Il est arrivé dans la course à la présidence de la FIFA avec une ambition qui ne passe pas inaperçue. Le 28 octobre, à Paris, le Camerounais Jean Crépin Soter Nyamsi a présenté son projet baptisé « FIFA Révolution 2027 ». Une conférence de presse qui n’a pas vraiment bénéficié d’une organisation à la hauteur de ses ambitions : changement de salle à la dernière minute, micros capricieux et présentation audiovisuelle hésitante. Rien qui puisse décourager un homme décidé à s’installer dans le fauteuil de Gianni Infantino et devenir le deuxième président africain après Issa Hayatou à s’installer à Zurich.
Le personnage ne manque pourtant pas d’assurance. Docteur en sciences de l’information et de la communication, enseignant, dirigeant de club et promoteur d’un centre de formation au marketing digital, le Camerounais entend réformer la gouvernance du football mondial. Transparence, redistribution des ressources et autonomie des fédérations figurent au menu de son programme. Mais c’est surtout son vocabulaire qui retient l’attention. « Infantino est un dictateur », lance-t-il devant les journalistes. Il annonce même que le mandat du président sortant « n’aura pas lieu ». La révolution est en marche, du moins dans les discours.
Nyamsi ne se contente pas de dénoncer Infantino. Il lui reproche l’absence de projet, s’attaque au programme FIFA Forward et évoque plusieurs controverses pour illustrer ce qu’il considère comme les dérives de la gouvernance actuelle. Il promet une FIFA plus ouverte et une meilleure répartition des ressources. Sur le papier, les intentions sont louables. Mais entre les slogans, les critiques et la conduite d’une institution qui regroupe 211 associations membres, il existe quelques étapes à franchir. Le candidat devra notamment convaincre que sa révolution repose sur autre chose qu’une collection de déclarations fracassantes.
Le 18 novembre approche, date limite annoncée pour le dépôt des candidatures. Nyamsi affirme que son dossier est prêt et promet de faire campagne auprès des 211 associations membres. Il a déjà choisi son adversaire, trouvé son slogan et annoncé sa révolution. Il lui reste à franchir l’étape des parrainages et à donner une consistance institutionnelle à ses ambitions. À Zurich, on ne distribue pas le fauteuil présidentiel avec les t-shirts de campagne. Même lorsque le candidat est convaincu que la victoire lui appartient déjà.
AHMED BESSOL





























