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Programme d’énergies renouvelables de 15 000 MW : «L’Algérie injectera 22 milliards d’euros»

Programme d’énergies renouvelables de 15 000 MW : «L’Algérie injectera 22 milliards d’euros»

L’offensive diplomatique dans le domaine de l’énergie se poursuit. À cet effet, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé avant-hier un message aux participants au huitième sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), qui s’est ouvert à Moscou mardi dernier.

Dans ce texte lu par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le premier magistrat du pays a exposé la vision et la stratégie de l’Algérie en matière de transition énergétique : «L’Algérie est engagée dans une transition énergétique juste et ordonnée qui concilie les impératifs climatiques et la sécurité énergétique. Notre ambition est claire : nous ne subissons pas la transition énergétique, nous en dessinons nous-mêmes les contours en réduisant l’impact carbone de notre industrie, en limitant les émissions de gaz à effet de serre, de méthane et le torchage, ainsi qu’en développant le captage et le stockage du carbone. Cela apparaît clairement dans le programme national visant à produire 15 000 MW d’énergies renouvelables à l’horizon 2035, doté d’une enveloppe de près de 22 milliards d’euros.»

L’Algérie ambitionne également de devenir un acteur majeur de l’hydrogène vert grâce au SoutH2 Corridor, un projet en cours de réalisation avec les partenaires européens et la Tunisie, pays frère. Ce corridor permettra à notre pays d’exporter du gaz, de l’électricité, de l’ammoniac et de l’hydrogène, tout en consolidant sa place de pôle énergétique transcontinental.

La nouveauté de ce texte réside d’ailleurs dans le fait que cette interconnexion permettra d’approvisionner directement les pays européens en ammoniac et en électricité.

L’Algérie figure parmi les dix premiers producteurs mondiaux

Le chef de l’État a réaffirmé que le gaz naturel reste indispensable pour garantir la stabilité des systèmes électriques, tout en rappelant que l’Algérie demeurera un fournisseur sûr et fiable.

Il a souligné que le pays est un pionnier de cette industrie, ayant construit en 1964 le premier complexe de liquéfaction de gaz naturel (GNL) au monde. Aujourd’hui, l’Algérie figure parmi les dix premiers producteurs mondiaux, s’imposant comme le deuxième exportateur de gaz de l’Union européenne par gazoduc.

«Ces réalisations sont le fruit d’une fiabilité qui n’a jamais failli, même dans les périodes les plus difficiles, et d’un engagement constant à honorer nos contrats», a-t-il insisté.

Évoquant les menaces réglementaires qui risquent de freiner les pays producteurs — une allusion directe aux directives européennes —, le Président a soutenu que «tout en affirmant que l’élaboration de politiques énergétiques relève du droit souverain de chaque État, nous prévenons que les législations fluctuantes alimentent les perturbations des marchés, freinent les investissements et compromettent la sécurité des approvisionnements».

Il a conclu en rappelant que l’injection de milliards de dollars dans les infrastructures exige des cadres réglementaires stables ainsi qu’une juste valorisation du gaz, notamment à travers des contrats à long terme : «De cette tribune, nous appelons à un dialogue constructif devant aboutir à un cadre réglementaire consensuel, à même de garantir la sécurité des investissements et de les orienter vers les régions qui en ont le plus besoin.»

K. R.

Source : Ecotimes

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