De nombreux projets et initiatives sont déjà lancés avec l’objectif d’atteindre ses ambitieux objectifs : 15 000 MW d’électricité verte d’ici 2035, zéro émission de méthane à l’horizon 2030, réduction du taux de gaz torchés à moins de 1 % et élimination totale du torchage de routine d’ici 2030. Le groupe Sonatrach, qui est la locomotive de l’économie nationale, chapeaute ces initiatives en traçant un vaste programme pour accélérer la décarbonation de ses activités.
Pour cela, le groupe multiplie les partenariats avec des acteurs mondiaux leaders dans ce domaine. C’est dans ce cadre que de nouveaux accords de coopération ont été signés avec des partenaires européens et le Groupe de la Banque mondiale. En marge du workshop consacré au financement climatique et aux marchés carbone, organisé les 3 et 4 novembre à Alger, Sonatrach a signé un mémorandum d’entente avec la société allemande VNG AG et la société norvégienne ICA Finance AS, portant sur la réduction des émissions et le développement bas-carbone.
Ce mémorandum, dira Sonatrach, s’inscrit dans le prolongement d’une collaboration fructueuse, marquée par le protocole d’entente signé avec ICA-FINANCE en octobre 2024, dédié aux projets d’appui aux initiatives de réduction des émissions de Sonatrach, et celui conclu avec VNG en juin 2026 pour limiter les émissions de méthane sur toute la chaîne de valeur gazière. Les efforts menés conjointement avec ces deux partenaires ont permis d’identifier des synergies fortes et de concrétiser des actions pour atteindre leurs objectifs climatiques.
Ce nouveau partenariat prévoit notamment le déploiement de systèmes de mesure, de notification et de vérification (MRV), afin d’assurer un meilleur suivi des émissions et de concrétiser les actions de réduction du méthane au niveau des opérations. Il ouvre également la voie au transfert de technologies, au renforcement des compétences nationales et à la mobilisation de financements climatiques à travers les mécanismes de crédits carbone.
En effet, ce mémorandum s’inscrit en droite ligne avec la stratégie Climat de Sonatrach, qui entend jouer un rôle majeur dans le processus de transition énergétique à moyen et long terme et, dans cette optique, vise à développer et à exporter de nouvelles solutions énergétiques décarbonées en créant un hub énergétique en Algérie capable de fournir le soutien nécessaire à la transition énergétique.
Un protocole d’entente avec la BIRD et la SFI
En parallèle, Sonatrach a conclu un protocole d’entente avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (SFI), deux institutions membres du Groupe de la Banque mondiale. Ce partenariat vise à identifier et à développer des opportunités de collaboration et de coopération axées sur la réduction du torchage de gaz et des émissions de méthane, ainsi que sur l’accélération de la transition énergétique à travers le développement de l’hydrogène vert et de ses dérivés.
La coopération envisagée englobe également les filières de la pétrochimie et des engrais, tout en prévoyant l’exploration de possibilités de collaboration permettant de valoriser l’expertise internationale de Sonatrach, particulièrement sur le continent africain. Elle reposera sur l’assistance technique, le partage des bonnes pratiques, la réalisation d’études technico-économiques, l’évaluation des différentes options de financement et le renforcement des compétences. Le groupe national assurera, en sa qualité de bénéficiaire, la supervision opérationnelle de la mise en œuvre de ce protocole.
Ces deux accords traduisent la volonté de Sonatrach de faire de la transition énergétique et de la réduction de son empreinte carbone des axes structurants de sa stratégie de développement. Ils s’inscrivent également dans une démarche plus large visant à mobiliser les financements, les technologies et les expertises nécessaires à la transformation progressive de ses activités industrielles.
Le torchage du gaz en recul de 30% depuis 2020
En 2025, Sonatrach a poursuivi la mise en œuvre de sa stratégie climatique à travers plusieurs actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à limiter le torchage, à améliorer l’efficacité énergétique et à renforcer la protection de l’environnement. En effet, le groupe a réalisé, selon son rapport annuel 2025, une première évaluation énergétique au complexe GPLZ-CINA de Hassi Messaoud, faisant ressortir un potentiel de réduction de 20 % des émissions de CO2 (scopes 1 et 2), des gains énergétiques estimés à 58 101 tonnes équivalent pétrole par an et des économies d’exploitation de l’ordre de 64 millions d’euros annuellement.
En matière de réduction du torchage, les projets de récupération et de valorisation des gaz associés ont permis de ramener les volumes torchés à 2,66 milliards de mètres cubes standard en 2025, soit une baisse de 30 % par rapport à 2020 et une économie d’environ 1,12 milliard de mètres cubes. À tout cela s’ajoute un programme forestier à portée climatique, engagé avec la Direction générale des forêts, en vue de créer des puits de carbone certifiés, avec l’avancement des travaux préparatoires et de l’étude de faisabilité du projet pilote.
Tous ces efforts s’inscrivent dans une démarche claire du groupe national pétrogazier, à savoir consolider ses parts sur les marchés mondiaux, qui sont de plus en plus exigeants en matière de respect du climat. D’ailleurs, la taxe carbone aux frontières est déjà en vigueur en Europe et concerne quatre produits : l’acier, le ciment, l’aluminium et les engrais. Une autre taxe sur les émissions de méthane concernant les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) sera également applicable à partir de 2027.
En clair, la transition énergétique devient plus que nécessaire pour l’Algérie et le groupe Sonatrach afin de continuer à s’imposer sur le marché européen et sur le marché énergétique d’une manière générale. Des projets sont en cours de réalisation, tels que le programme EnR de 15 000 MW d’ici 2035, chapeauté par Sonelgaz, le Corridor de l’hydrogène vert « SoutH2 Corridor », avec l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Tunisie, ainsi qu’un autre projet dans le domaine de l’électricité verte, « Medlink ». Ces projets vont créer un hub énergétique en Algérie, susceptible de contribuer à l’approvisionnement des marchés en énergies bas-carbone et d’accompagner les mutations du secteur énergétique à moyen et long terme.
H. O.





























