Après plusieurs semaines de préparation et d’annonces, plus de 11,2 millions d’élèves reprennent aujourd’hui le chemin des établissements scolaires. Une rentrée placée sous le signe de la préparation matérielle et pédagogique, mais aussi des interrogations suscitées par les annonces successives concernant la réforme de l’enseignement, particulièrement au secondaire.
Par Fatima Arab
La date du 21 septembre avait été arrêtée après la modification du calendrier initial de la rentrée scolaire. Les différents secteurs concernés ont été mobilisés afin d’assurer les conditions nécessaires à l’accueil des élèves, notamment en matière d’infrastructures, de transport, de restauration scolaire et de fournitures. Sur le plan des infrastructures, le ministère de l’Habitat a annoncé, à la veille de la rentrée, la livraison de 289 structures éducatives destinées aux trois cycles d’enseignement. Ces nouvelles infrastructures viennent renforcer les capacités d’accueil du secteur et accompagner l’évolution des effectifs scolaires. Le ministère affiche officiellement 29 702 établissements disponibles. La préparation de cette rentrée a également porté sur les services directement liés à la scolarité. Les dispositifs de transport et de cantine scolaires ont fait l’objet de réunions de suivi au niveau gouvernemental, les autorités locales ayant été appelées à veiller à leur disponibilité et à leur fonctionnement. Dans la capitale, à titre d’exemple, l’ETUSA a prévu un programme spécial à l’occasion de la rentrée sociale, afin de renforcer le transport public et de faciliter les déplacements des citoyens.
Les familles face aux dépenses de la rentrée
La question des fournitures scolaires constitue également l’un des enjeux de cette reprise. Des marchés et espaces de proximité consacrés à la vente des manuels et fournitures scolaires ont été ouverts dans plusieurs wilayas, avec l’objectif affiché de rapprocher l’offre des familles et de proposer des prix compétitifs. À Alger, 19 marchés de proximité répartis à travers les 14 circonscriptions administratives de la capitale ont ainsi été réservés à la commercialisation des articles et fournitures scolaires. La quatrième édition de la foire «Lemsid», organisée au Palais des expositions des Pins maritimes, réunit également des opérateurs du secteur jusqu’au 26 septembre. Ces espaces commerciaux, faut-il le préciser, sont généralisés à toutes les wilayas. Ces dispositifs interviennent dans un contexte où la rentrée représente traditionnellement une dépense importante pour les ménages, faisant de la disponibilité des produits et de la maîtrise des prix un volet important des préparatifs.
Vers une refonte progressive
Au-delà des aspects matériels, cette rentrée devait initialement être marquée par plusieurs changements pédagogiques. Le ministre de l’Education nationale, Mohamed-Seghir Sadaoui, avait annoncé, en juillet, une série de mesures destinées à améliorer la qualité des apprentissages et à réorganiser certains enseignements. Parmi les principales nouveautés annoncées figure l’introduction de l’anglais à partir de la troisième année primaire, tandis que le français est maintenu à partir de la quatrième année, parallèlement à l’anglais. Le ministère avait également annoncé le renforcement de l’enseignement de l’anglais, notamment dans les filières scientifiques et technologiques. Au secondaire, le projet présenté durant l’été prévoyait notamment une réorganisation de l’enseignement de certaines matières entre les trois années du cycle. Le ministère avait précisé qu’il ne s’agissait pas de supprimer totalement des matières, mais de revoir leur programmation afin de réserver davantage la troisième année aux disciplines fondamentales et spécifiques à chaque filière. Cette réorganisation s’inscrivait dans une réflexion plus large sur l’allègement de la charge scolaire et
l’adaptation des contenus aux parcours de spécialisation, dans un système où la question du poids des programmes et des épreuves du baccalauréat fait régulièrement débat.
Le secondaire, principal chantier en attente
Mais les annonces de juillet ont été suivies de plusieurs réajustements. Le 9 septembre, le ministère de l’Education nationale a publié une décision abrogeant la décision n° 20 du 28 juillet, relative aux horaires et coefficients de l’enseignement secondaire général et technologique. Quelques jours plus tard, le ministère a précisé que, à l’exception des dispositions pédagogiques concernant l’enseignement primaire, l’ensemble des autres mesures pédagogiques avait été gelé dans l’attente de leur approbation par le Conseil des ministres. Cette clarification est intervenue après les orientations données au niveau gouvernemental concernant la validation préalable des changements pédagogiques. Elle place ainsi cette rentrée dans une situation particulière car certaines évolutions annoncées sont entrées dans le calendrier scolaire, tandis que d’autres, notamment celles touchant le secondaire, restent soumises à la poursuite du processus de validation. Le dossier du baccalauréat demeure, dans ce contexte, particulièrement suivi. L’objectif affiché autour de la réforme consiste notamment à mieux articuler les enseignements avec les spécialités et à concentrer la troisième année secondaire sur les matières fondamentales de chaque filière. Mais les modalités précises de cette évolution devront encore être arrêtées dans le cadre du calendrier annoncé par les autorités. Le ministère de l’Education avait, par ailleurs, annoncé que les réformes structurelles du système éducatif se poursuivraient à partir de l’année scolaire 2027-2028. Le projet prévoit notamment une réorganisation de l’enseignement secondaire général et technologique autour des filières, en remplacement du système actuel de tronc commun, ainsi que la création d’une filière «Informatique». La rentrée 2026-2027 apparaît ainsi comme une étape «intermédiaire» dans un processus de «transformation plus large du système éducatif». Les mesures immédiatement applicables concernent notamment l’enseignement des langues et certaines adaptations pédagogiques, tandis que les changements structurels du secondaire sont programmés pour une phase ultérieure. Pour les élèves, les enseignants et les familles, l’enjeu de cette nouvelle année scolaire sera d’assurer une rentrée dans de bonnes conditions matérielles et pédagogiques, tout en donnant davantage de visibilité aux réformes annoncées. La priorité affichée par les pouvoirs publics reste celle d’une amélioration de la qualité de l’enseignement.
F. A.




























