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FIFA : La crise dépasse le départ de Gianni Infantino

FIFA : La crise dépasse le départ de Gianni Infantino

  • Des chercheurs et acteurs du football international critiquent le système de gouvernance de la FIFA.
  • L'ONG FairSquare estime que les dérives de l'instance sont anciennes et profondément enracinées.
  • Les revenus de la FIFA sont passés de 6,4 milliards de dollars à environ 13 milliards.
  • Ali Bin Al-Hussein dénonce un chantage lié au soutien financier de sa fédération jordanienne.
  • Le débat doit désormais porter sur le contrôle du pouvoir et non seulement sur Infantino.

Le débat sur la FIFA ne se résume plus en majorité au départ de Gianni Infantino. Des chercheurs et des acteurs du football international mettent désormais en cause un système de gouvernance qui, selon eux, dépasse largement la personnalité de celui qui l’occupe. Le séisme provoqué par le projet de filiale commerciale de la FIFA est peut-être passé. Mais les répliques, elles, continuent. Et elles changent de nature.

Au-delà des oppositions à Gianni Infantino, une autre question commence à s’imposer : le problème est-il l’homme ou le système qui lui permet d’exercer son pouvoir ? Pour l’ONG FairSquare et plusieurs spécialistes de la gouvernance sportive, la réponse est claire. Les dérives de la FIFA sont anciennes et profondément enracinées. Infantino n’en serait pas l’origine, mais il a favorisé et amélioré davantage la dépendance.

Sur le papier, la règle est démocratique : 211 fédérations, une nation, une voix. Mais cette égalité politique peut être fragilisée lorsque certaines fédérations dépendent financièrement de l’instance mondiale. C’est là que se situe le cœur du problème. Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Les revenus de la FIFA sont passés de 6,4 milliards de dollars sur le cycle 2015-2018 à environ 13 milliards sur 2023-2026.

Plus d’argent, donc plus de moyens d’influence. C’est précisément sur ce terrain que la maison de Zurich a joué. Le témoignage d’Ali Bin Al-Hussein, président de la Fédération jordanienne, est à cet égard particulièrement lourd. Il affirme avoir été approché et que le soutien à Infantino lui aurait été présenté comme susceptible de faciliter l’aide à sa fédération. Il parle de «chantage». Une constatation qui dépasse le simple affrontement électoral.

Voilà pourquoi en somme, le débat sur la FIFA mérite de dépasser la seule personne d’Infantino. Le football mondial n’a pas seulement besoin de savoir qui le dirige. Il doit aussi savoir comment ce pouvoir est contrôlé.

– AB. LAHOUARI

Source : Foot Afrique

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