Dans un texte soumis le 24 juin 2026, l’Algérie vient de formaliser auprès des Nations Unies ses engagements climatiques révisés pour la période 2026-2035, rapporte le cluster d’énergie solaire GECA.
Pour ce dernier, ce document n’est pas une simple formalité administrative, mais constitue le cadre officiel qui déterminera les volumes d’investissements publics et internationaux dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les industries propres au cours des prochaines années. Il constitue pour les acteurs nationaux dans ces domaines une véritable feuille de route.
Le GECA, dans une synthèse du document, en livre les chiffres clés. Par rapport aux engagements précédents fixés en 2015, qui prévoyaient un taux de réduction de 7 % sur effort propre d’ici 2030, le taux est porté à 14 % à l’issue de la période 2026-2035, et à 31 % à cette même échéance avec l’appui des pays contributeurs (pays occidentaux) en termes d’apport d’expertise et de financements verts dans le cadre des accords internationaux sur le changement climatique.
Dans les précédents engagements, les investissements nécessaires pour atteindre le taux de 7 % n’étaient pas formalisés. Les engagements de l’Algérie pour la période précitée nécessiteront 24 milliards de dollars d’investissement, indique le nouveau document.
Après le programme de 3 200 MW comprenant 21 centrales photovoltaïques qui doivent être mises en service progressivement à partir de 2026, il reste, pour atteindre l’objectif de 15 000 MW, à réaliser une capacité de 11 800 MW en énergies renouvelables. Ce qui nécessitera un investissement de 9 milliards de dollars.
Contrairement au programme de 3 200 MW où les financements étaient purement publics (budget de l’État et Sonelgaz), le programme restant nécessitera un appui financier international, précise la même source.
L’Algérie pourra ainsi recourir aux financements internationaux verts. En premier lieu, le Fonds vert pour le climat, qui subventionne les grands projets d’atténuation des changements climatiques (solaire, Barrage vert, etc.).
En second lieu, les banques multilatérales de développement comme la Banque africaine de développement et la Banque mondiale. Ces institutions financières internationales accordent des prêts concessionnels, c’est-à-dire à des taux d’intérêt modestes et avec de longues durées de remboursement.
Enfin, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), qui finance le transfert de technologies et le renforcement des capacités institutionnelles. Pour le GECA, le document dessine l’après-3 200 MW. Il ouvre le marché aux investissements directs étrangers et aux partenariats bilatéraux. Des coopérations bilatérales sont prévues, à l’instar de partenariats avec des entreprises d’Allemagne, d’Italie, de l’Union européenne et de la Chine.
Il est à rappeler que l’UE a annoncé qu’elle allait s’engager pour un volume de 25 milliards d’euros d’investissements en Afrique du Nord, principalement en Algérie, pour s’alimenter en électricité verte et en hydrogène vert.
Un appel aux investisseurs européens pour s’impliquer dans de grands projets de production d’énergie verte et d’interconnexions avec l’Europe en Afrique du Nord a été lancé récemment.
Le cluster GECA préconise également des instruments financiers domestiques, notamment des obligations vertes.
Une feuille de route à destination des acteurs nationaux dans les domaines des énergies renouvelables
Il suggère de réorienter une partie des revenus de Sonatrach vers le financement d’infrastructures d’énergies renouvelables (ENR) de substitution aux turbines à gaz. À l’appui, le cluster cite l’Égypte, qui a obtenu 10 milliards de dollars à travers la plateforme NWFE pour remplacer 10 000 MW de capacité de production de centrales thermiques.
L’Indonésie, de son côté, a obtenu 20 milliards de dollars des pays du G7 et de banques privées pour financer le remplacement des centrales à charbon et accélérer la transition énergétique.
Le cluster rappelle qu’un article de la loi de finances 2025 autorise le financement international pour des projets d’intérêt national. Les projets liés à la transition énergétique pourraient pleinement faire partie de cette catégorie. Le GECA recommande, enfin, une démarche pour l’Algérie en plusieurs étapes.
Première étape : solliciter les Nations Unies pour une assistance technique en vue de proposer des projets bancables, précis et intégrant une étude de faisabilité, l’intégration au réseau ainsi que le contenu local.
Seconde étape : créer une plateforme nationale de financement domestique (un guichet unique regroupant tous les projets prioritaires) qui servira de support à une table ronde internationale avec les grands bailleurs de fonds. Troisième étape : lancer un nouveau programme « Solar 3000 » de réalisation de centrales photovoltaïques de 3 000 MW.
K. R.




























