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Mourad Adjal exclut toute augmentation imminente des tarifs d’électricité en Algérie

Mourad Adjal exclut toute augmentation imminente des tarifs d’électricité en Algérie

  • Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables a affirmé qu’aucune décision n’a été prise concernant une révision des tarifs de l’électricité.
  • Le taux d’accès à l’électricité atteint environ 99 pour cent avec plus de 12,8 millions de clients selon les chiffres officiels.
  • Une enveloppe de 25,5 milliards de dinars est prévue pour soutenir la facture d’électricité dans le Sud et les Hauts-Plateaux.
  • Le système électrique national a enregistré un pic historique de demande s'élevant à 21 828 mégawatts pendant l'été 2026.
  • Le groupe Sonelgaz a programmé des investissements de l’ordre de 624 milliards de DA pour la réalisation d’infrastructures en 2027.

Une enveloppe supplémentaire de 25,5 milliards de dinars est prévue pour soutenir la facture d’électricité dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux concernées. À tout cela s’ajoutent des investissements de l’ordre de 624 milliards de DA programmés par le groupe Sonelgaz pour la réalisation d’infrastructures énergétiques au cours de 2027.

Ces chiffres ont été présentés hier par le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2027.

Devant les députés membres de cette commission, le ministre a fait le tour, dans son exposé, des réalisations du secteur, des programmes en cours et des projets futurs, ainsi que des crédits budgétaires et des mesures législatives proposés dans le cadre du projet de loi pour accompagner la transition énergétique, placée au centre des priorités du gouvernement.

Au début de son exposé, le ministre a mis en avant les efforts déployés pour étendre les réseaux d’électricité et de gaz, précisant que la généralisation de l’accès à l’énergie demeure l’une des principales priorités du secteur. En effet, le taux d’accès à l’électricité atteint environ 99 %, avec plus de 12,8 millions de clients, tandis que le taux de couverture en gaz s’élève à près de 80 %, pour plus de 8,7 millions de clients.

Selon le ministre, depuis 2002, plus de 521 000 foyers ont été raccordés au réseau d’électricité et plus de 2,7 millions de foyers au réseau de gaz, grâce à des investissements publics de 514 milliards de dinars.

Les efforts se poursuivent également en faveur des régions isolées, avec le lancement des travaux de raccordement au gaz des wilayas d’In Guezzam et de Bordj Badji Mokhtar, à travers la réalisation de deux stations de gaz propane.

Le secteur accompagne, par ailleurs, le développement agricole et industriel à travers le raccordement des exploitations agricoles, des zones industrielles et des zones d’activité aux réseaux énergétiques.

Depuis le lancement de l’opération en 2022, 107 704 exploitations agricoles ont été raccordées à l’électricité, tandis que des milliers de nouvelles opérations sont en cours de réalisation. Des projets stratégiques du secteur agricole ont également été raccordés à l’énergie avant les délais fixés.

Réseau électrique : une réponse à la demande record de l’été 2026

S’agissant de la sécurité de l’approvisionnement en électricité, le ministre a indiqué que le système électrique national a maintenu sa stabilité et la continuité du service durant l’été 2026, et ce, en dépit de la hausse record des températures et de l’augmentation importante de la demande.

La demande en électricité a atteint un pic historique de 21 828 mégawatts (MW). Ce niveau aurait pu s’élever à environ 23 038 MW en l’absence des mesures préventives prises durant la période estivale, indique le Dr Mourad Adjal.

«Cette hausse illustre l’ampleur des défis liés à la satisfaction de la demande nationale en électricité et la nécessité de consentir des investissements importants dans la production, le transport et la distribution, tout en renforçant les capacités du système électrique », souligne-t-il, notant que la plus grande partie du budget 2027, soit 93,89 milliards de dinars, sera consacrée au programme de l’électricité et du gaz.

Celui-ci prévoit la poursuite de la mise en œuvre des programmes de raccordement des foyers aux réseaux d’électricité et de gaz dans les différentes wilayas, y compris les programmes complémentaires décidés par le président de la République.

Le système électrique national dispose actuellement d’une capacité de production de 28 024 MW, d’un réseau de transport de 37 200 kilomètres et d’un réseau de distribution dépassant 445 000 kilomètres.

Concernant une éventuelle révision des tarifs de l’électricité, le ministre Mourad Adjal a assuré qu’aucune augmentation n’est prévue pour le moment. «Nous n’avons encore examiné aucun dossier à ce sujet. Cela ne signifie toutefois pas qu’une augmentation ne pourrait pas être envisagée à l’avenir. Mais, à l’heure actuelle, aucune décision n’a été prise en ce sens, afin d’éviter toute interprétation erronée», précise-t-il.

Par ailleurs, le secteur œuvre à l’élaboration d’un modèle national de consommation de l’électricité et du gaz, permettant de préserver les ressources énergétiques pour les générations futures et de garantir la sécurité énergétique, tout en assurant une transition progressive vers un mix énergétique durable reposant sur les différentes sources d’énergie disponibles.

Hydrogène vert et coopération internationale

Le développement de l’hydrogène vert constitue un autre axe de la stratégie de diversification énergétique. Les efforts portent sur la mise en place des conditions réglementaires et institutionnelles nécessaires, le développement des compétences et le renforcement de l’intégration industrielle.

Dans ce cadre, le projet de corridor de l’hydrogène du Sud, SoutH2, associant l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, est présenté comme un projet stratégique pour renforcer l’intégration énergétique euro-méditerranéenne.

D’autres projets sont à l’étude, notamment le développement de l’ammoniac vert au niveau de la raffinerie d’Arzew et la production de carburant d’aviation durable. Le renforcement des interconnexions électriques entre les deux rives de la Méditerranée figure également parmi les perspectives évoquées.

Des mesures fiscales pour encourager l’investissement

Le PLF 2027 prévoit plusieurs dispositions législatives destinées à soutenir les activités énergétiques et à encourager les investissements dans les énergies propres. Parmi les mesures proposées figurent la prorogation de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour certaines activités liées à la production, au transport, à la distribution et à la commercialisation de l’électricité, ainsi qu’au transport du gaz par canalisation.

Le projet prévoit également de porter à 10 % le taux de déduction fiscale applicable aux dépenses liées à la réalisation d’infrastructures de production d’hydrogène vert et d’énergies renouvelables. Cette mesure serait étendue aux dépenses de boisement et de reboisement des forêts.

D’autres dispositions concernent la modification des modalités de recouvrement du droit fixe sur la consommation d’électricité et de gaz, ainsi que l’exonération de certains produits fabriqués localement et destinés à l’exportation de la taxe sur la consommation énergétique, sous réserve des conditions réglementaires applicables.

H. O.

Énergies renouvelables : Une production additionnelle de 2 440 MW prévue en 2027

Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de transition énergétique, le ministre a affirmé que le développement des nouvelles énergies et des énergies renouvelables, ainsi que l’amélioration de l’efficacité énergétique, constituent deux axes essentiels pour diversifier le mix énergétique national, préserver les ressources naturelles et renforcer la sécurité énergétique. Le programme national des EnR se poursuit avec un objectif de production de 15 000 MW à l’horizon 2035, à travers des projets raccordés au réseau électrique et d’autres fonctionnant de manière autonome. La première phase prévoit la réalisation de projets solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 3 200 MW, répartis sur 21 centrales dans 14 wilayas. Selon les chiffres du ministre, des capacités de 760 MW étaient déjà entrées en service, à ce jour. En outre, l’année prochaine sera marquée par la mise en service des 17 dernières centrales solaires restantes prévues dans le cadre du programme de production d’énergie solaire photovoltaïque, pour une capacité totale de 2 440 mégawatts-crête (MWc).

Des programmes de développement des énergies renouvelables hors réseau sont également en cours. Ils portent notamment sur l’électrification de plus de 2 500 logements isolés, l’installation de 100 systèmes de pompage d’eau à l’énergie solaire au profit des exploitations agricoles et la réalisation de 1 000 installations solaires sur les toitures des bâtiments et infrastructures publics. Parallèlement, des études préparatoires, annonce-t-il, se poursuivent en vue de la réalisation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie éolienne, ainsi que de l’exploration du potentiel géothermique, de la biomasse et de l’énergie hydraulique.

H. O.

Sonelgaz : 624 milliards DA d’investissements prévus en 2027

Le programme d’investissement de Sonelgaz pour 2027 prévoit une enveloppe de 624 milliards de dinars destinée au développement des capacités de production et des infrastructures de transport de l’énergie, a annoncé le ministre de l’Energie et des EnR? Mourad Adjal. Les principales opérations programmées portent sur la mise en service partielle des centrales électriques de Djelfa, d’Oumache 3 et de Mostaganem, pour une capacité totale de 1 378 MW. Le programme prévoit également, ajoute le ministre, le lancement des travaux de réalisation de centrales électriques à Tébessa et à Adrar, la construction d’une centrale à Tamanrasset d’une capacité de 136 MW et l’achèvement du projet de renforcement d’une ligne de transport d’électricité dans l’Est du pays, à travers le relèvement de sa tension de 90 à 220 kilovolts sur une distance de 130 kilomètres.

Parallèlement, le secteur poursuivra les opérations de raccordement énergétique des grands projets miniers stratégiques, notamment ceux du phosphate dans l’Est du pays, du zinc et du plomb à Tala Hamza et du minerai de fer à Gara Djebilet, avec des investissements dépassant 76 milliards de dinars.

Les efforts porteront également sur le développement des industries électriques et gazières et le renforcement de l’intégration locale dans la fabrication des équipements énergétiques, afin de réduire la dépendance aux importations et de consolider les capacités industrielles nationales. À cet effet, le groupe Sonelgaz compte 164 entreprises spécialisées dans la fabrication d’équipements électriques et 43 entreprises produisant des équipements gaziers. Sur le plan international, le groupe entend poursuivre le développement de sa présence sur les marchés africains, arabes et européens, à travers la réalisation de projets énergétiques, l’exportation d’électricité et d’équipements, ainsi que l’organisation de formations au profit de cadres et de techniciens issus de 14 pays africains.

H. O.

Source : Ecotimes

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