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Dixième anniversaire de l'Accord d'Alger : comment l'Algérie a propulsé l'alliance Opep+

Dixième anniversaire de l'Accord d'Alger : comment l'Algérie a propulsé l'alliance Opep+

  • L'Accord d'Alger a constitué une étape décisive dans le renforcement du dialogue entre l'OPEP et les pays non membres.
  • La Déclaration de coopération adoptée en décembre 2016 est communément appelée l'OPEP+.
  • Entre juillet 2014 et février 2016, le cours du Brent avait chuté de plus de 65 pour cent.
  • L'Algérie a réussi à trouver un consensus entre les différents producteurs le 28 septembre 2016.
  • L'Algérie participe activement aux consultations et aux mécanismes de coordination au sein de l'OPEP+.

En effet, cette visite revêt une dimension particulière puisqu’elle intervient à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’Accord d’Alger.

Un accord qui avait constitué une étape décisive dans le renforcement du dialogue et de la coopération entre les pays membres et non membres de l’OPEP, tout en jetant les bases de la «Déclaration de coopération» (DoC), adoptée quelques semaines plus tard, en décembre 2016, et communément appelée «OPEP+».

Au cours de son séjour, Haitham Al Ghais aura des entretiens avec plusieurs hauts responsables de l’État, notamment le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures. Ces rencontres permettront d’aborder les évolutions du secteur des hydrocarbures, les perspectives du marché pétrolier mondial ainsi que plusieurs questions d’intérêt commun.

Cette visite du secrétaire général de l’OPEP témoigne de la qualité des relations entre l’Algérie et l’Organisation, ainsi que de leur engagement commun en faveur du dialogue, de la coopération et de la stabilité du marché pétrolier international.

Dix ans après, la commémoration de cet événement majeur constitue une occasion de rappeler le rôle de l’Algérie et l’importance de l’Accord d’Alger dans l’émergence d’un cadre de coopération inédit entre les principaux producteurs de pétrole, ainsi que dans l’instauration d’un dialogue durable visant à soutenir la stabilité du marché pétrolier mondial.

Choc pétrolier en 2014

Entre juillet 2014 et février 2016, le cours du Brent avait chuté de plus de 65 %, passant d’environ 110 dollars à 28 dollars le baril ! C’était un choc pétrolier sans précédent pour les exportateurs de brut. Le déséquilibre entre une offre surabondante et une demande mondiale plus faible que prévu a eu un impact direct sur les prix du pétrole, qui avaient atteint le plancher.

Durant cette période, les Américains avaient inondé le marché de pétrole de schiste et les Saoudiens, de leur côté, avaient choisi d’augmenter la production dans le souci de préserver leurs parts sur le marché mondial.

Une situation qui avait perturbé l’équilibre du marché pétrolier et avait lourdement affecté les pays producteurs, en réduisant leurs recettes d’exportation et en accentuant les contraintes budgétaires. Elle a également conduit les compagnies pétrolières à réduire leurs investissements dans l’exploration et le développement de nouveaux projets.

La prolongation de cette tendance faisait peser un risque sur les capacités futures de production et, à terme, sur la sécurité de l’approvisionnement mondial. Le rétablissement d’un équilibre plus durable entre l’offre et la demande est ainsi devenu une préoccupation majeure pour les producteurs.

Dans ce contexte, une action limitée aux seuls membres de l’OPEP apparaissait insuffisante. Une réduction de la production de l’OPEP aurait pu pénaliser ses membres sans garantir la participation des producteurs non-OPEP, qui auraient pu préserver, voire accroître, leurs parts de marché.

L’association donc des principaux producteurs non-OPEP est dès lors apparue comme une condition essentielle à la crédibilité et à l’efficacité d’une réponse collective.

C’est là où il était nécessaire de voir un pays comme l’Algérie, qui disposait d’une expérience reconnue en matière de diplomatie pétrolière, de médiation et de recherche du consensus, entrer en lice afin de rapprocher les points de vue entre les producteurs et de trouver un compromis à cette situation pénalisante pour tous les pays producteurs.

Après une intense et discrète activité de diplomatie pétrolière à partir de février 2015 afin de rapprocher les positions des différents producteurs et de créer les conditions nécessaires à une action collective, l’Algérie a réussi à trouver un consensus entre les différents producteurs le 28 septembre 2016. Une date qui resterait gravée dans la mémoire des principaux producteurs de pétrole.

D’ailleurs, c’est grâce à cet Accord d’Alger que le marché pétrolier s’est stabilisé en conciliant l’offre et la demande avec un prix raisonnable.

L’Algérie au cœur de l’action de coordination au sein de l’Opep+

Grâce à cette organisation établie, cette alliance a démontré à plusieurs reprises son importance et son rôle décisif, notamment lors de la crise mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 en 2020, marquée par un effondrement historique de la demande et des tensions exceptionnelles sur les capacités de stockage.

Pour faire face à ce choc majeur, l’OPEP+ avait procédé à des ajustements sans précédent, prouvant ainsi les capacités du mécanisme de coopération mis en place et la portée de l’action fondée sur l’évaluation régulière de l’offre, de la demande et des incertitudes pesant sur le marché. Dix ans après la signature de cet Accord, l’Algérie reste toujours un acteur majeur et très actif sur le terrain pour contribuer à sa consolidation et à sa mise en œuvre.

Elle continue à ce jour de jouer un rôle important dans la coordination des ajustements de production, à travers sa participation au groupe des sept pays disposant de capacités d’ajustement volontaire de leur production, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak, du Koweït, du Kazakhstan et d’Oman.

Pour faire face aux fluctuations des prix, l’Algérie a maintenu son attachement au dialogue entre l’OPEP et ses alliés, privilégiant une approche basée sur une évaluation régulière des conditions du marché avant toute décision collective. Dans un environnement international soumis à l’incertitude et à la persistance de facteurs géopolitiques susceptibles d’affecter les flux énergétiques, l’Algérie a toujours plaidé pour la coopération et l’action commune au sein de l’OPEP+.

En 2025-2026, l’engagement de l’Algérie dans l’OPEP+ se veut une continuité de cette trajectoire. Le pays participe activement aux consultations et aux mécanismes de coordination et demeure attaché au respect des décisions collectives.

C’est une implication qui s’est notamment affirmée à travers sa participation au groupe des sept pays disposant de capacités d’ajustement volontaire de leur production, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak, du Koweït, du Kazakhstan et d’Oman.

En septembre 2026, ces sept pays continuent de jouer un rôle central dans la coordination des ajustements de production, illustrant une approche prudente, progressive et fondée sur une évaluation régulière des conditions du marché.

Dix ans après son adoption, l’Accord d’Alger apparaît donc non seulement comme un événement majeur de l’histoire récente de l’OPEP, mais comme le point de départ d’une transformation durable de la coopération entre producteurs.

Son héritage ne se mesure pas uniquement à la décision de 2016, mais à la capacité de l’architecture qui en est issue à maintenir un dialogue régulier, à coordonner les actions des producteurs et à s’adapter aux transformations du marché pétrolier mondial.

H. O.

Source : Ecotimes

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