Les projets d’énergie éolienne en Algérie représentent aujourd’hui l’une des orientations majeures sur lesquelles s’appuie l’État afin de diversifier ses sources de production d’électricité et de réduire sa dépendance de longue date aux énergies fossiles, qui ont constitué pendant des décennies le pilier principal de l’économie nationale.
Même si la capacité actuelle de l’énergie éolienne en Algérie ne dépasse pas 10 MW, les études montrent un potentiel considérable, notamment dans les régions côtières et sahariennes. Cela place le pays parmi les candidats sérieux pour devenir un acteur important des énergies propres dans les années à venir.
Les résultats d’une étude menée par une plateforme spécialisée dans l’énergie indiquent que les premiers intérêts pour ce secteur remontent aux années 1950, avec l’installation en 1957 du premier générateur éolien d’une capacité de 100 kW à Alger.
Cependant, les limites technologiques et le manque de financement à l’époque ont empêché le développement de projets à grande échelle.
Avec les mutations mondiales vers les énergies renouvelables après les crises pétrolières, l’Algérie est revenue progressivement à ce domaine, notamment avec la mise en service en 2014 de la première centrale éolienne commerciale à Adrar.
Aujourd’hui, les projets éoliens font partie intégrante du programme national des énergies renouvelables. L’Algérie vise une capacité de production de 15 000 MW d’ici 2035, dont plus de 5 000 MW issus de l’énergie éolienne.
Un projet majeur de 1 000 MW est également en cours d’étude en collaboration avec la Banque mondiale, réparti sur 10 sites à fort potentiel éolien.
Ces projets ne se limitent pas à la production d’électricité, mais contribuent également à la création d’emplois, au développement des régions intérieures et au renforcement de la position régionale de l’Algérie dans le domaine des énergies renouvelables, dans une vision combinant dimensions économique et développementale.
Principaux projets éoliens en Algérie
Parc éolien de Kaberten – Adrar
Le parc de Kaberten, situé dans la wilaya de Adrar, est considéré comme le premier et le plus important projet éolien du pays. La zone bénéficie de vitesses de vent atteignant 6 m/s.
La centrale a été mise en service en 2014 avec une capacité de 10 MW et comprend 12 éoliennes réparties sur 30 hectares au nord de la ville d’Adrar.
Elle a enregistré une production annuelle de 19 GWh lors de sa première année d’exploitation, avec environ 1 900 heures de fonctionnement et un taux d’exploitation estimé à 22 %.
Cependant, le projet a rencontré certaines difficultés, notamment l’arrêt des turbines lorsque les températures dépassent 46 °C, entraînant des pertes de production estimées à environ 10 %. Malgré cela, il reste une expérience importante pour les futurs développements.
Projet de 1 000 MW
Parmi les grands projets futurs, le ministère de l’Énergie et des Mines travaille sur une étude portant sur une centrale éolienne de 1 000 MW, en partenariat avec la Banque mondiale.
Le projet concerne 10 sites situés dans le sud algérien, notamment Tindouf, In Salah et Adrar, des zones identifiées pour leur fort potentiel éolien.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie visant à porter la production éolienne à plus de 5 000 MW à l’horizon 2030, puis à atteindre 15 000 MW d’énergies renouvelables d’ici 2035.
Petites installations éoliennes
En parallèle des grands projets, les petites installations éoliennes jouent un rôle important dans l’histoire de cette énergie en Algérie.
Depuis les années 1950, des turbines ont été utilisées pour le pompage de l’eau dans des régions comme Adrar, El Ménia et Naâma.
Ces dernières années, 77 turbines ont été installées dans les Hauts Plateaux dans le cadre de projets destinés à l’approvisionnement en eau et en énergie des villages et des activités agricoles.
Ce type de projets constitue une solution pratique pour les zones isolées et pourrait être intégré à l’avenir dans des systèmes hybrides combinant énergie éolienne et solaire.
Potentiel de l’énergie éolienne en Algérie
Les études montrent que certaines régions du sud enregistrent jusqu’à 2 900 heures de fonctionnement par an, permettant un coût de production faible estimé entre 5 et 6,5 dinars algériens par kWh.
Dans les zones moins ventées, où le fonctionnement ne dépasse pas 1 700 heures par an, le coût peut atteindre 10 dinars algériens par kWh.
Ces données illustrent la capacité de l’Algérie à exploiter ses ressources éoliennes avec une efficacité variable selon les régions.
Défis
Malgré ce potentiel important, plusieurs défis subsistent, notamment la faiblesse des réseaux de transport d’électricité depuis les sites éloignés, la variabilité du vent, le besoin de solutions de stockage d’énergie ainsi que la réduction des coûts d’investissement pour attirer davantage de capitaux.
Industrie locale et développement des compétences
La stratégie algérienne ne se limite pas à la production d’énergie, mais vise également le développement de l’industrie locale et des compétences nationales.
L’objectif est de porter le taux d’intégration locale dans les projets éoliens à 50 % à court terme et à 80 % d’ici la fin de la décennie.
Le gouvernement prévoit également la création d’usines de fabrication de composants de turbines, ainsi que la formation d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans les énergies propres, l’ingénierie et la conception.



























