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Algérie rompt avec Abou Dhabi après ingérences, plans de déstabilisation et provocations répétées

Algérie rompt avec Abou Dhabi après ingérences, plans de déstabilisation et provocations répétées

  • L’Algérie a rompu les relations diplomatiques avec Abou Dhabi après mois de retenue et mises en garde répétées.
  • Le président Abdelmadjid Tebboune a dénoncé la présence de l’argent émirati au Mali, en Libye et au Soudan.
  • Alger accuse Abou Dhabi de s’aligner avec des forces de déstabilisation et de soutenir des ingérences régionales.
  • Le groupe émirati TAQA a échoué à racheter plus de 40 % de Naturgy partenaire de Sonatrach sur le gazoduc Medgaz.
  • L’espace aérien algérien est fermé aux avions émiratis, sauf vols civils vers Houari-Boumediene jusqu’à fin 2026.

L’Algérie, qui a observé la retenue pendant longtemps, ne pouvait plus accepter et tolérer des pratiques qui vont à l’encontre de l’éthique et du droit internationaux. C’est sur les principes de respect mutuel, de non-ingérence dans les affaires des autres, et de souveraineté, qu’Alger a fini par couper le cordon.

Sa décision de rompre les relations diplomatiques avec Abou Dhabi est le résultat d’un cumul de provocations qu’elle ne saurait tolérer à ce petit État confetti. La rupture est, en effet, intervenue après des mois de retenue et de nombreuses mises en garde.

D’ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait dénoncé à maintes reprises les agissements des dirigeants de ce pays, affirmant que «partout où il y a des conflits, l’argent de cet État (les Émirats) est présent, au Mali, en Libye et au Soudan. Nous les considérons toujours comme des frères, nous prions Dieu de les ramener sur le droit chemin», insistant sur le fait que «l’Algérie n’a pas cherché l’escalade verbale».

Ces alertes de l’Algérie n’ont pas été prises en considération par les dirigeants d’Abou Dhabi. Ces derniers ont choisi leur camp, en préférant s’aligner avec les « forces de déstabilisation », notamment l’État sioniste et le makhzen qui appliquent une feuille de route claire qui consiste à déstabiliser tous les pays qui refusent d’adhérer aux accords d’Abraham.

Des roitelets ingrats

La décision d’Alger n’est donc pas venue du néant, mais de faits et d’actes concrets commis par ce pays qui se présente comme un pays frère. Dans la réalité, cet Émirat de moins d’un million de nationaux joue un rôle de trublion en mettant son opulence au service du mal. Il est impliqué dans plusieurs conflits régionaux.

Du Yémen jusqu’au Sahel en passant par la Libye, sans parler des opérations de lobbying, cet artificiel Émirat ingrat est devenu un véritable semeur de discorde.

Les roitelets d’Abou Dhabi ont oublié tout le bien que l’Algérie avait apporté comme aide et assistance à leur pays naissant qui n’était qu’une petite contrée désertique au début des années 1970. D’ailleurs, ce sont des cadres de Sonatrach qui ont été dépêchés par le défunt Houari Boumediène pour créer Adnoc, la société pétrolière émiratie.

Quelle éthique pour cet émirat qui est aujourd’hui pointé du doigt par plusieurs organisations non gouvernementales qui l’ont épinglé pour ingérence, manipulation et opérations de déstabilisation dans plusieurs régions.

D’autres investigations évoquent l’existence de réseaux transnationaux de recrutement et de transport de mercenaires, ainsi que l’utilisation d’investissements dans les ports, les infrastructures et les ressources minières comme instruments d’influence.

Le commerce de l’or constitue, par ailleurs, un autre sujet de controverse : les Émirats, et notamment Dubaï, occupent une place centrale dans les circuits mondiaux de commercialisation de l’or africain, tandis que plusieurs ONG et enquêtes journalistiques alertent sur l’importance des flux provenant de circuits informels ou illicites. Tout cela conforte la décision d’Alger de rompre ses relations avec cet État prédateur qui prospère sur le chaos.

Au Soudan, des organisations de défense des droits humains ont notamment dénoncé les accusations de soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), soupçonnées d’être approvisionnées par des réseaux et de financement liés à des intérêts émiratis. Au Yémen, des ONG ont également documenté les conséquences des interventions et du soutien apporté à différents acteurs locaux du conflit. Idem en Libye et dans d’autres pays du Sahel.

Cet Émirat ne sait pas en fait ce que c’est la retenue, en instiguant des plans pour déstabiliser toute cette sous-région, et de là toute l’Afrique et ses ambitions de développement. Ils financent des groupes terroristes qui ne cessent de constituer une menace pour la stabilité qui représente pour l’Algérie un environnement stratégique vital.

Pour l’Algérie, ce type d’activisme touche directement à sa sécurité nationale, tant le Sahel n’est pas un théâtre lointain, mais constitue le prolongement immédiat de l’espace stratégique algérien. Toute intervention extérieure susceptible de modifier les rapports de force dans cette région est donc examinée à l’aune de ses conséquences potentielles sur les frontières et la stabilité de l’Algérie.

L’offensive émiratie avortée

Dans le domaine économique, les Émirats ont tenté depuis des années de s’implanter en Algérie, en visant des secteurs stratégiques comme la gestion du port, l’industrie mécanique, le tabac, le dessalement de l’eau de mer et les hydrocarbures. Toutefois, la vigilance de l’Algérie, qui savait bien préserver ses intérêts et notamment sa souveraineté économique, a mis des barrières aux pratiques émiraties qui ne cherchent qu’à avoir une mainmise sur ces secteurs stratégiques.

Après avoir échoué dans sa première stratégie, Abou Dhabi est passé à un deuxième plan consistant à prendre le contrôle de certaines entreprises opérant en Algérie. C’est le cas de la société espagnole Naturgy, qui est le partenaire historique de la compagnie nationale Sonatrach, notamment dans la gestion du gazoduc Medgaz, une infrastructure vitale qui relie directement les gisements algériens à la péninsule Ibérique.

Le groupe émirati TAQA (Abu Dhabi National Energy Company) avait lancé d’importantes manœuvres pour racheter plus de 40 % des parts de Naturgy (détenues par des fonds d’investissement comme CVC et GIP), mais en vain. Alger avait apposé son refus catégorique et les Espagnols ont finalement décidé de ne pas céder de parts au groupe émirati TAQA.

Une autre tentative émiratie a visé le secteur de l’eau, hautement prioritaire en Algérie. La multinationale espagnole GS Inima, leader mondial du dessalement d’eau de mer, gère plusieurs usines majeures en Algérie (notamment à Mostaganem et Cap Djinet).

Le groupe émirati TAQA a entrepris des démarches pour racheter cette entreprise espagnole. Refusant de voir ses infrastructures hydriques basculer sous pavillon émirati, le gouvernement a bloqué le transfert des concessions de dessalement d’eau au profit de TAQA, gelant ainsi les bénéfices opérationnels attendus par les Émirats sur le sol algérien.

En effet, l’Algérie a justifié son opposition systématique à ces rachats par plusieurs facteurs interconnectés : souveraineté des infrastructures clés, tensions géopolitiques régionales et reprise en main économique.

En réaction à ce qu’elle qualifie d’ingérences et d’usage malveillant du «capital financier», l’Algérie a gelé plusieurs accords économiques avec les Émirats et passé au crible le statut de diverses entreprises mixtes sur son territoire. Ce sont les entreprises émiraties qui seront touchées, notamment les compagnies Emirates et Etihad Airways.

En effet, la fermeture de l’espace aérien algérien aux avions immatriculés aux Émirats arabes unis entraînera des conséquences sur plusieurs liaisons internationales des deux compagnies, obligeant les compagnies concernées à revoir les trajectoires de ces vols.

Le contournement du territoire algérien pourrait notamment entraîner un allongement de la durée de certains trajets. Une exception est toutefois maintenue pour les vols commerciaux civils émiratis à destination ou en provenance de l’aéroport international Houari-Boumediene, et ce jusqu’à la fin de l’année 2026, correspondant à la fin du contrat concerné.

Face aux ambitions d’Abou Dhabi, l’Algérie semble avoir choisi de fermer la porte à toute influence susceptible de s’exercer au détriment de ses intérêts nationaux.

H. O.

Source : Ecotimes

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