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Tensions

Tensions

  • Trois civils, un homme, une femme et une fille, ont été tués par des frappes dans la province de Kunar, selon l'ONU.
  • Le Pakistan affirme avoir visé des hubs terroristes et tué 28 terroristes; le gouvernement taliban a démenti ces affirmations.
  • Une attaque à l'explosif et à l'arme feu dans le nord du Pakistan a fait au moins 31 morts, dont 16 policiers.
  • Les dernières frappes pakistanaises les plus meurtrières remontent au 29 juin et avaient fait une trentaine de morts.
  • Leurs relations sont tendues depuis 2021, ont tourné au conflit ouvert à l'automne 2025 et leur frontière est fermée depuis.

Calme depuis quelques semaines, la situation entre le Pakistan et l’Afghanistan connaît une fois encore de fortes hausses de tensions qui n’en finissent plus depuis plusieurs années déjà. En effet, trois civils ont été tués par des frappes pakistanaises dans l’est de l’Afghanistan, un bilan confirmé lundi par l’ONU. Le gouvernement pakistanais, en conflit armé avec son voisin afghan depuis des mois, a lui soutenu avoir tué des «terroristes». Des journalistes de l’AFP ont pu voir une maison complètement détruite dans le village de Patan, dans la province orientale de Kunar, où les funérailles des victimes ont eu lieu lundi. La Mission de l’ONU en Afghanistan a confirmé sur X qu’«au moins trois civils, un homme, une femme et une fille, ont été tués et quatre personnes blessées dans ce qui semble être des frappes aériennes dans la province de Kunar». Elle a appelé au respect du droit humanitaire en épargnant les civils. Le porte-parole adjoint du gouvernement taliban, Hamdullah Fitrat, a précisé sur X que la «maison d’un civil a été complètement détruite avec pour conséquence le décès de trois membres de cette famille», tandis que quatre autres ont été blessés. «Des jets pakistanais ont mené un bombardement», avait indiqué à l’AFP Farid Dehqan, porte-parole de la police de Kunar, province frontalière du Pakistan. Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a aussi fait état de bombardements dans la province orientale de Paktika qui eux n’ont pas fait de victimes. «Nous condamnons cette agression (…) et les Afghans y répondront de manière appropriée», a dit Mujahid. De son côté, le ministère de l’Information pakistanais a affirmé avoir visé «des hubs terroristes (…)» en Afghanistan, le long de la frontière. «Le maximum de précautions ont été prises pour éviter tout dommage collatéral», a précisé le ministère dans un communiqué, affirmant que «28 terroristes ont été tués». Le gouvernement taliban a démenti ces affirmations. Ces bombardements interviennent après une attaque à l’explosif et à l’arme à feu contre un quartier général de la police dans le nord du Pakistan vendredi, qui a fait au moins 31 morts, dont 16 policiers. Le groupe local Ittehad-ul-Mujahideen Pakistan, une faction liée au groupe jihadiste Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), a revendiqué cette attaque dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, frontalière de l’Afghanistan. Le Pakistan accuse l’Afghanistan de soutenir ces groupes jihadistes responsables d’attentats meurtriers sur son territoire, ce que le gouvernement taliban afghan dément. Les dernières frappes pakistanaises les plus meurtrières en Afghanistan remontent au 29 juin, et avaient fait une trentaine de morts dans les provinces de Paktia, Paktika et Kunar. Le Pakistan avait alors affirmé avoir ciblé une faction du TTP et tué des combattants, le gouvernement taliban faisant lui état de victimes civiles. Les deux voisins entretiennent des relations particulièrement tendues depuis le retour du gouvernement taliban en 2021, qui ont tourné au conflit ouvert à l’automne 2025. Leur frontière terrestre est fermée depuis. Au début de l’année, le Pakistan avait multiplié les bombardements, y compris sur Kaboul. La frappe la plus meurtrière avait touché le 16 mars un hôpital pour toxicomanes de la capitale afghane, tuant au moins 269 civils, selon l’ONU. La situation est d’autant plus dramatique en Afghanistan, le pays souffrant, depuis le retour des fondamentalistes au pouvoir, d’une pauvreté extrême. Et si les talibans financent avec les ressources naturelles et des taxations lourdes le fonctionnement de l’État et de l’armée, la population, elle, n’a pas de ressources et les pertes causées par le conflit avec le Pakistan sont difficiles, voire impossibles à remplacer.

Source : Le jour d'Algérie

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