Dans une démarche réglementaire inédite visant à encadrer l’usage des drones en Algérie, le ministère de la Défense nationale a publié un arrêté interministériel fixant avec précision les conditions et modalités d’homologation des systèmes de drones, qu’ils soient destinés à un usage récréatif, professionnel ou institutionnel.
Ce texte, paru dans le dernier numéro du Journal officiel, établit un cadre juridique complet renforçant le contrôle technique et sécuritaire de ces technologies sensibles.
Un centre national unique pour délivrer les autorisations
Selon l’arrêté, le Centre national spécialisé dans les systèmes de drones constitue l’unique autorité compétente habilitée à homologuer tout système de vol sans pilote sur le territoire algérien.
Cette disposition concerne aussi bien les drones de loisirs ou de compétition, que ceux utilisés à des fins professionnelles, ou encore dans des missions de sécurité, de secours et de lutte contre les incendies.
L’objectif affiché est de préserver la sécurité de l’espace aérien national et d’empêcher toute utilisation illégale, dans un contexte de forte expansion de ces appareils au cours des dernières années, tant dans le domaine civil qu’institutionnel.
Trois catégories de systèmes aéronautiques clairement définies
L’arrêté distingue trois grandes catégories de drones soumises à homologation :
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Catégorie 1 : drones destinés à des usages récréatifs et compétitifs.
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Catégorie 2 : systèmes conçus pour des usages professionnels ou particuliers, incluant les classes 1, 2 et 3.
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Catégorie 3 : drones appartenant à l’État, des classes 1 à 4, utilisés pour des missions de sécurité, de secours, d’assistance médicale ou de lutte contre les incendies.
Cette classification permet une réglementation différenciée selon la nature de l’activité et les risques associés, tout en assurant une conformité technologique et sécuritaire stricte pour chaque type d’appareil.
Un dossier technique obligatoire pour toute demande d’homologation
Toute personne physique ou morale souhaitant obtenir un certificat doit déposer un dossier complet auprès du centre national, comprenant notamment :
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Une copie de l’agrément ou de l’autorisation en cours de validité ;
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Un dossier technique détaillé incluant le manuel de vol, les instructions d’entretien et la certification de conformité ou de conception ;
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Des documents officiels émanant du pays d’origine ou du fabricant agréé, attestant la conformité du drone aux normes internationales.
Un accusé de réception officiel est délivré à chaque dépôt. Tout dossier incomplet est refusé dans un délai de 15 jours, tandis que le centre dispose de 60 jours pour émettre sa décision finale après évaluation technique.
Deux types de certificats d’homologation
L’arrêté distingue deux types de certificats d’homologation :
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Le certificat de type, délivré pour les drones produits en série et répondant à des spécifications normalisées ;
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Le certificat d’homologation limitée, réservé aux modèles expérimentaux ou conçus de manière non standardisée.
Chaque système homologué doit faire l’objet de tests techniques sur le terrain, pouvant être effectués sur le site même de l’appareil, afin de garantir le respect des normes de sécurité avant toute mise en service.
Des normes techniques strictes pour la sécurité et la défense
L’arrêté impose plusieurs exigences techniques obligatoires, parmi lesquelles :
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L’équipement du drone d’un système de géorepérage (Geofencing) empêchant l’accès aux zones interdites ;
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L’intégration d’un système d’identification électronique pour permettre sa traçabilité à distance ;
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Le respect des réglementations en matière de fréquences radio et de puissance d’émission ;
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L’obligation, pour les drones des catégories 2 et 3, d’être munis de feux lumineux conformes aux standards en vigueur, afin d’être identifiables lors de vols nocturnes.
Le centre national conserve le droit d’imposer des conditions supplémentaires lorsque les exigences de sécurité ou de défense nationale le justifient, notamment en cas de modifications non déclarées ou d’utilisation non autorisée.
Obligation de déclaration et contrôle permanent
Les détenteurs de drones doivent informer le centre national de toute restriction, suspension ou interdiction émise à l’encontre de leurs appareils dans le pays d’origine ou sur d’autres marchés, ainsi que de toute nouvelle information susceptible d’influencer l’évaluation technique du système.
En cas de refus d’homologation, une notification motivée et juridiquement justifiée est adressée au demandeur, assurant ainsi transparence et équité dans l’application des nouvelles règles.
Un cadre global pour protéger l’espace aérien algérien
L’article 22 de l’arrêté stipule que les entreprises publiques industrielles et commerciales relevant du ministère de la Défense nationale, et fabriquant des drones destinés à la commercialisation, sont soumises à un régime spécifique d’équivalence d’homologation délivré par le centre national.
Cette procédure leur confère un agrément officiel pour la mise sur le marché de leurs produits en Algérie.
Grâce à cette nouvelle réglementation, l’Algérie franchit une étape majeure dans la sécurisation de son espace aérien et l’encadrement du secteur des drones selon des normes légales et technologiques avancées, conciliant sécurité nationale et encouragement de l’innovation industrielle locale dans le domaine des systèmes aériens sans pilote.





























