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AfD 44%

AfD 44%

  • AfD recueilli près de 44 % des voix en Saxe-Anhalt dimanche, devant CDU de Friedrich Merz crédité de 17 %.
  • Friedrich Merz a accusé l'AfD de promouvoir un «nettoyage ethnique», qualifiant «remigration» de synonyme de nettoyage ethnique.
  • Merz a déclaré que 56 % des électeurs de Saxe-Anhalt n'ont pas voté pour l'AfD et que le parti n'a pas obtenu majorité.
  • Alice Weidel a regretté que les Allemands vivent avec les conséquences de l'immigration de masse, citant criminalité en hausse.
  • Merz a accusé l'AfD de faire le jeu de déstabilisation, évoquant attaque de drone déjouée le 4 août à l'aéroport de Leipzig.

Incapable d’affronter pragmatiquement et honnêtement les raisons de la victoire fracassante de l’Afd (Alternative pour l’Allemagne) en Allemagne, dans la région de Saxe-Anhalt ce dimanche, le chancelier Friedrich Merz utilise les mêmes vieilles méthodes éculées visant à tenter de discréditer, autant que faire se peut, ses adversaires politiques. Pour empêcher surtout que la prouesse de l’AfD dans une région du pays ne se reproduise à travers l’ensemble du territoire dans les mois et années à venir. Le dirigeant conservateur a ainsi accusé le jeune mouvement de promouvoir un «nettoyage ethnique». «Le mot ‘’remigration’’ n’est rien d’autre que le synonyme d’un nettoyage ethnique en fonction de l’origine et de la couleur de peau», a-t-il déclaré lors d’un débat au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, fréquemment interrompu par les interjections des élus de l’AfD. Dimanche, lors d’une élection régionale en Saxe-Anhalt, le parti anti-immigration a en effet recueilli près de 44 % des voix, loin devant le parti conservateur (CDU) de Friedrich Merz et du ministre-président sortant, crédité de 17 % des voix. «Si ceux qui travaillent en Allemagne devaient quitter le pays parce que l’on fait de la ‘’remigration’’ le mot d’ordre, plusieurs secteurs de l’économie ne pourraient plus fonctionner», a poursuivi le chancelier, citant notamment «l’artisanat», les «établissements de soins» ou encore les «restaurants». Le Chef du gouvernement s’est exprimé après un discours agressif d’Alice Weidel, la co-cheffe de l’AfD, qui a regretté que les Allemands doivent «vivre au quotidien avec les conséquences de l’immigration de masse». D’après Alice Weidel, celle-ci a pour conséquences directes «une criminalité en hausse» et «une augmentation massive des infractions à caractère sexuel et des actes de violence brute». Les statistiques criminelles allemandes montrent une surreprésentation des étrangers parmi certains types de délits, mais les chercheurs soulignent de longue date que ces données ne suffisent pas, à elles seules, à établir une causalité directe entre immigration et criminalité. Friedrich Merz a aussi minimisé la portée du succès électoral de l’AfD. «Le véritable objectif électoral du parti d’opposition d’obtenir la majorité des sièges en Saxe-Anhalt n’a pas été atteint et 56 % des électeurs de Saxe-Anhalt n’ont pas voté pour vous», a-t-il lancé. L’AfD affirme être désormais en discussions avec d’autres groupes et élus, afin de former un gouvernement, un processus qui pourrait prendre du temps. «Nulle part en Allemagne vous n’obtiendrez une majorité», a asséné Friedrich Merz à l’encontre de Alice Weidel, dont le parti est et va rester selon lui «une force destructrice». Alice Weidel avait ouvert les débats en affirmant que les jours du gouvernement Merz «sont comptés». Fredrich Merz a par ailleurs accusé l’AfD de faire le jeu des tentatives présumées de déstabilisation de l’Allemagne, faisant référence à une attaque de drone déjouée début août à l’aéroport de Leipzig et attribuée à Moscou. «Vous n’avez rien dit, Alice Weidel, sur ce qui s’est passé le 4 août, a-t-il dit, vous faites partie du problème que nous rencontrons en Allemagne». Pourtant, malgré les imprécations répétées de toutes la classe politique, le parti anti-immigration continue son ascension parmi les électeurs qui ne craignent plus de voter pour ce parti. Ainsi, les menaces de Merz, assurant un avenir sombre à l’AfD, sonnent surtout comme des vœux pieux que la réalité pourrait rapidement, si l’on en croit tous les récents sondages sur la popularité du parti anti-immigration, mettre à mal.

Source : Le jour d'Algérie

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