Cette opération doit être prise en fonction de la production annuelle réelle ainsi que des besoins nationaux. C’est un message clair pour les responsables du ministère qui sont appelés à en finir avec la gestion approximative du foncier, tout en s’orientant vers une rationalisation et une exploitation optimale de chaque parcelle.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vient de réaffirmer sa volonté d’augmenter la production nationale en produits agricoles, les produits stratégiques notamment comme le blé tendre et dur, les légumineuses et les oléagineux, dont la facture d’importation est toujours importante.
L’objectif est donc bien précisé par le chef de l’État : «réduire drastiquement les importations alimentaires et progresser concrètement vers l’autosuffisance du pays», lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres.
Il est à rappeler que le secteur agricole contribue à hauteur de 15 % au PIB national, en deuxième position après les hydrocarbures, avec une production estimée à 37 milliards de dollars en 2025, reposant sur une Surface Agricole Utile (SAU) d’environ 8,5 millions d’hectares. Il emploie 2,6 millions de personnes, représentant une part importante de la main-d’œuvre nationale.
Des chiffres qui montrent l’importance de ce secteur qui nécessite toutefois un grand travail en profondeur, en engageant des réformes pour résoudre les lacunes qui persistent encore devant les agriculteurs et surtout le moderniser, en s’orientant davantage vers les nouvelles technologies et techniques de production innovantes.
En effet, la mécanisation, l’implication de la recherche et du développement et l’extension des superficies agricoles vers le Grand Sud sont des leviers indispensables pour le développement agricole.
Une cartographie des sols
Des démarches sont déjà engagées, ayant donné des résultats encourageants, mais un grand travail reste néanmoins à faire pour le développement de nombreuses filières agricoles (viandes rouges et blanches, élevage, lait et autres).
Outre l’exploitation optimale des sols, le président Tebboune a également ordonné de lancer un programme national de cartographie et d’étude des sols, en coordination avec les laboratoires, pour déterminer et classifier la nature des terres agricoles dans toutes les zones cultivées.
Une démarche qui s’inscrit dans les efforts de l’État visant à mieux exploiter les terres tout en s’orientant vers la spécialisation.
Les terres utiles pour les céréales sont différentes de celles des cultures maraîchères. L’élaboration de cette cartographie permettra d’identifier et de classifier la nature des terres agricoles dans les différentes régions du pays.
Elle devrait contribuer à une meilleure adaptation des cultures aux caractéristiques pédologiques des différentes zones et, par conséquent, à une utilisation plus rationnelle des ressources disponibles. L’autre point important abordé par le président Tebboune est l’irrigation agricole et l’exploitation des eaux traitées.
Le chef de l’État a appelé à renforcer le recours aux eaux usées traitées pour l’irrigation agricole, dans une logique de diversification des ressources mobilisables. Cette orientation vise notamment à réduire la dépendance du secteur aux seules précipitations naturelles et à renforcer la résilience de l’activité agricole face aux contraintes climatiques.
Dans cette perspective, les agriculteurs sont appelés à poursuivre la préparation et le labour des terres quelles que soient les conditions climatiques, sachant que le secteur de l’irrigation vise à récupérer 60 % des eaux usées.
Tous ces points doivent être en effet inclus dans la nouvelle loi d’orientation agricole qui vise dans son ensemble à renforcer la résilience du système agricole et à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles, notamment l’eau, les sols et la biodiversité, et ce, en intégrant l’adaptation aux changements climatiques comme principe structurant de la politique agricole nationale.
Un bulletin mensuel des volumes de production
Concernant la campagne moisson-battages, le président de la République a ordonné au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche d’«élaborer un bulletin mensuel» et de «charger les walis d’assurer un suivi rigoureux, afin de déterminer les niveaux et volumes de production des différentes variétés de céréales, notamment le blé tendre et le blé dur».
Dans ce sens, le chef de l’État a souligné l’importance de procéder à «la numérisation immédiate du système de paiement des récoltes agricoles au niveau des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC)» et de «travailler en étroite collaboration avec l’Office national des statistiques (ONS)».
Le président de la République a instruit, en outre, de «revoir le rôle de l’OAIC et des instituts spécialisés du secteur de l’agriculture pour améliorer leurs performances et les moderniser et lutter contre toutes les formes de dérives dans le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche».
S’agissant de l’opération d’indemnisation des victimes des incendies, le chef de l’État a salué le rythme soutenu avec lequel ont été menées les opérations notamment à Jijel, wilaya la plus touchée, ordonnant le parachèvement du reste des opérations d’indemnisation, le cas échéant.
Il a ainsi remercié et encouragé l’ensemble des membres du Gouvernement pour leurs efforts, en particulier ceux directement concernés par cette opération.
H. O.





























