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Transition vers l'économie de marché et importance de la rigueur statistique en Algérie

Transition vers l'économie de marché et importance de la rigueur statistique en Algérie

  • Le président de la République a souligné l'urgence d'une maîtrise totale des chiffres lors d'une rencontre avec les opérateurs économiques.
  • Le passage d'un système administré à une économie libre requiert une modernisation profonde et une numérisation intégrale de l'administration.
  • Le manque de rigueur statistique et les estimations approximatives menacent la planification, favorisent la bureaucratie et ouvrent la voie à la spéculation.
  • La modernisation se heurte à des résistances bureaucratiques et à des intérêts personnels menacés par la traçabilité des flux financiers.
  • Dirigé par le professeur Kamel Oukaci, l'Office national des statistiques centralise les données pour l'aide à la prise de décisions.

Lors de la dernière rencontre nationale avec les opérateurs économiques, le président de la République a mis en exergue la transformation que connaît l’économie algérienne, passant d’un système administré à une économie libre.

Néanmoins, pour que la transformation se fasse dans de bonnes conditions, ce virage stratégique requiert, explique-t-il, une maîtrise totale des chiffres et de l’appareil statistique.

C’est là un nouvel appel à la modernisation du système statistique national, lancé devant les chefs d’entreprises et des responsables du secteur économique et de la haute administration.

En effet, depuis 2022, le président Abdelmadjid Tebboune n’a cessé de revenir sur le sujet de la maîtrise des statistiques et de la nécessité d’aller vers la numérisation intégrale de l’administration et du secteur économique.

Il a évoqué à plusieurs reprises la lenteur d’une telle transformation et les écueils qui ne manquent pas de se dresser sur son chemin.

Le chef de l’État a soupçonné un manque de volonté de certaines parties que n’arrangerait pas la modernisation du traitement statistique, avec la vérité de ses chiffres, la transparence des actes de gestion et la traçabilité des flux et des transactions.

Pour les acteurs économiques et les responsables de la haute administration chargée d’encadrer et de soutenir les investissements, le constat présidentiel résonne comme un impératif catégorique.

Dans une économie qui ambitionne l’ouverture et le dynamisme, la prise de décision, qu’elle relève de l’administration publique, des établissements de service public ou de l’entreprise économique, ne peut plus être assise sur des estimations approximatives ou des données parcellaires.

Qu’il s’agisse de réguler le marché intérieur, d’anticiper les besoins en matières premières, d’évaluer la balance commerciale ou d’orienter les investissements directs, la fiabilité des données se révèle comme une véritable clé de voûte de toute gouvernance moderne.

Écueils et «résistances»

En effet, en l’absence d’un appareil statistique performant, arrimé aux nouvelles technologies numériques, la planification devient aveugle, ouvrant la voie au gaspillage des deniers publics, à la spéculation, à la bureaucratie et au dysfonctionnement des chaînes d’approvisionnement.

C’est pourquoi, le gouvernement a érigé la modernisation des statistiques et le processus de numérisation en chantier prioritaire appelé à soutenir l’ambition de la souveraineté économique du pays.

Sur le terrain, le passage à l’acte s’est heurté à certaines résistances, liées, d’une part, à des rigidités bureaucratiques ancrées dans l’acte de gestion, aggravées parfois par un déficit en compétences techniques et une vétusté des infrastructures informatiques.

D’autre part, ces blocages répondent à des fins interlopes, impliquant des intérêts personnels que menaceraient une numérisation intégrale de l’administration et de l’économie.

Immanquablement, le bond espéré et tracé par la feuille de route du gouvernement vers une traçabilité intégrale dérange l’économie informelle et les circuits parallèles qui ont longtemps prospéré à l’ombre d’un système administratif et économique opaque.

L’interconnexion du système des impôts, de la douane, de la sécurité sociale, du réseau de banques et de l’instance judiciaire constitue imparablement une menace contre la fraude fiscale, la surfacturation et l’évasion de capitaux.

L’ONS, un point focal

Aujourd’hui, par-delà les services administratifs ordinaires et de l’état civil, la numérisation investit des plateformes les plus diverses, évitant la masse de papier pour constituer des dossiers.

Ces premiers pas importants sur le chemin de la numérisation seront suivis par les prestations liées aux services financiers, fiscaux, fonciers, cadastraux ou douaniers.

Elles seront déployées sous forme réticulée et centralisée, pour un traitement en agrégats spécifiques par des structures telles que l’Office national des statistiques (ONS).

Ce dernier, dirigé depuis mars dernier par le professeur Kamel Oukaci, ingénieur en statistiques et docteur en sciences économiques, constitue le «temple» des statistiques nationales le plus en vue.

Il fournit à des utilisateurs de tous horizons des statistiques consolidées en chiffres absolus et en agrégats.

La lecture, l’analyse et l’interprétation de ces données constituent une étape clé ouvrant la voie au processus d’aide à la prise de décisions stratégiques inhérentes au domaine économique et social.

Ces décisions touchent la démographie, la croissance économique, le répertoire des opérateurs, le commerce extérieur, l’indice des prix, l’inflation, l’éducation, l’emploi et le chômage.

Les axes fondamentaux sur lesquels l’ONS compte renforcer son déploiement reposent sur la fiabilité des données, en rompant avec les approximations du passé, ainsi que sur la numérisation totale et l’intégration technologique.

Cette stratégie permettra l’interopérabilité avec uniformisation du numéro d’identification statistique (NIS) pour le suivi des opérateurs économiques en temps réel, et enfin la création d’antennes régionales.

A. N. M.

Source : Ecotimes

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