Dans une lettre adressée aux 211 fédérations, le président de la FIFA, Gianni Infantino propose une concertation «directe, structurée et limitée dans le temps» sur la gouvernance de la FIFA. Une main tendue qui ressemble fort à une tentative de reprendre la main.
Aurait-il compris que le vent est en train de tourner après son échec du projet FIFA Forward Enterprise ? Mieux encore il se dit prêt à soumettre au Conseil l’idée d’une évaluation externe et indépendante du cadre de gouvernance de la FIFA concernant les grandes initiatives stratégiques. Mais, il affirme rester «pleinement engagé» à diriger la FIFA.
Pendant des mois, le président de la FIFA a donné l’image d’un dirigeant qui avançait avec ses propres projets. Aujourd’hui, il invite les confédérations, les fédérations et les parties prenantes à discuter des règles du pouvoir. Une évolution qui intervient à la suite des critiques de l’UEFA, de la Concacaf et de l’AFC qui appellent à son départ.
La question n’est donc plus seulement celle d’une réforme. Elle est aussi celle du pouvoir. Car cette consultation intervient à quelques mois du Congrès électif de mars 2027. Le Conseil doit déjà examiner ces propositions lors de sa réunion du 15 octobre. Infantino cherche-t-il réellement à réformer la FIFA ou tente-t- il de désamorcer une contestation devenue trop visible ?
Le président affirme vouloir renforcer les institutions. Ses adversaires, eux, réclament sinon son départ du moins davantage de transparence, de contrôle et de concertation. Le débat est donc désormais ouvert jusque dans les mécanismes du pouvoir présidentiel. Et c’est peut-être là que réside le paradoxe de cette lettre.
Pour les observateurs, Infantino a trop goûté au luxe et ne veut pas lâcher la maison Zurich où il mène une vie de milliardaire et la notoriété qui va avec. Au final, il s’agit de réforme ou opération de survie ? Il serait prématuré de trancher. Mais une chose est certaine : quand un président à quelques mois de sa réélection propose soudain de revoir les règles de gouvernance qu’il a lui-même contribué à façonner, le signal mérite d’être décrypté.
La consultation des 211 fédérations pourrait ouvrir un nouveau chapitre de la FIFA. Elle pourrait aussi être le prélude au chant du cygne de Gianni Infantino.
AB. LAHOUARI




























