En effet, durant trois jours, les opérateurs tunisiens participeront à des rencontres B2B, des sessions de networking ainsi qu’à des visites d’entreprises algériennes. Une démarche qui traduit une volonté de dépasser la logique des échanges de marchandises pour explorer davantage les possibilités d’investissement, de sous-traitance et de production conjointe.
La mission couvre un éventail particulièrement large d’activités. Les entreprises participantes ciblent notamment la numérisation, la santé et l’industrie pharmaceutique, l’agriculture et l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, la transition énergétique, les industries manufacturières, les matériaux de construction, le transport et la logistique, ainsi que le commerce international et les services aux entreprises.
Cette diversification correspond à l’évolution des relations économiques entre les deux pays, alors que les opérateurs cherchent à identifier de nouveaux relais de croissance en dehors des échanges énergétiques.
La démarche s’inscrit par ailleurs dans le prolongement du protocole de coopération signé en mai dernier entre CONECT International et la CAPC. L’accord prévoit notamment de stimuler les échanges commerciaux, encourager les investissements croisés, accompagner les entreprises dans la conclusion de partenariats et faciliter les rencontres directes entre opérateurs.
Les relations commerciales tuniso-algériennes affichent une progression régulière. Les échanges sont passés de 6,3 milliards de dinars tunisiens en 2023 à 7,7 milliards en 2024, puis à 8,3 milliards en 2025, soit une progression de près de 32 % en deux ans.
D’après les données de l’Institut national de la statistique tunisien, les exportations tunisiennes vers l’Algérie ont atteint environ 1,8 milliard de dinars en 2025, en hausse de 7,5 %. Les importations tunisiennes en provenance d’Algérie se sont, pour leur part, établies à près de 6,5 milliards de dinars, en progression de 7,1 %.
La structure des échanges demeure toutefois fortement marquée par l’énergie. Les produits énergétiques représenteraient près de 90 % des importations tunisiennes en provenance d’Algérie, tandis que l’Algérie a couvert environ 92 % des importations tunisiennes de gaz en 2025.
Cette configuration laisse entrevoir un potentiel important de diversification, notamment dans l’industrie, l’agroalimentaire, la pharmacie, les services numériques et les énergies renouvelables.
Pour les entreprises tunisiennes, le marché algérien constitue ainsi non seulement un débouché commercial, mais également une possibilité d’intégration dans des chaînes de production locales.
De la vente de produits à la production conjointe
Dans les industries mécaniques et électriques, qui représentent déjà une part importante des exportations tunisiennes vers l’Algérie, les opportunités peuvent notamment concerner la sous-traitance, les composants, les équipements et les services de maintenance.
La santé et l’industrie pharmaceutique offrent également des perspectives autour de la fabrication locale, du transfert de savoir-faire et des équipements médicaux. Dans l’agroalimentaire, les partenariats peuvent porter sur la transformation, le conditionnement, la chaîne du froid ou encore les intrants agricoles.
Le secteur des énergies renouvelables ouvre, de son côté, des possibilités dans les équipements solaires, l’efficacité énergétique et les solutions destinées aux entreprises industrielles.
Cette offensive intervient dans un contexte de dynamisme de l’investissement en Algérie. Au premier trimestre 2026, 2.131 projets, pour une valeur déclarée de 629 milliards de dinars, ont été enregistrés par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), avec plus de 59.000 emplois projetés.
Pour les opérateurs tunisiens, cette dynamique peut créer des opportunités comme fournisseurs, sous-traitants ou partenaires industriels. Pour les entreprises algériennes, les coopérations avec leurs homologues tunisiennes peuvent favoriser l’élargissement du réseau de fournisseurs, le transfert d’expertise et le développement de produits destinés à d’autres marchés.
L’enjeu de la mission des 22 au 24 septembre sera donc surtout de transformer les rencontres B2B en contrats commerciaux, accords de sous-traitance et projets d’investissement, afin de donner une nouvelle profondeur aux relations économiques entre l’Algérie et la Tunisie.
K. B.




























