Organisé par le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), à l’occasion de la clôture du projet européen NATAE (North african transition to agroecology), ce séminaire a mis en lumière les enjeux de la transition agroécologique en Afrique du Nord, notamment face aux effets du changement climatique et à la raréfaction des ressources en eau.
Les intervenants ont notamment insisté sur les bénéfices de cette approche en matière de protection de la biodiversité, de restauration des sols, d’atténuation des effets du changement climatique et de gestion durable des ressources naturelles.
Intervenant à cette occasion, Mme Karima Boudedja, chercheuse au CREAD et responsable au projet NATAE au Living Lab de Tizi Ouzou, a souligné que la transition agroécologique ne saurait se limiter à l’introduction de nouvelles techniques agricoles, mais nécessite une prise en compte des réalités locales, des ressources disponibles ainsi que des connaissances, des pratiques et des attentes des populations concernées.
Elle a également plaidé pour une approche participative, accompagnée d’un renforcement du soutien aux agriculteurs, relevant que certains d’entre eux adoptent déjà des pratiques agroécologiques et que des start-up commencent à investir ce créneau.
Mme Boudedja a, en outre, mis en avant l’intérêt des semences locales, citant les travaux d’universités et de centres de recherche spécialisés qui démontrent leur capacité d’adaptation aux effets du changement climatique, notamment en situation de stress hydrique, de hausse des températures et de propagation de maladies.
De son côté, la sous-directrice de l’agriculture biologique et de la labellisation au ministère de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche, Naima Bouras, a mis en avant les efforts engagés pour soutenir l’agriculture biologique et promouvoir les semences paysannes.
Elle a précisé que les actions du ministère en faveur de l’agriculture biologique, des semences locales et des produits du terroir convergent vers les principes de l’agroécologie, ajoutant que ces derniers ont récemment été intégrés dans le cadre de la modification de la loi d’orientation agricole, afin de leur donner une assise réglementaire explicite.
"Nous défendons les démarches de l’agroécologie et nous veillons à les suivre afin qu’elles puissent se concrétiser et être menées à bien", a-t-elle affirmé.
Pour sa part, Amel Bouzid, directrice de recherche et responsable de la division "Agriculture, territoire et environnement' au CREAD, a estimé que l’agroécologie ne pouvait être conçue selon un modèle uniforme ni imposée indistinctement, chaque territoire étant confronté à des défis climatiques et socio-économiques qui lui sont propres.
Un film consacré à l’expérience du Living Lab de Tizi Ouzou a été projeté à cette occasion, illustrant une démarche territoriale mobilisant plusieurs acteurs autour de la transition agroécologique en milieu montagneux.
Pour rappel, le projet NATAE (2022-2026), soutenu par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon Europe, vise à favoriser la transition agroécologique en Afrique du Nord.





























