La Direction locale des services agricoles (DSA) vient d’annoncer le lancement imminent d’un méga-projet portant sur la création d’un périmètre agricole de 15.000 hectares entièrement dédié aux investisseurs.
Cette initiative d’envergure ne se contente pas d’étendre les surfaces cultivables, elle ambitionne de restructurer en profondeur le modèle économique de cette région hyper-aride en misant sur l’innovation, la modernisation des concessions et le développement ciblé de cultures stratégiques à haute valeur ajoutée.
Le guichet numérique ouvert
Pour concrétiser cette transition d’échelle, les autorités algériennes ont choisi de rompre définitivement avec les lourdeurs bureaucratiques du passé. L’accès à ce nouveau périmètre de 15.000 hectares sera entièrement géré via la plateforme numérique de l’Office national des terres agricoles (ONTA).
Ce dispositif technologique garantit une transparence totale et une célérité inédite dans l’étude des dossiers, permettant aux investisseurs nationaux et internationaux de postuler en quelques clics.
Selon Abdelaziz Zenigla, directeur des services agricoles de la wilaya, cette dématérialisation représente un levier d’attractivité majeur. Elle offre aux porteurs de projets une visibilité claire sur le foncier disponible tout en sécurisant leurs investissements juridiquement et administrativement.
En facilitant l’installation de ces exploitants, la wilaya espère attirer des capitaux modernes capables d’introduire des technologies d’irrigation économes en eau, une ressource précieuse et minutieusement gérée dans le Grand Sud.
Ce renouveau technique devrait ouvrir des perspectives inédites pour le potentiel productif local, transformant des étendues désertiques en plaines fertiles hautement productives.
Le pari de l’agro-industrie
L’autre pilier fondamental de cette stratégie réside dans l’intégration verticale de la chaîne de valeur, une orientation économique cruciale pour éviter les écueils des surproductions saisonnières. Parallèlement à l’extension des surfaces céréalières, la direction des services agricoles a engagé des démarches concrètes pour implanter des périmètres exclusivement dédiés à la tomate industrielle.
Ce choix stratégique s’accompagne d’un projet ambitieux de réalisation d’une unité industrielle de transformation sur place. Jusqu’à présent, les agriculteurs du Sud souffraient régulièrement de l’éloignement des centres de traitement du Nord, ce qui entraînait des pertes post-récolte considérables et décourageait les initiatives.
En construisant une usine de transformation au cœur même d’In-Salah, l’État garantit aux producteurs un débouché immédiat et stable pour leurs récoltes.
Cette synergie parfaite entre production agricole et transformation industrielle permettra non seulement d’absorber l’intégralité des excédents, mais aussi de générer une forte valeur ajoutée locale, de stabiliser les prix sur le marché national et de créer des dizaines d’emplois pour la jeunesse de la région.
Cap sur la souveraineté alimentaire nationale
Au-delà des impacts économiques régionaux, ce déploiement à In-Salah s’inscrit en droite ligne dans la feuille de route du gouvernement algérien visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire.
Les cultures stratégiques, au premier rang desquelles la céréaliculture, bénéficient ici de conditions géologiques et climatiques uniques, caractérisées par un ensoleillement exceptionnel propice à des rendements élevés, sous réserve d’une gestion rigoureuse des ressources hydriques.
En diversifiant la production et en maximisant le potentiel des sols sahariens, In-Salah participe activement à la réduction de la facture d’importation de produits de large consommation. Le développement conjoint de la tomate industrielle et du blé démontre que le Sahara n’est plus une barrière stérile, mais bien la nouvelle frontière agricole de l’Algérie.
À travers ce programme d’envergure, la wilaya d’In-Salah valorise durablement ses ressources naturelles et confirme son statut de pilier émergent de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire du pays.
R. R.
Le défi de l’eau en zone aride
La mise en valeur de 15.000 hectares à In-Salah repose entièrement sur l’équation hydrique. En plein cœur du Sahara, l’extension des cultures de blé et de tomate industrielle exige une gestion millimétrée des ressources en eau, tirées principalement des nappes albiennes profondes. Pour éviter le gaspillage, la Direction des services agricoles conditionne l’octroi des terres à l’adoption de technologies d’irrigation modernes. Les investisseurs devront déployer des systèmes de goutte-à-goutte intelligents et des pivots économes. Ce modèle d’agriculture de précision est indispensable pour maximiser les rendements agricoles tout en préservant durablement les réserves souterraines pour les générations futures.
L’ONTA mise sur le tout-numérique
L’Office national des terres agricoles (ONTA) s’impose comme le pivot de la modernisation foncière en Algérie. À travers sa plateforme numérique, l’organisme casse les codes de la bureaucratie traditionnelle en digitalisant l’accès aux concessions. Ce guichet unique virtuel permet aux investisseurs de consulter la disponibilité des terres en temps réel, de soumettre leurs dossiers en ligne et de suivre l’évolution de leur demande en toute transparence. Ce choix technologique réduit drastiquement les délais d’attribution, sécurise les transactions juridiques et élimine les intermédiaires. C’est un signal fort envoyé aux porteurs de projets nationaux et internationaux, invités à s’engager rapidement dans la mise en valeur des sols sahariens.




























