Défiant les espoirs du gouvernement de voir les vacances d'automne apaiser la colère des lycéens et freiner la dynamique de contestation, les organisateurs maintiennent leur mobilisation et entendent accentuer la pression pour obtenir des réponses à leurs revendications, portant notamment sur l'amélioration des conditions d'études.
Depuis le lancement de cette mobilisation, le 17 septembre dernier, les lycéens réclament une amélioration des conditions d'apprentissage, la suppression du système de sélection via la plateforme d'orientation universitaire "Parcoursup", ainsi que l'adoption d'un plan de financement de 10 milliards d'euros en faveur des lycées.
Sur le terrain, les tensions se sont illustrées à Bordeaux, où un incendie qui s'est déclaré dans des conteneurs à ordures devant un lycée s'est propagé à la façade et au rez-de-chaussée de l'établissement, selon la police.
A Amiens, une soixantaine de personnes ont forcé l'entrée du pôle universitaire "Jules-Verne" avant de se retrancher à l'intérieur du bâtiment.
Les syndicats étudiants et lycéens ont rejeté les affirmations du gouvernement faisant état d'un essoufflement du mouvement à l'approche des vacances d'automne. Et face à cette situation, les appels à poursuivre les blocages et à renforcer la mobilisation se multiplient.
Le président de l'Union syndicale lycéenne, Riyad Rani, a appelé à poursuivre les opérations de blocage des établissements scolaires et à rejoindre la manifestation prévue samedi prochain contre la hausse du coût de la vie.
"Le mouvement monte en puissance et il existe un véritable rapprochement entre les différentes mobilisations", a-t-il déclaré.
Les représentants des lycéens doivent rencontrer jeudi les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur afin de présenter leurs revendications, alors que les incidents liés aux manifestations avaient déjà suscité la réaction de plusieurs organisations de défense des droits humains suite aux violences policières.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) avait également exprimé vendredi dernier sa préoccupation face à ces incidents, appelant à éviter "tout recours disproportionné à la force par les forces de l'ordre".
Dans un communiqué commun, la Ligue des droits de l'homme (LDH), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont dénoncé la réponse policière brutale aux mobilisations lycéennes, estimant qu'elle portait atteinte aux droits des manifestants.
Les appels à relancer le mouvement des "gilets jaunes", sur fond de hausse des prix des carburants, se multiplient également.
De leur côté, les syndicats de travailleurs ont appelé à des mobilisations et à des grèves le 5 novembre prochain pour rejeter le projet de budget 2027, défendre l'emploi et réclamer des augmentations de salaires, à quelque mois de l'élection présidentielle.
Au-delà des revendications liées à l'éducation, la mobilisation met en lumière un malaise plus profond autour des moyens consacrés aux services publics, de l'égalité des chances et des perspectives offertes à la jeunesse.
Le pays s'enfonce ainsi dans une grave crise économique et sociale, marquée par une dégradation des finances publiques et de profondes divergences politiques.




























