Le président de la FIFA, Gianni Infantino, défend chèrement son beefsteak. Il affiche et revendique une large majorité pour les prochaines élections, multiplie les soutiens et sillonne les continents. Mais une question demeure : où s’arrête le président en exercice et où commence le candidat à sa propre succession ?
Il a choisi la chaîne anglaise, la BBC, pour afficher sa sérénité. Tokyo lui a apporté le soutien de l’AFC. Au Cap- Vert, il affirme avoir reçu celui de tous les pays africains (ce qui est faux !). Le message est destiné à convaincre : la réélection serait presque acquise.
Mais les déclarations ne sont pas des bulletins de vote. Une confédération n’est pas le Congrès de la FIFA. Un Conseil n’est pas une assemblée générale élective. Les 211 associations membres disposent chacune d’une voix. C’est au Congrès que se mesurera la véritable majorité, pas dans les communiqués de soutien.
Reste la question suivante : avec quels moyens Infantino mène-t-il sa campagne ? Le président voyage, rencontre les dirigeants et multiplie les occasions d’afficher ses soutiens. Une partie de ces activités relève naturellement de ses fonctions. Mais où se situe la frontière entre l’exercice du mandat et la promotion d’une candidature ?
La FIFA n’est la propriété de personne. Ses ressources sont destinées au football mondial, pas à garantir la réélection de son président. Si des moyens institutionnels sont utilisés à des fins électorales, les associations membres sont en droit d’exiger des explications. Encore faut-il disposer des éléments permettant de distinguer les dépenses officielles des dépenses de campagne.
La mobilisation des médias marocains et égyptiens mérite, elle aussi, d’être observée. Fouzi Lekjaa et Hany Abou Rida occupent des positions influentes dans les instances du football africain et arabe. Leurs prises de position pèsent dans le jeu politique. Elles ne permettent toutefois pas de conclure que toutes les fédérations concernées voteront dans le même sens
Infantino invoque la démocratie. Très bien. Mais elle ne se limite pas à compter les voix le jour du scrutin. Elle exige aussi des conditions équitables entre les candidats et une transparence sur les moyens engagés. Et, il n’a pas, pour autant, un droit de propriété sur l’institution qu’il dirige. Sinon, on pourra dire avec une pointe d’ironie : Zurich compte les soutiens, mais qui paie le champagne ? Et qui comptera les sous ?
AB. Lahouari




























