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L’Algérie exprime son regret face à l’évolution du mandat de la MINURSO au Sahara occidental

L’Algérie exprime son regret face à l’évolution du mandat de la MINURSO au Sahara occidental

Le gouvernement algérien a exprimé, samedi 31 octobre 2026, son profond regret face à la décision relative au mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères a vivement critiqué les orientations du projet de résolution présenté au Conseil de sécurité, estimant qu’elles favorisent la position marocaine au détriment du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Cette réaction intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible autour de la question du Sahara occidental, un territoire dont le statut demeure au cœur d’un différend international de longue date. Pour Alger, les dernières évolutions au sein des Nations unies soulèvent des interrogations fondamentales sur les perspectives d’un règlement politique juste et durable.

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L’Algérie dénonce un déséquilibre dans le projet de résolution

Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères estime que le texte soumis au Conseil de sécurité présente un déséquilibre manifeste en faveur du Maroc, au détriment du Front Polisario. Selon la diplomatie algérienne, les orientations retenues ne permettent plus de considérer le projet comme une base suffisamment équilibrée pour engager des négociations susceptibles d’aboutir à une solution durable.

Avant le vote, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, avait adressé des communications officielles aux membres du Conseil de sécurité. L’objectif était notamment d’attirer leur attention sur les conséquences potentielles des nouvelles orientations envisagées dans le traitement du dossier sahraoui.

Alger avait particulièrement mis en garde contre toute démarche susceptible de consacrer un fait accompli sur le terrain et de donner une légitimité à une situation qu’elle considère comme relevant de l’occupation, au détriment des droits du peuple sahraoui.

Le droit à l’autodétermination au centre des préoccupations

L’un des principaux points de désaccord concerne la place accordée au plan d’autonomie proposé par le Maroc. La version finale du texte, selon l’analyse présentée par le ministère algérien des Affaires étrangères, place cette proposition sous souveraineté marocaine revendiquée au centre du processus de négociation.

Pour Alger, cette orientation réduit considérablement les possibilités offertes aux parties et risque d’anticiper les conclusions du processus politique avant même que le peuple sahraoui ait pu exercer librement son droit à l’autodétermination.

La diplomatie algérienne considère que les négociations doivent rester ouvertes à différentes perspectives et ne peuvent être construites autour d’une seule proposition. Elle insiste ainsi sur la nécessité de préserver un cadre permettant au peuple sahraoui de déterminer librement son avenir, conformément aux principes fondamentaux du droit international.

Cette question constitue depuis plusieurs décennies l’un des principaux obstacles au règlement du conflit. Alors que le Maroc défend une solution fondée sur l’autonomie du territoire sous sa souveraineté, le Front Polisario revendique l’organisation d’un processus d’autodétermination permettant notamment d’envisager l’indépendance.

La disparition de la référence au référendum suscite des inquiétudes

Autre élément particulièrement critiqué par Alger : la suppression de la lettre « R », correspondant au terme « Référendum », dans l’appellation abrégée de la mission onusienne.

Pour le ministère des Affaires étrangères, cette modification dépasse le simple aspect terminologique. Elle constitue un signal politique préoccupant, dans la mesure où le référendum représente historiquement l’un des fondements du mandat de la MINURSO et du processus visant à garantir l’autodétermination du peuple sahraoui.

Créée en 1991 par les Nations unies, cette mission avait notamment pour objectif de surveiller le cessez-le-feu et de contribuer à la préparation d’un référendum sur le statut du Sahara occidental. Toutefois, les divergences persistantes entre les parties ont empêché la concrétisation de cette consultation.

Dans ce contexte, Alger estime que l’effacement progressif de la référence au référendum risque de modifier la nature même du processus onusien et d’éloigner davantage la perspective d’une consultation permettant aux Sahraouis de se prononcer sur leur avenir.

Le Front Polisario et la place des négociations

Le communiqué algérien soulève également la question de la participation du Front Polisario aux négociations. La diplomatie algérienne considère que le projet de résolution réduit la possibilité pour ce mouvement, qu’elle présente comme le représentant légitime et unique du peuple sahraoui, de soumettre ses propres propositions en vue d’un règlement politique.

Cette préoccupation renvoie à un principe essentiel défendu par Alger : aucune solution durable ne peut être envisagée sans une participation effective des parties concernées et sans la prise en compte de leurs positions respectives.

Le ministère estime ainsi que le processus de négociation doit conserver un caractère inclusif et ne pas imposer, dès le départ, un cadre qui limiterait les options disponibles.

Une question de décolonisation qui reste au cœur du dossier

Dans son analyse, le gouvernement algérien met également en garde contre une transformation progressive de la nature du dossier sahraoui. Il estime que les nouvelles orientations risquent de faire évoluer la question du Sahara occidental, historiquement inscrite dans le processus de décolonisation des Nations unies, vers une problématique essentiellement humanitaire.

Pour Alger, cette approche ne saurait remplacer le traitement politique et juridique du conflit. Les enjeux humanitaires, aussi importants soient-ils, ne peuvent se substituer à la question fondamentale du droit à l’autodétermination.

Le ministère rappelle que les processus de décolonisation restent intrinsèquement liés au droit des peuples concernés à choisir librement leur avenir. Ce droit, souligne-t-il, est inaliénable et ne peut être remis en cause par des évolutions diplomatiques ou des arrangements politiques qui en limiteraient la portée.

La diplomatie algérienne considère ainsi que toute solution doit respecter les principes du droit international et éviter de consacrer une situation territoriale contestée au détriment des aspirations du peuple sahraoui.

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Alger réaffirme son attachement à une solution politique

Malgré ses réserves concernant les dernières évolutions diplomatiques, le gouvernement algérien réaffirme son attachement à un règlement politique, juste et durable du conflit du Sahara occidental.

Dans son communiqué, il insiste sur la nécessité de parvenir à une solution mutuellement acceptable, garantissant au peuple sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination, conformément aux principes et aux objectifs de la Charte des Nations unies ainsi qu’aux résolutions pertinentes de l’Organisation internationale.

Cette position traduit la volonté de l’Algérie de maintenir la question du Sahara occidental au centre des discussions internationales, tout en défendant la poursuite d’un processus politique fondé sur le respect du droit international.

Au-delà de la réaction exprimée par Alger, les dernières évolutions autour de la MINURSO illustrent les difficultés persistantes auxquelles se heurte la recherche d’un règlement du conflit. L’avenir du processus onusien dépendra notamment de la capacité des acteurs concernés à préserver un cadre de négociation crédible, équilibré et respectueux des droits du peuple sahraoui.

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