Du dimanche 8 au dimanche 15 novembre 2026, la Fédération algérienne de football (FAF) convie les 16 clubs professionnels de la L1 à une série de rencontres bilatérales dont l’objectif est d’examiner la situation financière, comptable et budgétaire au titre des exercices 2025 et 2026. Les travaux porteront notamment sur «l’analyse des documents comptables et financiers, l’examen des budgets et de leur exécution, ainsi que le suivi des engagements financiers desdits clubs, pour renforcer la transparence et l’amélioration de la gouvernance financière», peut-on lire dans le communiqué du dernier Bureau fédéral, réuni le 28 octobre.
Plusieurs questions s’imposent, à commencer par celle de l’organe chargé d’effectuer cette analyse. En effet, pourquoi la Fédération a-t-elle choisi de confier cette mission à une Commission nationale de contrôle de gestion (CNCG), présidée par Rachid Kadouri, et non pas à un organe statutaire indépendant, à savoir la Direction de contrôle de gestion et des finances (DCGF) des clubs professionnels ? (VOIR LE + D’INFOS). De plus, matériellement, comment cette Commission, dont on ne connaît ni la composition ni la consistance, peut-elle examiner, en l’espace d’une heure ou deux, tous les documents comptables et financiers d’au moins un exercice ?
En fait, comment peut-on aborder l’exercice 2026 alors que celui-ci n’est pas encore clos (date réglementaire fixée au 31/12/2026 par le Conseil d’administration de la SSPA) ? Dans ce cas, la CNCG/FAF aurait pu demander des bilans d’étape (soit au 30/06/2026 ou bien au 30/09/2026) afin d’apprécier la gestion conformément au respect des obligations réglementaires et financières en vigueur, ainsi que l’évolution inter-exercices. En d’autres termes : s’agit-il d’une véritable opération de contrôle, auquel cas cela devrait concerner plusieurs autres volets que les seuls aspects financiers et comptables, ou d’une énième opération de communication ?
Bref, cette « enquête », telle qu’elle a été désignée, émane-t-elle d’injonctions des pouvoirs publics pour examiner la destination des deniers, notamment en ce qui concerne les masses salariales des clubs et les salaires des joueurs ainsi que des staffs, comme annoncé par certains cercles proches de la FAF ? Les résultats serviront-ils à des procédures en justice en cas de dilapidation, comme annoncé par les mêmes cercles ? Une piste à prendre avec des pincettes, surtout que les entreprises publiques prioritaires ou sponsors de certains clubs possèdent leurs propres organes de contrôle avant que ce soit la CNCG/FAF qui le fasse.
– LAFORDASSE
LE + D’INFOS
(…) En plus des textes fondamentaux que sont la loi n° 13-05 du 23 juillet 2013 relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives (article 91), le décret exécutif n° 14-330 du 27 novembre 2014 fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement des fédérations sportives nationales ainsi que leur statut- type (articles 36 et 45) et le décret exécutif n° 15-73 du 16 février 2015 déterminant les dispositions applicables au club sportif professionnel et fixant les statuts-types des sociétés sportives commerciales (article 03), la DCGF est consacrée par l’arrêté du 1er juillet 2010 fixant le modèle du cahier des charges devant être souscrit par les sociétés et clubs professionnels (articles 02 et 15).
-LF.





























