«La spécialisation doit permettre d’améliorer la performance opérationnelle, de réduire les temps d’attente et d’améliorer la qualité du service», a expliqué Ali Boulaâras, en évoquant les nouvelles orientations relatives à l’organisation du réseau portuaire.
Dans ce cadre, il a cité le port de Mostaganem, qui doit être orienté davantage vers la prise en charge des opérations liées aux entreprises et organismes publics. Cette spécialisation s’accompagnera d’une feuille de route portant sur le développement, la réhabilitation et l’équipement du port.
Le choix de Mostaganem tient notamment, selon le responsable, à son important hinterland dans l’ouest du pays et à sa connexion aux réseaux routier et ferroviaire. L’objectif est de mieux intégrer le port dans son environnement économique régional et de lui permettre de jouer un rôle accru dans l’acheminement des marchandises.
Annaba : un projet stratégique pour la filière des phosphates
Le projet d’extension du port d’Annaba illustre également cette logique d’adaptation des infrastructures aux besoins des filières économiques. Destiné notamment à accompagner le développement de la filière des phosphates, le projet prévoit un quai de 1.600 mètres linéaires, des profondeurs pouvant atteindre 16 mètres et une superficie de 82 hectares.
Une liaison ferroviaire avec Djebel Hadba est également prévue afin d’assurer l’acheminement des produits vers l’infrastructure portuaire. Selon Ali Boulaâras, les travaux ont été accélérés et la réception du projet est prévue pour mars 2027, avec une capacité supplémentaire estimée entre 8 et 10 millions de tonnes.
L’enjeu est double : augmenter les capacités d’exportation tout en assurant une évacuation plus fluide des marchandises grâce à l’articulation entre le port et le réseau ferroviaire.
Du port au corridor logistique
Dans cette même logique, SERPORT travaille à renforcer l’interconnexion entre les ports, le rail et la route. Ali Boulaâras a évoqué le développement de trois corridors logistiques, au centre, à l’est et à l’ouest du pays.
L’objectif est de dépasser une approche limitée au seul fonctionnement du port pour construire une chaîne logistique intégrée, capable de réduire les temps de transport et de passage des marchandises.
Les ports d’Annaba, Djen-Djen et Oran doivent notamment contribuer à cette stratégie, avec l’ambition affichée de renforcer la position de l’Algérie comme plateforme logistique entre la Méditerranée et l’Afrique.
En somme, la réduction des délais, l’amélioration du taux d’occupation des terminaux, la modernisation des équipements, la digitalisation et la spécialisation doivent fonctionner comme des leviers complémentaires.
H. O.




























