Lancée le 27 octobre dernier, la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière se poursuivra jusqu’en mars 2027. Gratuite et accessible dans les établissements publics de santé de proximité (EPSP) ainsi que dans les pharmacies, cette opération cible en priorité les personnes les plus exposées aux complications du virus, notamment les personnes âgées, les malades chroniques, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
Par Meriem B.
La vaccination contre la grippe saisonnière constitue un enjeu majeur de santé publique. C’est le message lancé par le docteur Nabil Miliani, représentant du ministère de la Santé, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Radio nationale. A cette occasion, le spécialiste a rappelé que le vaccin est sûr, efficace et disponible gratuitement sur l’ensemble du territoire national. Il a également appelé les citoyens à ne pas céder à la peur de la vaccination, soulignant que son principal objectif est de prévenir les formes graves de la maladie et leurs complications. Les personnes âgées de plus de 65 ans, les patients atteints de maladies chroniques, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’un déficit immunitaire, figurent parmi les principales populations ciblées par cette campagne. Le docteur Miliani a notamment insisté sur l’importance de la vaccination pour les personnes diabétiques, hypertendues, atteintes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, ainsi que les insuffisants rénaux. Les personnes vivant avec le VIH, les patients sous chimiothérapie et les personnes présentant une immunodéficience congénitale ou acquise sont également concernées. Les femmes enceintes, quel que soit le stade de leur grossesse, ainsi que les pèlerins sont aussi appelés à se faire vacciner. Selon le spécialiste, une infection grippale qui peut paraître bénigne chez une personne jeune et en bonne santé peut provoquer des complications respiratoires sévères chez les personnes fragiles, voire engager leur pronostic vital. La vaccination vise ainsi à réduire les hospitalisations, les admissions en réanimation et les risques d’aggravation des maladies chroniques. S’agissant de la disponibilité du vaccin, le représentant du ministère de la Santé a assuré que les doses sont distribuées à travers les établissements publics de santé de proximité (EPSP) et les pharmacies. Il a précisé que chaque structure sanitaire dispose d’un quota de doses, avec la possibilité de mobiliser des quantités supplémentaires en fonction de la demande. Cette mesure intervient notamment après l’affluence enregistrée dans certaines structures, dont les équipes ont sollicité des approvisionnements complémentaires. La vaccination est entièrement gratuite pour les populations concernées, sa prise en charge étant assurée par l’Etat. Le docteur Miliani a également expliqué que le vaccin contre la grippe saisonnière fait l’objet d’une actualisation annuelle, afin de tenir compte de l’évolution constante du virus et des souches ayant circulé précédemment. Cette adaptation permet de proposer une composition mieux ajustée aux souches virales susceptibles de circuler durant la saison grippale. Concernant les éventuels effets secondaires, il a rassuré que les réactions observées après l’injection restent généralement bénignes et passagères. Elles peuvent notamment se manifester par une légère fièvre ou quelques symptômes temporaires, correspondant à la réponse immunitaire de l’organisme. Il a toutefois rappelé que la protection vaccinale n’est pas immédiate. L’organisme a généralement besoin de deux à trois semaines pour développer une réponse immunitaire suffisante, d’où l’importance de se faire vacciner avant les périodes de forte circulation du virus.
Grippe ou rhume : des symptômes à ne pas confondre
Au cours de son intervention, le spécialiste est également revenu sur les différences entre la grippe et le simple rhume. Provoquée principalement par les virus influenza de types A et B, la grippe est une infection respiratoire très contagieuse, transmise notamment par les gouttelettes respiratoires. Elle se caractérise généralement par une fièvre parfois élevée, des courbatures, des maux de tête, une toux sèche et une fatigue intense. Le rhume, en revanche, touche principalement les voies respiratoires supérieures et se manifeste le plus souvent par un écoulement nasal et des symptômes moins prononcés. Chez les personnes jeunes et en bonne santé, la phase aiguë de la grippe dure généralement quatre à cinq jours, tandis que la récupération peut nécessiter une dizaine de jours. Chez les personnes vulnérables, l’évolution peut toutefois être plus complexe et entraîner des complications sérieuses. En cas de grippe, la prise en charge repose essentiellement sur un traitement symptomatique. Le docteur Miliani recommande ainsi une bonne hydratation, une alimentation équilibrée et un repos suffisant. Il a également mis en garde contre l’automédication et l’utilisation abusive des antibiotiques, rappelant que ces médicaments sont inefficaces contre les infections virales. Leur prescription ne se justifie qu’en présence d’une complication bactérienne diagnostiquée par un médecin. Pour limiter la transmission du virus, le spécialiste préconise le port du masque, le lavage régulier des mains, l’utilisation de mouchoirs jetables et l’aération fréquente des espaces clos. Les personnes présentant des symptômes grippaux sont, par ailleurs, invitées à éviter les contacts rapprochés avec les personnes âgées et les patients fragiles. Une consultation médicale rapide est également recommandée en cas d’aggravation de l’état de santé, notamment chez les personnes souffrant de maladies chroniques et présentant un déséquilibre de leur diabète, de leur hypertension ou de leur maladie cardiaque. En conclusion, le représentant du ministère de la Santé a appelé les médecins, les infirmiers et l’ensemble des professionnels du secteur à intensifier les actions de sensibilisation auprès de la population. Il a notamment insisté sur la nécessité d’adopter un discours simple et accessible, afin de mieux informer les citoyens sur l’importance de la vaccination et les moyens de prévention. La mobilisation des acteurs de proximité, notamment à travers les mosquées et les échanges communautaires, constitue également un levier important pour encourager l’adhésion à cette campagne nationale.
M. B.




























