En effet, cette évolution intervient dans un contexte régional marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des marchés énergétiques et les incertitudes pesant sur les perspectives économiques.
Selon la même source, l’activité économique en Algérie bénéficie notamment de la hausse des prix des hydrocarbures et d’une progression modérée de la production de pétrole et de gaz. Toutefois, le ralentissement de la demande intérieure et des investissements constitue un facteur de limitation de la croissance.
D’ailleurs, pour l’année prochaine, la BM prévoit un ralentissement de la croissance à 3,4 % en 2027. Cette légère décroissance est due notamment, explique la même source, à la stabilisation de la production d’hydrocarbures et à une orientation moins expansionniste de la politique budgétaire.
Ces perspectives soulignent l’importance de consolider les moteurs de croissance et de renforcer la capacité de l’économie nationale à faire face aux fluctuations des marchés internationaux.
À l’échelle régionale, les perspectives de croissance restent fortement différenciées. Les économies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), particulièrement exposées aux perturbations liées à la fermeture du détroit d’Ormuz et à la baisse des volumes d’exportation d’hydrocarbures, devraient enregistrer une contraction moyenne de 4,3 % en 2026.
À l’inverse, les pays importateurs de pétrole apparaissent plus résilients, avec une croissance qui devrait atteindre 4,3 % cette année, contre 3,9 % en 2025.
Cette situation distingue notamment l’Algérie des principaux exportateurs du Golfe. Contrairement à ces derniers, l’Algérie bénéficie de la hausse des prix des hydrocarbures sans être directement exposée aux perturbations du détroit d’Ormuz, ce qui contribue à soutenir son activité économique.
Au sein du Golfe, l’impact du choc est particulièrement marqué, alors que les économies de la région sont également confrontées aux répercussions sur le tourisme, l’aviation, la logistique et les échanges commerciaux.
Une croissance de 4,01% selon le gouvernement
Il est à rappeler que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait affirmé la semaine dernière que le taux de croissance de l’économie nationale dépasse 4,01 %, tout en soulignant que les prévisions des institutions financières internationales ne reflètent pas pleinement la réalité économique de l’Algérie, faute de disposer de toutes les données.
Lors de sa rencontre périodique avec les représentants de la presse nationale, le Président a rassuré sur la situation de l’économie nationale, tout en mettant en avant les efforts engagés pour consolider les équilibres économiques, réduire la facture des importations et renforcer les revenus hors hydrocarbures.
Abdelmadjid Tebboune avait, en réponse à la prévision du FMI évoquant un éventuel effondrement des réserves de change à 19 milliards de dollars d’ici 2031, relevé que les institutions financières internationales ne disposent pas de l’ensemble des données relatives à l’économie algérienne, estimant que leurs prévisions ne reflètent donc pas avec précision la situation économique nationale.
S’agissant des réserves de change, le président de la République a affirmé qu’elles seront à un niveau élevé à l’horizon 2031, en mettant en avant les efforts déployés pour consolider les ressources financières du pays et renforcer les revenus provenant des secteurs hors hydrocarbures.
L’objectif, a-t-il expliqué, dépasse la seule question des devises et s’inscrit dans une démarche visant à conforter l’indépendance économique du pays.
L’intelligence artificielle, un levier de productivité
Outre les perspectives macroéconomiques, le rapport examine le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) dans la transformation des économies de la région.
La Banque mondiale estime que cette technologie pourrait améliorer la productivité dans 13 à 20 % des emplois de la région MENAAP, tandis que moins de 10 % des emplois seraient exposés à un risque d’automatisation à court terme.
Le rapport identifie trois principaux défis pour tirer pleinement profit de l’IA : l’adaptation des outils aux besoins locaux, l’élargissement de leur utilisation et le renforcement des capacités humaines et des infrastructures physiques et numériques.
L’Algérie figure dans plusieurs comparaisons régionales portant notamment sur la préparation à l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, les compétences recherchées sur le marché du travail et les talents spécialisés en ingénierie de l’IA. Toutefois, ces données comparatives ne constituent pas, à elles seules, une évaluation détaillée des performances nationales.
Dans ce contexte, le développement des compétences numériques, l’amélioration des infrastructures et l’intégration des nouvelles technologies dans les activités productives représentent des pistes pour soutenir la productivité et favoriser la diversification économique.
Ces orientations constituent des enjeux importants pour accompagner la croissance à moyen terme, au-delà des performances du secteur des hydrocarbures.
H. O.





























