L’enquête du département du Commerce extérieur a mis à nu des opérations présumées frauduleuses dans les circuits de l’importation, contraignant les services de ce ministère à approfondir l’enquête et à mener un audit pour séparer le grain de l’ivraie, confirmer l’étendue des infractions aux règles du commerce extérieur et les distinguer des opérations d’importation respectueuses du cadre réglementaire qui régit le commerce extérieur.
L’enveloppe demandée — 130 milliards de dollars — par des opérateurs qui généralement emploient de 0 à 5 salariés justifie l’approfondissement de l’enquête. Des entreprises employant 0 à 2 salariés ont demandé une enveloppe de 100 milliards de dollars selon les résultats de l’enquête du ministère du Commerce.
Il s’agit de besoins exprimés par ces petites sociétés affichées sur la plateforme prévisionnelle PPI pour le second semestre concernant l’importation de matières premières, d’intrants et d’équipements.
Cette enquête, rappelons-le, a identifié des sociétés fictives et des centaines d’opérateurs fournissant de fausses informations sur le lieu de leur siège ou de leur unité de production.
Pour approfondir cette enquête, ce même ministère a décidé de mener un audit en coordination avec les secteurs concernés pour vérifier la conformité des quantités et des valeurs demandées avec la nature de l’activité, les capacités réelles de production, le nombre de travailleurs déclarés, le volume importé de matières premières, d’intrants et d’équipements enregistré le premier semestre 2026 et les années précédentes.
On a vraisemblablement affaire à une faune de pseudo-traders qui parasitent la fluidité du commerce extérieur et génèrent des pressions sur les réserves en devises, dans un contexte de hausse des importations due à un dynamisme de l’économie et aux besoins importants des grands projets structurants, notamment dans le ferroviaire et les mines.
Cette situation, qui pèse sur les équilibres macroéconomiques du pays, oblige nos gouvernants à vouloir maintenir les importations à la barre des 40 milliards de dollars à travers la compression des importations via une gestion administrative du commerce extérieur, traduite par les programmes prévisionnels d’importation semestriels arrêtés par le ministère du Commerce extérieur après l’expression des besoins des importateurs.
L’apparition de pseudo-traders dans les circuits des importations n’est pas un phénomène nouveau. Pendant la première décennie 2000, des opérateurs locaux dénonçaient déjà la présence de traders étrangers dans les circuits du commerce extérieur dont les opérations violaient la réglementation en matière de commerce extérieur en vigueur dans le pays.
Plusieurs experts préconisent la régulation au lieu de la gestion administrée du commerce extérieur
Durant ces dernières années, on a assisté à l’assainissement de la liste des importateurs ramenée de 43.000 à 14.000 importateurs. Mais le phénomène de fraude à large échelle persiste.
Le chef de l’État, dans sa dernière entrevue avec la presse, a relevé qu’on est passé de la généralisation de la surfacturation à celle de la sous-facturation. Cette dernière est une forme d’évasion fiscale. Le président de la République a rappelé qu’avec la numérisation, ces opérations de fraude seront limitées.
C’est d’ailleurs avec l’utilisation de l’intelligence artificielle que ces mouvements de fraude ont été identifiés, selon le ministère du Commerce extérieur.
Mais n’occultons pas que la gestion administrée du commerce extérieur a entraîné des difficultés d’approvisionnement selon des producteurs. Plusieurs experts préconisent la régulation du commerce extérieur au lieu de sa gestion administrée. Parmi les instruments de la régulation, la fiscalité.
En clair, il convient d’administrer des droits de douane élevés pour les produits importés pour protéger l’industrie locale orientée vers la substitution des importations et l’intégration de l’appareil de production ou couvrant les besoins du pays en biens et services.
K. R.



























