Selon les données de la plateforme «Attaqa», ces exportations, totalisant un volume de 3,4 millions de barils, interviennent dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, liées à la guerre en Iran.
Ce conflit, qui perdure encore, a entraîné des perturbations majeures sur les routes maritimes, notamment au niveau du détroit d’Ormuz, où environ 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers transitaient chaque jour avant la crise, représentant près d’un quart (25 %) du commerce mondial de pétrole par voie maritime. Il représente aussi une part majeure des flux mondiaux de GNL (notamment en provenance du Qatar).
À la suite de cela, de nombreux pays ont été contraints de chercher de nouveaux fournisseurs, comme l’Algérie, qui n’a «de problème avec personne» et ne prend pas part aux crises locales, agissant en pays responsable pour favoriser la stabilité, comme l’avait souligné le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans une déclaration à la presse nationale. Cette position a permis à l’Algérie de répondre à ces demandes urgentes sur le marché international des hydrocarbures.
Dans le détail, le pays a exporté neuf cargaisons pétrolières «inhabituelles», dont deux ont été destinées à un même pays, tandis que trois ont été acheminées vers des pays arabes.
3,37 millions de barils exportés vers huit pays
Ainsi, Oman a importé environ 1,4 million de barils de produits pétroliers algériens en septembre 2026. Il s’agit de la deuxième cargaison de ce type depuis de nombreuses années, après une petite expédition en décembre 2025, la première enregistrée depuis au moins 2017.
L’Indonésie arrive en deuxième position, avec deux cargaisons inhabituelles totalisant 960 000 barils : une première de 199 000 barils en avril, suivie d’une seconde de 761 000 barils en août. Ces expéditions constituent les premières depuis juin 2022.
Les États-Unis ont également réceptionné une cargaison de produits pétroliers algériens de plus de 313 000 barils en août 2026, la première depuis mars 2023. La liste comprend également la Bulgarie, qui a reçu une cargaison de plus de 256 000 barils en mai dernier, une première depuis septembre 2020.
La Libye figure aussi parmi les destinations, après avoir réceptionné une cargaison d’essence de 251 000 barils en avril dernier, pour la première fois depuis octobre 2024.
Taïwan a, pour sa part, reçu une cargaison exceptionnelle de produits pétroliers algériens de 124 000 barils en septembre 2026, une première depuis juillet 2023. Une cargaison de plus petite taille, dépassant 44 000 barils, a été acheminée vers l’Égypte en juin 2026, pour la première fois depuis avril 2020.
Enfin, conclut la même source, la Guinée a réceptionné, en juillet dernier, une cargaison exceptionnelle de plus de 24 000 barils, la première depuis janvier 2021.
Les principaux clients de l’Algérie
Selon la plateforme «Attaqa», basée à Washington, la moyenne des exportations algériennes de produits pétroliers s’est établie à près de 298 000 barils par jour au cours des neuf premiers mois de l’année, en baisse de 4% par rapport aux 310 000 barils par jour enregistrés durant la même période de 2025.
La Corée du Sud arrive en tête des principaux pays importateurs de produits pétroliers algériens, malgré le recul de ses importations moyennes à 61 000 barils par jour entre janvier et septembre 2026, contre 86 000 barils par jour durant la même période de 2025.
Les États-Unis occupent la deuxième place, avec des importations moyennes de 58 000 barils par jour au cours de la période considérée, contre 63 000 barils par jour durant la même période de l’année de comparaison.
Le Japon arrive en troisième position, avec des importations de 28 000 barils par jour entre janvier et fin septembre 2026. La Belgique se classe au quatrième rang, avec des importations de 26 000 barils par jour au cours des neuf premiers mois de l’année, contre 22 000 barils par jour durant la même période de 2025.
Enfin, la France occupe la cinquième place, avec des importations de produits pétroliers algériens de 19 000 barils par jour, contre une moyenne de 16 000 barils par jour durant la même période de l’année précédente.
En somme, malgré le recul de 4% de ses exportations moyennes de produits pétroliers au cours des neuf premiers mois de 2026, l’Algérie parvient à diversifier ses débouchés et à répondre à de nouvelles demandes sur le marché international.
Ces expéditions vers huit pays illustrent les opportunités offertes par la diversification des partenariats commerciaux, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des routes maritimes stratégiques.
H. O.



























