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Fortune Tahkout dissimulée : un gérant de bureau d'études jugé pour blanchiment d'argent

Fortune Tahkout dissimulée : un gérant de bureau d'études jugé pour blanchiment d'argent

  • Le gérant d'un bureau d'études comparaîtra le 19 octobre pour la dissimulation de biens de la famille Tahkout et blanchiment d'argent.
  • L'audience a été reportée à la demande de la défense qui a sollicité un délai supplémentaire auprès du juge.
  • Le prévenu et plusieurs coaccusés sont soupçonnés d'avoir organisé la sortie illégale de capitaux issus de la corruption vers l'étranger.
  • Le principal mis en cause aurait notamment fait transiter des fonds vers la Suisse puis vers l'Espagne selon l'enquête.
  • Les qualifications retenues incluent le blanchiment de capitaux en bande organisée, la dissimulation de revenus et le trafic d'influence.

Le magistrat du pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption économique et financière, près le tribunal de Sidi M’hamed, a fixé la date du 19 octobre pour examiner le dossier visant le gérant d’un bureau d’études identifié par les initiales (S.N.).

Cet homme, toujours sous mandat de dépôt, répondra d’accusations particulièrement lourdes liées à la dissimulation des biens appartenant à la famille Tahkout et au blanchiment d’argent, rapporte le média Ennahar. L’audience initialement prévue n’a pas pu se tenir sur le fond. En effet, la défense a sollicité un délai supplémentaire, requête à laquelle le juge a accédé.

Le scénario est désormais familier au pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed. Les conseils des prévenus ont réclamé du temps. Par conséquent, l’examen au fond a été repoussé, et une nouvelle date a été arrêtée. Aucun débat n’a donc porté sur la substance des faits reprochés.

Des avoirs issus de la corruption transférés hors du pays

L’instruction a été menée par le juge de la troisième chambre du pôle économique et financier. Selon la même source, le gérant du bureau d’études et plusieurs coaccusés ont organisé la sortie illégale de capitaux issus d’infractions de corruption, au profit du clan Tahkout. En outre, des sommes considérables ont été transférées à l’étranger par des circuits opaques.

Le dossier n’est pas né de nulle part. En avril dernier, la justice avait déjà programmé l’examen d’une affaire portant sur le transfert de milliards de dinars appartenant à l’homme d’affaires incarcéré. Ces fonds ont été récupérés par des investisseurs privés puis recyclés dans la pierre à l’étranger. Le principal mis en cause y figurait déjà. Il aurait reçu 35 milliards de centimes pour une étude relative à un vaste projet. Ce chantier a été gelé après l’arrestation de Mahieddine Tahkout. Plutôt que de restituer cette manne à la justice, il l’aurait fait transiter vers la Suisse. Ensuite, il aurait transféré cet argent vers l’Espagne.

Blanchiment en bande organisée et trafic d’influence au menu

Les qualifications retenues par le parquet s’appuient sur la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Figurent en tête le blanchiment de capitaux et de produits criminels commis au sein d’une bande organisée. Cet acte a été réalisé avec usage des facilités offertes par une activité professionnelle. Cette circonstance aggravante vise directement le statut de gérant de bureau d’études du principal accusé.

S’y ajoutent la dissimulation, totale ou partielle, de revenus tirés d’infractions de corruption, ainsi que le trafic d’influence. Cette dernière qualification couvre l’octroi, la promesse ou la sollicitation d’avantages indus. Cela se fait directement ou par personne interposée. Ainsi, on vise à pousser des agents publics ou des tiers à monnayer leur influence réelle ou supposée.

Le volet blanchiment proprement dit est détaillé avec précision dans l’acte d’accusation : conversion, déplacement et camouflage de biens, maquillage de leur nature véritable, de leur provenance, de leur localisation et des droits qui s’y rattachent. Autant d’opérations destinées à brouiller la traçabilité des fonds.

Un empire judiciaire qui continue de s’effriter

Le nom de Tahkout alimente les prétoires algériens depuis plusieurs années, et les ramifications ne cessent de s’étendre. En mai dernier, l’homme d’affaires détenu à El Meniaâ a comparu dans une procédure distincte évoquant des comptes bancaires et des biens immobiliers situés en Suisse. À la barre, il avait balayé l’ensemble des charges. Il contestait notamment l’existence d’un compte crédité de plus d’un milliard d’euros.

La famille n’est pas épargnée non plus. Fin avril, une manœuvre visant à écouler une villa de Dar El Beïda placée sous saisie judiciaire depuis 2023 a valu de nouvelles poursuites à Azzedine Tahkout, frère de l’homme d’affaires. De plus, des pots-de-vin pouvant atteindre 500 millions de centimes avaient été évoqués par les enquêteurs.

Le rendez-vous du 19 octobre s’annonce donc comme une étape supplémentaire dans la reconstitution d’un patrimoine éclaté entre plusieurs juridictions et plusieurs pays. Reste à savoir si les débats pourront enfin s’engager sur le fond, ou si un nouveau renvoi viendra allonger la procédure.

Source : Algérie 360

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