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Lancement d’Al Moustatmira par Chahrazed Saadi pour l’entrepreneuriat féminin en Algérie

Lancement d’Al Moustatmira par Chahrazed Saadi pour l’entrepreneuriat féminin en Algérie

  • Al Moustatmira est une plateforme digitale lancée avec la GIZ et le Ministère de l’Industrie pour soutenir les entrepreneures en Algérie.
  • Elle vise à surmonter les obstacles comme l’accès à l’information, l’accompagnement personnalisé et la mise en réseau professionnel.
  • La plateforme cible les femmes des zones rurales et de la diaspora pour faciliter la structuration de leurs activités.
  • Une formation en marketing digital est intégrée pour améliorer la compétitivité des entreprises dirigées par des femmes.
  • L’impact sera mesuré par le nombre de femmes accompagnées, l’évolution des projets et la contribution au développement économique.
  • Eco Times : Avec le lancement d’Al Moustatmira, quels sont concrètement les principaux obstacles auxquels cette plateforme entend répondre aujourd’hui pour les femmes entrepreneures et porteuses de projets en Algérie ?

Chahrazed Saadi : Le projet de plateforme a été pensé, structuré et motivé par le constat de contraintes qu’on peut considérer comme freins à l’entrepreneuriat féminin. ALMOUSTATMIRA est un outil digital qui pourra apporter des solutions aux obstacles liées à :

  • L’accès à l’information ; souvent celle-ci est dispersée ou difficilement accessible, notamment pour les porteuses de projets qui sont éloignées des grandes villes, et qui parfois ont un problème de mobilité.
  • L’accompagnement selon les besoins, une jeune entrepreneure ou une entrepreneure en activité a besoin d’écoute, d’échange et de solutions adaptées à son profil et ses objectifs.
  • La mise en relation d’affaires qui offre à l’entrepreneure de la visibilité, un relationnel professionnel et crédible et qui lui permet d’échanger et d’avoir plus d’opportunités business.

ALMOUSTATMIRA, lancé en partenariat avec la GIZ et le Ministère de l’Industrie, n’est pas un dispositif supplémentaire, elle est un espace qui compile différentes composantes de l’écosystème, qui donne accès aux programmes d’accompagnement de SEVE et aux outils dont ont besoin les femmes entrepreneures.

  • La plateforme ambitionne notamment de faciliter l’accès aux dispositifs d’accompagnement pour les femmes des zones rurales et éloignées des grandes villes. Quels résultats concrets attendez-vous en matière de création et de développement d’entreprises féminines dans ces territoires ?

Concrètement, dans les zones rurales et éloignées, nous voulons d’abord rapprocher l’information et l’accompagnement des femmes qui ont parfois un projet, un savoir-faire ou une activité, mais qui ne savent pas comment commencer ce processus de création voire de développement.

Mais également avoir des projets structurés qui soient à valeur ajoutée et dont l’impact est réel aussi bien sur la croissance que le développement de ces zones qui restent, à mon sens, riches en opportunités d’investissement et de création de richesse au regard du potentiel qu’elles détiennent.

Nous voulons également porter une attention particulière aux activités qui existent déjà dans ces territoires : artisanat, agriculture, agroalimentaire, services, commerce ou encore activités liées au patrimoine local.

L’objectif est de permettre à ces entrepreneures de passer d’une activité souvent limitée à un marché local à une activité mieux structurée et mieux implémentée sur le marché.

À terme, le résultat que nous voulons observer est donc double : davantage de femmes qui entreprennent, mais surtout davantage de femmes qui parviennent à pérenniser et à faire grandir leur activité. ALMOUSTATMIRA s’adresse aussi aux femmes de la diaspora qui veulent apporter leur contribution au développement économique de notre pays par l’investissement.

  • Dans un contexte où la digitalisation devient un levier important de compétitivité des entreprises, AlMoustatmira intègre également une formation en marketing digital. Estimez-vous que les entreprises dirigées par des femmes sont suffisamment préparées à cette transformation numérique ?

Les femmes cheffes d’entreprises sont ambitieuses et cherchent constamment à optimiser leur productivité et le digital en est un facteur essentiel, elles sont conscientes que l’introduction du digital peut changer considérablement la manière dont une petite entreprise trouve ses clients, présente ses produits, construit sa marque et développe son chiffre d’affaires.

Elles ont besoin, pour cela, d’avoir les compétences nécessaires. Nous avons, pour cette raison, intégré une formation en marketing digital grâce à la plateforme conçue par le programme PEFEVA initié par la GIZ et le Ministère de l’Industrie.

Nous voulons que les bénéficiaires puissent passer de la théorie à des usages très concrets : comment présenter son activité en ligne, comment identifier sa clientèle, comment créer du contenu pertinent, comment développer sa visibilité et, surtout, comment transformer cette visibilité en opportunités commerciales.

Le digital est une opportunité et un accélérateur de l’inclusion économique des femmes, c’est dans ce sens que la plateforme E-learning a été conçue et intégrée sur MOUSTATMIRA.

  • Au-delà de l’accès à l’information et à la formation, comment l’association compte-t-elle mesurer l’impact économique d’AlMoustatmira : nombre de projets accompagnés, entreprises créées, emplois générés ou encore accès aux financements ?

Je vous remercie pour cette question pertinente et qui me permet de dire que ALMOUSTATMIRA est un écosystème qui va travailler sur le suivi et la gestion des retours et des demandes d’accompagnement et ce grâce à des experts, mentors, formateurs mais également des analystes de la data.

Plusieurs indicateurs seront considérés d’abord, le nombre de femmes et de porteuses de projets accompagnées, leur répartition géographique et les types de projets concernés. Ensuite, nous nous intéresserons à l’évolution de ces projets : ceux qui se structurent, ceux qui se formalisent, ceux qui accèdent à un financement ou à de nouveaux marchés, et ceux qui parviennent à développer leur activité.

Nous accorderons de l’importance, également, à l’impact de l’accompagnement sur l’évolution des projets. Cette démarche de suivi nous permettra d’améliorer progressivement la plateforme et de mesurer de manière objective sa contribution au développement de l’entrepreneuriat féminin en Algérie.

S. I.

Source : Ecotimes

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