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Algérie : du solaire national au corridor hydrogène vers l’Europe, 4 millions de tonnes annuelles

Algérie : du solaire national au corridor hydrogène vers l’Europe, 4 millions de tonnes annuelles

  • Le 1er octobre, les ministres de l’énergie d’Algérie, d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche et de Tunisie ont signé la Déclaration du SoutH2 Corridor à Alger.
  • Le corridor vise à transporter 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an sur environ 3 000 kilomètres, en reconvertissant des gazoducs existants.
  • L’Algérie prévoit de produire 15 000 MW d’électricité photovoltaïque d’ici 2035, dont 3 200 MW déjà concrétisés sur le terrain.
  • Les centrales d’El Ghrous (200 MW) et de Tendla (200 MW) sont en service, et une centrale de 300 MW est en phase d’essais.
  • La Tunisie étudie la construction d’une centrale solaire de 1 200 MW, et l’Algérie prévoit d’étendre sa présence sur le marché africain.

Le 1er octobre, les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Autriche et de la Tunisie ont signé à Alger la Déclaration ministérielle sur le SoutH2 Corridor.

Le mercredi 7 octobre, M. Hadna Khalil, directeur de la communication du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, est revenu sur cette séquence sur la Radio algérienne Chaîne 1. Il y voit un tournant : après la réunion de Rome du 21 janvier 2025, le corridor passe «de la phase de coopération et d’étude» à celle de «la concrétisation».

Le SoutH2 Corridor est présenté comme un projet stratégique reliant l’Afrique du Nord à l’Europe. Il vise à acheminer 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an sur «3 000 kilomètres», en reconvertissant en grande partie des gazoducs existants.

Ce choix de l’hydrogène vert s’explique, selon le responsable, par sa production à partir d’énergies propres, sans émissions polluantes. Il y voit, à terme, une alternative au gaz naturel. L’Algérie dispose pour cela du soleil, du vent, d’infrastructures et d’une expertise déjà présents.

Du solaire national à l’ambition africaine

À l’échelle nationale, l’objectif est de produire 15 000 MW d’électricité photovoltaïque à l’horizon 2035. La première phase est déjà une réalité : 3 200 MW sont «concrétisés sur le terrain».

Les centrales d’El Ghrous, à Biskra, et de Tendla, à El Meghaïer, développent chacune 200 MW et sont en service. Une troisième, de 300 MW, est en phase d’essais et sera inaugurée prochainement.

Ce sera, selon l’intervenant, la plus grande centrale photovoltaïque d’Algérie et la deuxième d’Afrique. Celle de Gara Djebilet, de 200 MW, intègre un stockage intelligent, une technologie appelée à être généralisée.

Le programme ne se limite pas aux grandes centrales. Il prévoit 2 500 unités pour les habitations isolées et éloignées du réseau, des pompes de forage solaires pour l’agriculture et des projets destinés aux établissements publics.

À l’échelle régionale, la coopération avec la Tunisie prend de l’ampleur. En marge de la réunion d’Alger, les ministres de l’Énergie des deux pays ont tenu des discussions bilatérales. Tunis a proposé la réalisation d’une centrale de 1 200 MW sur son territoire, une demande actuellement à l’étude.

À l’échelle continentale, l’Algérie a participé à la 70e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), représentée par le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables. Celui-ci y a réaffirmé l’intérêt du pays pour les usages pacifiques du nucléaire et sa volonté de renforcer sa présence dans la coopération internationale.

En marge de la rencontre, huit pays africains ont signé l’accord créant le Réseau africain des réacteurs de recherche. Il met l’accent sur l’échange d’expertises et la formation, et vise des applications médicales, notamment pour le diagnostic et le traitement du cancer.

Selon les propos de Hadna Khalil, le ministre se rendra en décembre prochain au Sénégal pour conclure un accord gouvernemental dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables.

Pour le responsable, la confiance qu’inspire l’Algérie en fait une destination recherchée, y compris au Moyen-Orient et en Europe. Conformément aux orientations du président de la République, cette coopération se veut fraternelle et fondée sur la formation de formateurs.

Dans plusieurs pays africains, l’Algérie a déjà réalisé des centrales, des infrastructures et des chaînes de valeur, et a formulé des propositions sur l’organisation interne des entreprises du secteur.

L’enjeu est aussi économique. «Nous entrerons avec force sur le marché africain», a assuré le responsable. L’élargissement du champ commercial profitera non seulement à Sonelgaz International, mais à l’ensemble des entreprises publiques et privées associées à ces projets.

S. I.

Source : Ecotimes

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