Si la destination algérienne bénéficie d’un avantage marqué en matière de compétitivité des prix, plusieurs indicateurs montrent encore des marges importantes de progression en matière d’ouverture internationale, d’infrastructures, de ressources humaines et de durabilité. En effet, la performance de l’Algérie s’inscrit dans une tendance d’amélioration progressive.
Sa note est passée de 3,40 points en 2024 à 3,52 points en 2026, soit une progression de 3,6%. Sur la même période, la hausse moyenne a atteint 2,5% dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, contre 2,1% au niveau mondial. Sur la base de la méthodologie révisée du WEF, l’Algérie gagne ainsi quatre places dans le classement comparable.
Depuis 2019, sa note a progressé d’environ 6,1%, témoignant d’une amélioration graduelle de son environnement touristique. À l’échelle arabe, l’Algérie occupe toutefois la 11e position parmi les économies étudiées, avec un écart très réduit par rapport au Koweït, qui affiche 3,53 points.
Le principal avantage de la destination algérienne selon l’indice en question reste sa compétitivité tarifaire. Avec une note de 5,81 points, l’Algérie se classe au 8e rang mondial dans cette catégorie. Le pays affiche également une performance relativement solide en matière de sécurité et de sûreté, avec 6,14 points et une 36e place mondiale.
L’impact socio-économique du tourisme constitue un autre indicateur favorable, avec une 44e position. Mais cette attractivité en matière de coûts ne se traduit pas encore pleinement par une forte captation de la demande internationale.
Les dépenses touristiques intérieures représentent ainsi 98% des dépenses touristiques nationales, illustrant le poids prépondérant du marché domestique. Le secteur pèse actuellement autour de 2,1% du PIB et de l’emploi, tandis que sa contribution directe est estimée à 5,86 milliards de dollars, pour environ 267.000 emplois.
L’ouverture internationale reste le principal défi
Le contraste est particulièrement visible sur le volet de l’ouverture. Avec seulement 2,47 points, l’Algérie se classe au 107e rang mondial. Cette dimension prend notamment en compte les facilités d’accès, les politiques de visas et la connectivité aérienne.
Les ressources humaines constituent également un point de faiblesse, avec une 102e place mondiale, tandis que l’environnement des affaires positionne le pays au 98e rang. L’Algérie arrive par ailleurs au 100e rang concernant la priorité accordée au tourisme.
Ces résultats soulignent un enjeu économique majeur : la compétitivité d’une destination ne dépend pas uniquement de ses prix, mais aussi de sa capacité à faciliter l’arrivée des visiteurs, améliorer les services et attirer les investissements.
L’Algérie obtient 2,91 points dans le domaine des infrastructures et services touristiques, pour une 76e place mondiale. Le transport aérien ainsi que les infrastructures terrestres et portuaires demeurent notamment perfectibles. Le potentiel culturel et naturel reste lui aussi à mieux valoriser. L’Algérie occupe la 45e place pour les ressources culturelles et la 70e pour les ressources naturelles.
Ces résultats mesurent toutefois moins l’existence du patrimoine que la capacité à le transformer en offres touristiques accessibles, commercialisables et génératrices de revenus. La question environnementale constitue enfin l’un des principaux défis.
L’Algérie obtient 3,89 points pour la durabilité, mais se classe seulement au 108e rang sur 110 pour la durabilité environnementale.
L’enjeu est donc désormais de convertir les atouts existants en retombées économiques plus importantes. Cela passe notamment par une meilleure accessibilité internationale, le développement des infrastructures, la montée en compétences des professionnels et une valorisation plus structurée des ressources naturelles et culturelles.
Fondé sur 102 variables réparties en 17 dimensions et cinq grands piliers, l’indice du WEF évalue l’environnement permettant au tourisme de se développer, au-delà du seul nombre de visiteurs.
Pour l’Algérie, la progression enregistrée en 2026 constitue ainsi une avancée, mais le défi reste de transformer son avantage-prix et son potentiel touristique en davantage de visiteurs étrangers, de recettes, d’investissements et d’emplois.
K. B.





























