En effet, alors que les économies européennes restent confrontées à des coûts énergétiques élevés, la question de la sécurisation des approvisionnements prend une dimension directement économique.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a ainsi appelé, lors du sommet, à rechercher des mécanismes permettant de protéger les entreprises et les citoyens contre la hausse des prix de l’énergie, tout en préservant la stabilité budgétaire. Il a également insisté sur le lien entre le coût de l’énergie et la compétitivité de l’Union européenne.
Un pilier face à la crise de compétitivité
Cette préoccupation européenne intervient alors que l’Algérie consolide sa position parmi les principaux fournisseurs d’énergie de l’Union. D’après les données d’Eurostat, l’Algérie représente 18,2 % des importations européennes de gaz à l’état gazeux, ce qui la place au deuxième rang des fournisseurs dans cette catégorie.
Le pays est également présent sur le marché du gaz naturel liquéfié, avec 8,1 % des importations européennes de GNL au deuxième trimestre 2026, selon les chiffres cités dans les données européennes.
Cette double capacité — gazoduc et GNL — constitue un atout dans un marché où Bruxelles cherche à diversifier ses sources et ses routes d’approvisionnement. La Commission européenne souligne elle-même l’importance de la diversification des fournisseurs et des infrastructures énergétiques.
Dans sa stratégie, elle identifie notamment le potentiel de l’Afrique du Nord et de l’Algérie pour contribuer à la sécurité énergétique européenne et au développement d’un véritable hub gazier méditerranéen.
Au-delà des échanges gaziers actuels, les discussions européennes s’inscrivent également dans une perspective de transformation du système énergétique méditerranéen. Les pays du MED9 ont notamment placé la décarbonation, les infrastructures énergétiques et les relations avec le voisinage méditerranéen parmi les dossiers stratégiques du sommet.
Vers un corridor énergétique d’avenir
Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives pour l’Algérie, qui dispose non seulement de ressources gazières importantes, mais également d’un potentiel considérable dans les énergies renouvelables et l’hydrogène.
Le développement de corridors énergétiques reliant l’Afrique du Nord à l’Europe constitue ainsi l’un des axes susceptibles de renforcer les échanges énergétiques à moyen et long terme.
L’objectif européen consiste progressivement à construire des réseaux capables de connecter les zones de production aux grands centres industriels et de consommation.
Un enjeu de compétitivité pour l’Europe
L’intérêt porté aux fournisseurs méditerranéens s’explique aussi par la pression exercée sur l’industrie européenne. La hausse du coût de l’énergie pèse directement sur les entreprises énergivores et alimente les inquiétudes concernant la compétitivité du tissu industriel européen.
Le message porté par Kyriakos Mitsotakis au sommet de Split illustre cette nouvelle équation : garantir l’approvisionnement ne suffit plus, l’Europe cherche également à contenir son coût. Le Premier ministre grec a par ailleurs souligné l’importance de préserver les capacités de raffinage européennes.
Pour l’Algérie, cette situation renforce l’intérêt économique de sa relation énergétique avec l’Europe. Les exportations gazières constituent aujourd’hui le socle de cette coopération, tandis que les projets liés à l’hydrogène et aux énergies renouvelables pourraient progressivement élargir le partenariat.
Le sommet MED9 confirme ainsi que l’énergie est devenue un enjeu à la fois industriel, commercial et stratégique pour les économies méditerranéennes.
Dans cette nouvelle configuration, la proximité géographique de l’Algérie avec l’Europe et son statut de fournisseur établi lui donnent une place particulière dans les réflexions européennes sur la sécurité énergétique et la compétitivité.
K. B.





























