Dans la dernière publication de Sonatrach News, datée de septembre 2026, le document consigne la lettre de félicitations du PDG de Sonatrach à l’équipe de son groupe. Celle-ci a réalisé une opération importante entrant dans le cadre des travaux du grand projet structurant Boosting Hassi R’Mel phase III étape 2. Le PDG les salue pour leur professionnalisme et leur rapidité dans l’exécution de cette tâche.
La publication n’omet pas de situer l’importance de ce mégaprojet de Sonatrach : «Le projet Boosting du gisement de Hassi R’Mel permettra de maintenir la production du champ gazier à hauteur de 188 millions de mètres cubes par jour (soit 60 milliards de mètres cubes de gaz sec par an). Ce projet, faut-il le rappeler, maintiendra ce plateau de production de 60 milliards de mètres cubes de gaz naturel annuellement pendant dix ans. Le projet Boosting Phase III étape 2 jouera un rôle majeur», ajoute la publication, «dans la compensation du déclin naturel du gisement, dans le renforcement de ses capacités de production et dans la pérennité de son exploitation. Sa réalisation contribuera à satisfaire les besoins du marché national et à honorer les engagements contractuels de l’Algérie en matière d’exportation de gaz.»
Sonatrach prévoit l’achèvement de ce projet entre 2026 et 2027. D’un coût de 2 milliards de dollars, le projet a été confié à l’entité américaine Baker Hughes (les entreprises Baker Hughes et General Electric ayant fusionné) et à l’entreprise italienne de services Tecnimont.
Le texte relève que le projet affiche un taux d’avancement élevé et qu’il permettra de récupérer 121 milliards de mètres cubes de gaz, 7 millions de tonnes de condensat et 3 millions de tonnes de GPL. Il comprend la réalisation de 3 étages de compression avec un total de 20 turbocompresseurs, la réadaptation du réseau de collecte et la construction de trois unités de démercurisation.
Le boosting : restaurer la pression du gisement
Contacté par Ecotimes au sujet de l’importance stratégique de ce projet, Saïd Beghoul, expert pétrolier et ancien responsable amont à Sonatrach, explique d’abord la nature des travaux. Il y a eu plusieurs phases de boosting à Hassi R’Mel. Le boosting, en termes simples, est une manière d’augmenter la pression.
La pression dans le gisement de Hassi R’Mel a chuté. En clair, le gisement n’a plus l’énergie nécessaire pour acheminer le gaz vers les unités de traitement. Le boosting permet de comprimer le gaz.
Ne pouvant arriver seul aux stations de traitement, le gaz doit être propulsé du puits à la station de traitement. Il faut pour cela le comprimer à l’aide de compresseurs.
Quant à l’importance stratégique de ce pôle de production, il a répondu que «le gisement produit entre 65 et 70 milliards de mètres cubes par an. Il représente 50 % de la production de gaz de l’Algérie, estimée à 130 milliards de mètres cubes par an. Ce champ géant couvre, en outre, 50 % des exportations de gaz de l’Algérie. Ce gisement est le centre de gravité de la production nationale et le point névralgique qui contrôle les exportations de gaz de l’Algérie. Il est, de surcroît, le principal hub gazier du pays : c’est là qu’arrivent toutes les productions de gaz des différents gisements et c’est de là que sont réparties les quantités destinées à la consommation locale et à l’exportation», a-t-il souligné.
Hassi R’Mel, futur carrefour du gaz nigérian
Ce hub prendra encore plus d’importance avec le TSGP (Gasoduc Trans-Saharien), le gazoduc transportant le gaz nigérian via le Niger et l’Algérie vers l’Europe. C’est là que se situera le centre de dispatching des volumes de gaz provenant du Nigeria vers l’Europe, soit par le gazoduc Transmed, soit par le gazoduc Medgaz.
«Les Nigérians peuvent compter sur l’Algérie. Notre pays possède les capacités de transport, de traitement et les infrastructures d’exportation nécessaires pour ces 30 milliards de mètres cubes qui doivent provenir annuellement des gisements de gaz du Nigeria. Il convient néanmoins de prévoir l’extension des capacités de transport des deux gazoducs Transmed et Medgaz. L’Algérie attend donc ce gaz nigérian dans d’excellentes conditions d’accueil. Il reste cependant à lever l’écueil du financement : mobiliser 13 à 15 milliards de dollars pour la réalisation de ce mégaprojet soutenu par la Banque africaine de développement», a conclu Saïd Beghoul.
K. R.





























