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Défaite

Défaite

  • La victoire démocrate lors des élections de mi-mandat aux États-Unis a surpris par l'ampleur de la défaite républicaine.
  • Donald Trump a déclaré qu'il acceptait le résultat des élections tout en refusant d'en assumer la responsabilité.
  • L'opposition a pris le contrôle de tout le Congrès en l'emportant notamment dans le Texas ou le Kansas.
  • Donald Trump a affirmé qu'il ne considérait pas ce revers comme une défaite personnelle.
  • Avec la bascule du Sénat, Donald Trump perd en grande partie son pouvoir de nomination.

Attendue de longue date, la victoire démocrate aux États-Unis à la suite des élections de mi-mandat de mardi, étonne peu, si ce n’est par l’ampleur de la défaite du camp républicain. Mais peu enclin à se laisser dominer sans réagir, le président américain a fait tout son possible ces derniers mois pour faire campagne pour les candidats de son camp à travers le pays. Cela n’aura pas été suffisant. Donald Trump a dit mardi qu’il «acceptait» le résultat des élections mais refuse d’en assumer la responsabilité. «Je suis tout à fait disposé à accepter ces résultats», a-t-il déclaré au New York Times. «Nous travaillerons avec les démocrates». Sur ce même ton conciliant, il a même «félicité» plusieurs fois ses opposants pendant un long entretien téléphonique avec Fox News, jugeant qu’ils s’étaient «bien battus», mais en rappelant tout de même avec insistance qu’il avait un «pouvoir de veto» face aux lois que voterait un Congrès démocrate. S’il a reconnu que la très impopulaire guerre contre l’Iran avait pesé «en partie» sur les résultats, il a jugé que «les gens comprenaient l’importance de ce qu’il avait fait en déclenchant le conflit». Face à l’ampleur des gains de l’opposition, qui a pris le contrôle de tout le Congrès, en l’emportant dans des bastions conservateurs tels que le Texas ou le Kansas, le républicain n’entend donc pas contester le verdict des urnes. Cela n’était pas acquis, venant de celui qui refuse toujours de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 2020, et qui avait lancé des accusations de fraude avant même les «midterms». Mais le président américain n’était pas disposé à concéder une défaite personnelle mardi, même si les Américains ont massivement condamné son bilan, en particulier sur le plan du coût de la vie. «Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi», a-t-il dit sur Fox News. «Je n’aime pas le voir comme une défaite pour moi. Ce n’est qu’un moment dans le temps. C’est comme ça. Il y avait quelque chose dans l’air et si vous regardez bien, je n’ai pas à me sentir coupable», a ajouté Donald Trump, comme détaché, face à ce cinglant désaveu. «Je n’étais pas sur le bulletin et si je l’avais été, nous aurions LARGEMENT gagné», a par ailleurs écrit le milliardaire de 80 ans sur sa plateforme Truth Social, après avoir pourtant appelé pendant la campagne ses partisans à se mobiliser comme s’il se présentait lui-même. Le président «n’était pas sur les bulletins et il est prouvé que les électeurs de Trump vont voter quand il est sur le bulletin», a insisté auprès des médias un responsable de la Maison- Blanche, jugeant aussi que la «qualité» des candidats républicains laissait à désirer. «Le Président Trump a mieux fait campagne que bien des candidats eux-mêmes», a-t-il jugé, en référence aux très nombreux meetings et déplacements de Donald Trump ces dernières semaines. Le président américain a pourtant piloté lui-même la sélection des candidats de son camp. Après ces succès démocrates, Donald Trump sera certainement visé par de nombreuses enquêtes lancées par la Chambre des représentants, comme il le fut durant son premier mandat à partir de 2018 (date des élections de mi-mandat qui avaient offerts la victoire aux démocrates). Avec la bascule du Sénat, il perd en grande partie son pouvoir de nomination, en particulier en cas de vacance à la Cour suprême, puissante institution dont les neuf juges sont nommés à vie. Il conserve toutefois une importante marge de manœuvre diplomatique et militaire. Reste à voir quelles conséquences, sur le terrain de l’Iran notamment, cette défaite désastreuse aura, et surtout si les républicains, dont le parti est fortement déstabilisé aujourd’hui, réussiront à se reconstruire en vue de l’élection de 2028 à laquelle Donald Trump devrait, sauf coup de théâtre, être absent. F. M.

Source : Le jour d'Algérie

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