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T-MED : 4,5 milliards d'euros de garanties pour les énergies renouvelables

T-MED : 4,5 milliards d'euros de garanties pour les énergies renouvelables

  • La commissaire Dubravka Šuica a présenté une plateforme d'investissement dotée d'une capacité de garantie pouvant atteindre 4,5 milliards d'euros.
  • Ce soutien est mobilisé au titre du Fonds européen pour le développement durable plus pour réduire les risques des investissements.
  • Les secteurs ciblés incluent la production d'électricité renouvelable, l'hydrogène, le transport, le stockage et les technologies propres.
  • T-MED vise à mobiliser jusqu'à 25 milliards d'euros d'investissements d'ici 2035 dans la région méditerranéenne et l'Europe.
  • L'initiative soutient déjà des réalisations concrètes en Égypte et en Tunisie pour développer les infrastructures énergétiques.

C’est la commissaire chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, qui a présenté la plateforme lors d’un événement réunissant des institutions financières européennes et internationales, des investisseurs privés et des porteurs de projets.

L’objectif, précise la Direction générale Moyen-Orient, Afrique du Nord et Golfe de la Commission, est d’identifier les opportunités d’investissement et les projets susceptibles de bénéficier de l’appui de l’exécutif européen.

La plateforme constitue une composante clé de l’initiative de coopération transméditerranéenne sur les énergies renouvelables et les technologies propres, dite T-MED, elle-même fer de lance du Pacte pour la Méditerranée.

Élaboré par la Commission et le Service européen pour l’action extérieure, ce pacte a été adopté par le Collège en octobre 2025, avant son lancement officiel, le 28 novembre 2025, à l’occasion du 30e anniversaire de la Déclaration de Barcelone.

Une garantie pour «réduire les risques»

Le soutien de l’Union reposera sur une capacité de garantie pouvant atteindre 4,5 milliards d’euros, mobilisée au titre du Fonds européen pour le développement durable plus (FEDD+). Le mécanisme vise à réduire les risques des investissements, à attirer les capitaux privés et à accélérer la réalisation de projets viables.

Concrètement, la plateforme jouera un rôle de mise en relation entre institutions financières, investisseurs et promoteurs, afin d’associer les projets prometteurs à des sources de financement.

Selon le communiqué de presse, les secteurs ciblés sont vastes : production d’électricité renouvelable, hydrogène renouvelable, transport et distribution d’électricité, stockage d’énergie, interconnexions transfrontalières et fabrication de technologies propres.

Au-delà du financement, Bruxelles affiche l’ambition de lever les freins structurels : cadres réglementaires, procédures d’octroi de permis, accès aux réseaux et contrats d’achat d’électricité, tout en encourageant le développement des compétences et des chaînes de valeur locales.

Pour illustrer sa démarche, la Commission met en avant plusieurs réalisations. En Égypte, T-MED accompagne la modernisation et l’extension du réseau électrique national, pour un investissement total de 1,6 milliard d’euros.

Le programme prévoit la construction de postes de transformation et l’installation de lignes de transport avancées, afin d’intégrer l’électricité solaire et éolienne produite dans les régions de la mer Rouge et du golfe de Suez.

À Aïn Sokhna, toujours en Égypte, T-MED a permis le premier projet d’ammoniac vert d’Afrique du Nord, une opération de 575 millions d’euros articulée autour d’un électrolyseur européen, dont la production est exportée vers le marché de l’Union.

Une garantie européenne a également rendu possible l’un des plus grands projets photovoltaïques hybrides du continent, d’environ 430 millions d’euros. Les projets éoliens de Niat et Rasgha, eux, apporteront 500 MW de nouvelle capacité terrestre dans le golfe de Suez.

En Tunisie, l’initiative soutient la construction de deux centrales photovoltaïques de 100 MW chacune, avec leurs infrastructures de transport, pour un appui européen d’environ 92 millions et 80 millions d’euros respectivement.

Vingt-cinq milliards d’euros d’ici 2035

À l’horizon 2035, T-MED vise à mobiliser jusqu’à 25 milliards d’euros d’investissements attendus dans la production renouvelable, les réseaux, les interconnexions et les technologies propres, parallèlement à la formation et à la montée en compétences de jusqu’à 10 000 travailleurs.

Selon la même source, Mme Šuica a résumé l’esprit du dispositif : «Notre ambition est claire : faire de l’énergie propre un moteur de prospérité partagée, de compétitivité et de sécurité à travers la Méditerranée et l’Europe».

En rapprochant investisseurs et promoteurs, a-t-elle ajouté, la plateforme doit aider à transformer des projets prometteurs en investissements concrets, créateurs d’emplois et de croissance.

L’Algérie au cœur du dispositif dès juin

Cette annonce prolonge celle du 9 juin 2026, que nous avions détaillée dans nos colonnes sous le titre «Bruxelles mise sur l’Algérie» (Eco Times du 11 juin 2026). L’Union européenne avait alors officiellement lancé l’initiative T-MED, avec un objectif de 25 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035, adossé à 5 milliards d’euros de garanties européennes.

Le commissaire à l’Énergie, Dan Jørgensen, avait précisé que ces garanties permettraient de «débloquer» des investissements supplémentaires dans l’énergie et les technologies propres.

Notre dossier relevait surtout la place singulière accordée à l’Algérie. Un haut fonctionnaire européen avait résumé l’enjeu par une formule restée dans les mémoires : «avec une portion du seul territoire algérien, vous pourriez couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe».

La région Moyen-Orient–Afrique du Nord disposerait, rappelait-il, d’une capacité technique de plus de 2 300 gigawatts, soit plus du double de la capacité installée de l’ensemble de l’Europe.

Le calendrier annoncé en juin est, en outre, respecté : un appel à candidatures était ouvert aux investisseurs privés jusqu’au 15 juin et aux porteurs de projets jusqu’au 15 août, et la première réunion de la plateforme d’investissement était fixée à octobre 2026. C’est précisément cette échéance que Bruxelles vient d’honorer.

Notre dossier de juin rappelait que la coopération algéro-européenne dans les renouvelables avait déjà posé des jalons concrets, à commencer par le programme TaqatHy+, doté de 28 millions d’euros, dont 15 millions apportés par l’Union européenne et 13 millions par l’Allemagne, et mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). Le projet SoutH2 Corridor, reliant l’Algérie à l’Europe en vecteurs de transport d’hydrogène, y figurait également.

Pour l’Algérie, l’enjeu consiste désormais à convertir ces atouts en projets mûrs, présentables aux financeurs réunis par la plateforme et éligibles aux garanties européennes.

Entre la ressource solaire, les ambitions nationales et le cadre désormais ouvert à Bruxelles, la fenêtre est ouverte ; il reste à y inscrire des dossiers concrets.

S. I.

Source : Ecotimes

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