finit par considérer la malice comme une forme d’intelligence et le repli sur soi comme de la prudence.

Nous avons pourtant développé des moyens modernes pour nous parler et communiquer, mais pas forcément pour nous entendre. L’innovation et les nouvelles technologies de la communication rapprochent les êtres, sans pour autant préserver notre pureté.

Déçue par l’attitude humaine, l’âme cherche refuge dans la solitude et le silence.

Il ne faut cependant pas se laisser envahir par l’amertume et le pessimisme : si les consciences peuvent s’éroder, elles peuvent aussi connaître un sursaut salvateur. En définitive, le défi consiste à prémunir nos âmes pures de la souillure et à aller vers la connaissance sans perdre notre conscience.

Celle-ci a besoin d’espace pour espérer et respirer. Il s’agit là de traiter une question essentielle, voire existentielle. Faute de repères, c’est l’homme, et non plus l’âme, qui risque de ne trouver nulle part où aller.

L. H.
Docteur en droit

Source : Ecotimes

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