La Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC) vient d’enchaîner deux rendez-vous qui dessinent une même méthode, celle d’une lutte pilotée par l’évaluation. Lundi dernier, à Alger, la Commission nationale de suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale a examiné l’application des dispositions prévues au titre de 2025.
Hier, un communiqué de la HATPLC a annoncé que les chefs des équipes de recherche d’un laboratoire mixte avaient coordonné leurs travaux autour d’une étude exploratoire sur la perception de la corruption en Algérie.
La commission rassemble les institutions qui concourent à la stratégie. Placée sous la présidence du président par intérim de la Haute Autorité, M’hamed Djellaoui, elle a réuni des représentants du Conseil de la nation et de l’Assemblée populaire nationale (APN), un chargé de mission du Cabinet du Premier ministre, des représentants des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des Collectivités locales et de la Justice, ceux du Commandement de la Gendarmerie nationale, ainsi que le président de l’Inspection générale des finances et des cadres de la Haute Autorité.
Cette séance a couronné une série de réunions de sous-commissions, chacune chargée du suivi d’un des cinq objectifs de la stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption. Lancée officiellement le 15 juillet 2023 pour la période 2023-2027, celle-ci entre dans sa quatrième année de mise en œuvre. L’exercice 2025 a servi à mesurer les progrès accomplis et à examiner les difficultés constatées.
Les travaux ont porté sur l’état d’avancement des objectifs, les préoccupations des secteurs et des organes concernés, ainsi que sur les mécanismes propres à aplanir ces obstacles. La commission a mis l’accent sur le renforcement de la coordination et du suivi entre secteurs, ainsi que sur les solutions numériques.
La plateforme que la Haute Autorité a mise en place doit servir à suivre le déroulement de la stratégie et à évaluer ses résultats, afin de garantir l’exactitude des données et l’efficacité du suivi, et de combler les insuffisances relevées.
M. Djellaoui a souligné que «le suivi périodique et l’évaluation continue constituent une garantie essentielle de la réussite de la mise en œuvre de la stratégie nationale».
Il a insisté sur la poursuite de la coordination entre les acteurs et sur la mobilisation des moyens nécessaires, de façon à renforcer l’efficacité du dispositif national et à accompagner le processus de réformes que connaît l’Algérie en matière de transparence et de bonne gouvernance.
Mesurer la perception pour affiner l’action
Le second rendez-vous déplace le curseur de l’exécution vers la connaissance. Au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), les chefs des équipes de recherche du laboratoire mixte «Gouvernance, prévention et lutte contre la corruption» ont consacré leur séance à l’élaboration et à la réalisation d’une étude exploratoire sur la perception de la corruption en Algérie.
La réunion visait à renforcer la coopération scientifique et la recherche dans le domaine de la prévention, ainsi que les outils d’évaluation et de diagnostic destinés à nourrir les politiques publiques.
Les deux exercices se complètent : la commission de suivi consolide ce que les secteurs ont réalisé et l’étude de perception documentera la manière dont la corruption est ressentie. Mises en regard, ces deux lectures offriront une pierre de touche pour juger si les dispositions appliquées produisent l’effet recherché, et l’étude pourra corroborer, ou nuancer, les indicateurs d’exécution.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’outillage progressif de la Haute Autorité. Depuis juillet 2025, un numéro vert, le 1027, permet de dénoncer des actes de corruption, et la plateforme numérique de suivi doit servir à vérifier l’avancement de la stratégie.
Les signalements et les bilans sectoriels rendent compte de faits constatés et d’actions menées. L’étude de perception éclairera le ressenti, une dimension que ces deux instruments ne mesurent pas.
T. A. L.





























