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Algérie : l’État resserre l’étau contre la fraude au commerce extérieur

Algérie : l’État resserre l’étau contre la fraude au commerce extérieur

  • Le ministère du Commerce extérieur révèle un programme d’importation de 130 milliards de dollars impliquant près de 4 000 opérateurs.
  • Le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué le Premier ministre Sifi Ghrieb et plusieurs responsables pour examiner les données.
  • La facture d’importation est passée de 60 milliards de dollars en 2014 à 30 à 40 milliards de dollars actuellement.
  • Des équipes spécialisées vérifieront sur place l’existence des usines déclarées et les coordonnées géographiques renseignées sur la plateforme.
  • La numérisation et l’intelligence artificielle sont utilisées pour faire barrage aux pratiques frauduleuses nuisant au Trésor public.

Les chiffres révélés par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, faisant état d’un programme d’importation de 130 milliards de dollars, montrent l’ampleur du « trafic » et de la « fraude » dans ce domaine qui continuent malheureusement de dilapider des milliards de dollars pour le Trésor public.

D’ailleurs, cette situation a fait réagir le premier magistrat du pays. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a convoqué le Premier ministre, Sifi Ghrieb, ainsi que plusieurs responsables en lien direct avec ce dossier : les ministres du Commerce intérieur et extérieur et des Finances, le Gouverneur de la Banque d’Algérie et le DG des Douanes.

Ce fut une occasion pour examiner ces données, où près de 4 000 opérateurs économiques, dont les entreprises comptent au maximum cinq travailleurs, ont introduit des demandes d’importation portant sur des produits dont la valeur globale dépasse 130 milliards de dollars, au titre du deuxième semestre 2026 !

Des chiffres qui interpellent et soulèvent des interrogations sur l’ampleur des dépassements dans le commerce extérieur, alors que l’État s’emploie depuis 2020 à rationaliser les importations et à les orienter vers les besoins réels du marché national.

D’ailleurs, le président Tebboune a réaffirmé à maintes reprises que l’État régule ses achats de l’étranger, en important seulement ce qui est réellement nécessaire au pays. Cette démarche a permis, rappelle-t-on, de réduire la facture d’importation de près de 20 milliards de dollars/an, après avoir atteint le seuil de 60 milliards de dollars en 2014. Actuellement, la facture d’importation tourne autour de 30 à 40 milliards de dollars.

Un chiffre qui est en courbe descendante, suite notamment à l’émergence de plusieurs filières permettant de substituer les importations et d’aller à la conquête même de parts sur le marché extérieur.

Cette montée en puissance du « made in Algeria » a dérangé beaucoup de personnes et de parties dans le pays. Le recours de ces derniers aux fausses déclarations apparaît ainsi comme une ultime tentative de préserver leurs activités et leurs gains faciles. Une pratique qui n’a désormais plus sa place dans l’Algérie nouvelle qui ambitionne de porter son PIB à 400 milliards de dollars d’ici 2027.

Ainsi, la numérisation et l’introduction de l’intelligence artificielle dans la gestion des données ont permis à l’État de faire barrage à ces pratiques frauduleuses, dont le but est de nuire au Trésor public et à l’image du pays, qui est en train d’amorcer sa transition vers une économie diversifiée avec un tissu industriel et économique performant.

Lors de cette réunion, le président Tebboune a donné des orientations claires à l’Exécutif afin d’enquêter sur cette situation et de prendre les mesures nécessaires à l’encontre des auteurs de fausses déclarations, qui « visent à épuiser les ressources du Trésor public dans le cadre d’un plan minutieusement préparé pour saper les fondements de l’économie nationale », lit-on dans le communiqué de la Présidence de la République.

Des enquêtes engagées

Un travail de terrain est déjà engagé par le département du Pr. Kamel Rezig. Selon un responsable au ministère du Commerce extérieur, certains opérateurs économiques seront d’abord convoqués au niveau du ministère afin d’échanger avec eux et de vérifier leur capacité de production au regard des déclarations qu’ils ont effectuées. Ensuite, un travail de coordination sera engagé avec les autres secteurs ministériels pour vérifier sur place.

Des équipes spécialisées seront dépêchées sur le terrain, en coordination avec les secteurs ministériels concernés, afin de vérifier l’existence et l’activité des usines et unités de production déclarées, ainsi que les coordonnées géographiques renseignées sur la plateforme.

En cas de constatation de falsifications ou d’irrégularités documentaires, les services compétents du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations devront engager les procédures légales prévues par la réglementation en vigueur.

Cette opération s’inscrit dans une démarche plus large visant à rationaliser les importations, tout en garantissant l’approvisionnement du marché national et la continuité de l’activité des entreprises productives.

La réforme engagée repose notamment sur la numérisation des procédures et le renforcement du contrôle afin de mieux orienter les devises vers les besoins réels de l’économie nationale et de limiter les pratiques susceptibles d’alourdir inutilement la facture des importations.

Parallèlement, les autorités misent sur la promotion des exportations et la diversification de l’économie nationale, dans l’objectif de contribuer au rééquilibrage de la balance commerciale.

À travers cette approche, l’objectif affiché est de parvenir à une meilleure maîtrise des flux d’importation, à une utilisation plus efficace des ressources en devises et à un renforcement de la production nationale, afin de consolider progressivement l’autonomie et la souveraineté économiques du pays.

H. O.

Source : Ecotimes

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