Le projet de loi de finances 2027 a franchi une étape décisive avec son adoption en Conseil des ministres, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune.
Le communiqué de la Présidence donne deux orientations fortes : intégrer dans le texte les augmentations de salaires auxquelles le chef de l’État s’est engagé devant les Algériennes et les Algériens, et n’inscrire aucune taxe susceptible d’affecter le pouvoir d’achat, que ce soit pour la classe moyenne ou pour les revenus modestes.
Ces deux décisions donnent au PLF 2027 une identité claire : un budget qui place le citoyen au centre. La revalorisation des salaires apportera un soutien direct aux ménages, tandis que l’absence de nouvelle charge fiscale préservera leur capacité de consommation.
Le message est cohérent avec la lettre de cadrage du ministre des Finances, datée du 19 mai 2026, qui érige la «préservation du pouvoir d’achat» en axe budgétaire à part entière. Elle prévoit la poursuite du soutien aux produits de première nécessité et de large consommation, ainsi que des dispositifs d’aide et de solidarité en faveur des tranches sociales les plus vulnérables.
Les grands chantiers stratégiques consolidés
La lettre de cadrage, adressée aux ordonnateurs du budget de l’État, fixe le cap pour 2027 et pour la période 2028-2029. Elle s’inscrit dans la continuité des efforts de consolidation menés ces dernières années en matière de diversification économique et de protection sociale.
Le premier axe est l’accélération de la dynamique de croissance. Il s’agit de diversifier les sources de recettes, de soutenir les secteurs hors hydrocarbures à forte valeur ajoutée, d’améliorer le climat des affaires et d’encourager l’industrie locale ainsi que les start-up.
Le parachèvement du programme d’investissement en cours et la poursuite des grands projets structurants, notamment dans le secteur minier, y figurent également. Autant de leviers qui devraient renforcer l’attractivité du pays et augmenter les exportations hors hydrocarbures.
La souveraineté alimentaire et la sécurité hydrique occupent aussi une place importante. Le document prévoit l’accompagnement des projets agricoles structurants, en particulier dans le Sud, le développement des filières stratégiques, l’extension des périmètres irrigués et l’augmentation des capacités de stockage. Il mentionne aussi l’amélioration du rendement des céréales et la création de coopératives spécialisées.
Sur le volet hydrique, l’accélération des barrages et des stations de dessalement, avec l’interconnexion des barrages et la modernisation des réseaux de distribution, devrait renforcer durablement l’accès à l’eau.
Le capital humain reste une priorité. Les investissements dans la santé, l’éducation, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur seront maintenus, avec la digitalisation des processus pour offrir un service public plus équitable et plus performant.
Le logement, sous toutes ses formes (social, rural, lotissements sociaux, promotionnel aidé), demeure lui aussi soutenu, tout comme la poursuite du programme de logements publics.
La réduction des disparités régionales passera par l’achèvement des programmes complémentaires au profit des wilayas et par la programmation des crédits nécessaires au bon fonctionnement des wilayas nouvellement créées.
Enfin, la modernisation et la numérisation de l’administration, avec la simplification des procédures, l’interopérabilité des bases de données et la sécurisation des systèmes, doivent améliorer le quotidien des usagers.
Une nouvelle culture de la performance
Au-delà des priorités, la lettre de cadrage installe une nouvelle culture budgétaire fondée sur la performance. Chaque dinar dépensé doit contribuer concrètement aux politiques publiques, aux objectifs de développement sectoriel et à l’amélioration du service rendu aux citoyens.
Quatre directives guideront les ordonnateurs : la maîtrise et la rationalisation des dépenses, avec la centralisation des achats et la mutualisation des moyens ; la priorisation des actions selon leur impact socio-économique ; le parachèvement des projets en cours, en particulier ceux ayant dépassé 70 % de réalisation ; et le renforcement de l’approche budgétaire orientée vers la performance, qui relie les ressources aux résultats attendus.
Cette démarche devrait produire des effets positifs. En concentrant les moyens sur les projets avancés et à fort rendement, l’État limite les gaspillages et accélère la livraison d’équipements attendus par la population. La logique de résultats offre aussi plus de visibilité aux acteurs économiques et plus de transparence sur l’usage des deniers publics.
S. I.




























