Le football algérien a connu des périodes de doute, des générations brillantes et des moments gravés à jamais dans la mémoire des supporters. Derrière chaque grande équipe se cache un homme capable de fédérer un groupe, d'imposer une vision et de transformer un effectif talentueux en une sélection redoutée.
Si de nombreux entraîneurs se sont succédé sur le banc de l'équipe nationale, seuls quelques-uns ont véritablement changé le destin des Fennecs. Certains ont offert des qualifications historiques en Coupe du monde, d'autres ont ramené la Coupe d'Afrique des nations ou construit des générations devenues mythiques.
Retour sur les cinq sélectionneurs qui ont écrit les plus belles pages de l'histoire de l'équipe d'Algérie.
Sous sa direction, la sélection atteint la finale de la CAN 1980. Cette performance confirme l'émergence d'une génération exceptionnelle composée de Lakhdar Belloumi, Rabah Madjer, Salah Assad ou encore Fergani.
Mais c'est évidemment la Coupe du monde 1982 qui fait entrer Mahieddine Khalef dans l'histoire.
Le 16 juin 1982, l'Algérie fait tomber l'Allemagne de l'Ouest, championne d'Europe en titre et favorite du tournoi. Cette victoire 2 buts à 1 reste l'un des plus grands exploits de toute l'histoire de la Coupe du monde.
Même si les Fennecs sont finalement éliminés à la suite du tristement célèbre "match de la honte" entre l'Allemagne et l'Autriche, cette génération change définitivement le regard porté sur le football africain.
Grâce à un travail patient, Saâdane reconstruit progressivement un groupe compétitif autour d'une nouvelle génération composée notamment de Madjid Bougherra, Antar Yahia, Karim Ziani, Rafik Halliche ou encore Hassan Yebda.
Le barrage face à l'Égypte, disputé à Omdourman, entre immédiatement dans la légende.
Le but inscrit par Antar Yahia offre aux Fennecs leur qualification pour la Coupe du monde 2010 et déclenche une immense vague de joie à travers tout le pays.
Au-delà de cette qualification historique, Rabah Saâdane laisse l'image d'un homme capable d'apaiser les tensions, de protéger son groupe et de faire passer l'intérêt collectif avant les individualités.
Sous sa direction, l'Algérie retrouve rapidement une identité de jeu. Les Fennecs deviennent plus agressifs dans le pressing, plus rapides dans les transitions et beaucoup plus dangereux offensivement.
La qualification pour la Coupe du monde marque une nouvelle étape. Mais c'est surtout le parcours réalisé au Brésil qui va faire entrer Halilhodžić dans l'histoire du football algérien.
Pour la première fois, l'Algérie atteint les huitièmes de finale d'une Coupe du monde. Après une phase de groupes convaincante, les Verts affrontent l'Allemagne, future championne du monde.
Malgré la défaite après prolongation, la prestation algérienne impressionne la planète football. Pendant de longues minutes, les Fennecs bousculent les Allemands grâce à leur intensité, leur discipline tactique et leur courage.
Beaucoup considèrent encore aujourd'hui ce match comme l'une des plus grandes performances de l'histoire de la sélection.
Son expérience reste toutefois différente de celle des cinq sélectionneurs évoqués plus haut. Diriger une sélection A lors d'une CAN ou d'une Coupe du monde représente un défi d'une toute autre dimension. C'est pourquoi il est encore trop tôt pour le placer parmi les plus grands entraîneurs de l'histoire des Fennecs.
En revanche, beaucoup d'observateurs estiment qu'il possède le profil pour écrire, un jour, une nouvelle page de cette histoire.

Mahieddine Khalef, le bâtisseur de la génération qui a stupéfié le monde
Lorsqu'on évoque les plus grandes heures du football algérien, un nom revient presque systématiquement. Celui de Mahieddine Khalef. Avant même de devenir sélectionneur, il s'était imposé comme l'un des meilleurs techniciens du pays grâce à son travail à la JS Kabylie. Son arrivée à la tête des Fennecs marque un véritable tournant. L'Algérie ne se contente plus de rivaliser avec les meilleures nations africaines, elle commence à regarder le monde droit dans les yeux.
Sous sa direction, la sélection atteint la finale de la CAN 1980. Cette performance confirme l'émergence d'une génération exceptionnelle composée de Lakhdar Belloumi, Rabah Madjer, Salah Assad ou encore Fergani.
Mais c'est évidemment la Coupe du monde 1982 qui fait entrer Mahieddine Khalef dans l'histoire.
Le 16 juin 1982, l'Algérie fait tomber l'Allemagne de l'Ouest, championne d'Europe en titre et favorite du tournoi. Cette victoire 2 buts à 1 reste l'un des plus grands exploits de toute l'histoire de la Coupe du monde.
Même si les Fennecs sont finalement éliminés à la suite du tristement célèbre "match de la honte" entre l'Allemagne et l'Autriche, cette génération change définitivement le regard porté sur le football africain.
Pourquoi Mahieddine Khalef est une référence ?
- Il a construit la première grande génération des Fennecs.
- Il a permis à l'Algérie de devenir une nation respectée sur la scène internationale.
- Il reste associé au plus grand exploit du football algérien en Coupe du monde.
Abdelhamid Kermali, l'homme qui a offert la première étoile continentale
Peu d'entraîneurs peuvent se targuer d'avoir offert un titre continental à leur pays. Abdelhamid Kermali fait partie de ce cercle très fermé. Ancien international devenu entraîneur, il prend les commandes de la sélection à la fin des années 1980, dans une période où l'Algérie possède toujours de nombreux joueurs expérimentés mais cherche un nouveau souffle. Son principal mérite est d'avoir réussi à bâtir un groupe extrêmement solide mentalement. La Coupe d'Afrique des nations disputée en Algérie restera son chef-d'œuvre. Portés par un public extraordinaire, les Fennecs réalisent un parcours presque parfait avant de battre le Nigeria en finale grâce à un but de Chérif Oudjani. Ce succès offre à l'Algérie sa première CAN et demeure l'un des souvenirs les plus marquants de toute l'histoire sportive du pays. Au-delà du trophée, Kermali a également su imposer une discipline tactique remarquable. Son équipe encaissait très peu de buts, faisait preuve d'une grande maîtrise collective et ne se désunissait quasiment jamais dans les moments difficiles.Son héritage reste immense
Plus de trois décennies après ce sacre, Abdelhamid Kermali demeure le premier sélectionneur algérien à avoir conduit les Fennecs sur le toit de l'Afrique. Son nom reste indissociable de cette génération championne d'Afrique.Rabah Saâdane, le sélectionneur des grandes renaissances
S'il existe un homme qui incarne la longévité avec l'équipe nationale, c'est bien Rabah Saâdane. Surnommé "Cheikh El Moudarribine", il est revenu à plusieurs reprises lorsque la sélection traversait des périodes compliquées. À chaque fois, il a accepté une mission délicate, souvent dans un contexte de crise. Son premier passage lui permet de participer à la Coupe du monde 1986. Mais c'est surtout son retour à partir de 2007 qui marque définitivement les esprits. À cette époque, l'Algérie cherche désespérément à retrouver la scène mondiale après vingt-quatre années d'absence.
Grâce à un travail patient, Saâdane reconstruit progressivement un groupe compétitif autour d'une nouvelle génération composée notamment de Madjid Bougherra, Antar Yahia, Karim Ziani, Rafik Halliche ou encore Hassan Yebda.
Le barrage face à l'Égypte, disputé à Omdourman, entre immédiatement dans la légende.
Le but inscrit par Antar Yahia offre aux Fennecs leur qualification pour la Coupe du monde 2010 et déclenche une immense vague de joie à travers tout le pays.
Au-delà de cette qualification historique, Rabah Saâdane laisse l'image d'un homme capable d'apaiser les tensions, de protéger son groupe et de faire passer l'intérêt collectif avant les individualités.
Pourquoi reste-t-il incontournable ?
- Il est le sélectionneur ayant dirigé le plus de matchs avec l'Algérie.
- Il a qualifié les Fennecs pour deux Coupes du monde.
- Il a su reconstruire l'équipe dans plusieurs périodes difficiles.
- Il reste l'un des entraîneurs les plus respectés de l'histoire du football algérien.
Vahid Halilhodžić, l'entraîneur qui a fait entrer l'Algérie dans une nouvelle dimension
Lorsque Vahid Halilhodžić arrive à la tête des Fennecs, l'Algérie sort d'une période compliquée. L'élimination précoce lors de la CAN et les résultats irréguliers ont laissé des traces. Le technicien bosnien hérite pourtant d'un groupe prometteur, qu'il va profondément transformer. Dès ses premiers mois, il impose sa méthode. Les entraînements gagnent en intensité, la discipline devient non négociable et chaque joueur doit mériter sa place. Son exigence surprend parfois, mais elle finit par porter ses fruits.
Sous sa direction, l'Algérie retrouve rapidement une identité de jeu. Les Fennecs deviennent plus agressifs dans le pressing, plus rapides dans les transitions et beaucoup plus dangereux offensivement.
La qualification pour la Coupe du monde marque une nouvelle étape. Mais c'est surtout le parcours réalisé au Brésil qui va faire entrer Halilhodžić dans l'histoire du football algérien.
Pour la première fois, l'Algérie atteint les huitièmes de finale d'une Coupe du monde. Après une phase de groupes convaincante, les Verts affrontent l'Allemagne, future championne du monde.
Malgré la défaite après prolongation, la prestation algérienne impressionne la planète football. Pendant de longues minutes, les Fennecs bousculent les Allemands grâce à leur intensité, leur discipline tactique et leur courage.
Beaucoup considèrent encore aujourd'hui ce match comme l'une des plus grandes performances de l'histoire de la sélection.
Ce que Vahid Halilhodžić a apporté
- Une rigueur professionnelle rarement atteinte auparavant.
- Une meilleure préparation physique.
- Une mentalité tournée vers la performance internationale.
- La confirmation d'une génération capable de rivaliser avec les meilleures équipes du monde.
Djamel Belmadi, celui qui a rendu sa fierté à tout un peuple
Lorsque Djamel Belmadi prend les commandes de l'équipe nationale, les supporters sortent de plusieurs années particulièrement frustrantes. L'élimination dès le premier tour de la CAN et les changements répétés de sélectionneur ont fragilisé la sélection. Ancien capitaine des Fennecs, Belmadi connaît parfaitement les attentes du peuple algérien. Très rapidement, il instaure une nouvelle culture. Le collectif passe avant tout. Chaque joueur doit défendre, courir et se battre pour le maillot. Cette philosophie transforme complètement le visage de l'équipe. Quelques mois seulement après son arrivée, l'Algérie remporte la Coupe d'Afrique des nations. Portés par Riyad Mahrez, Ismaël Bennacer, Baghdad Bounedjah, Youcef Belaïli, Sofiane Feghouli ou encore Djamel Benlamri, les Fennecs réalisent une compétition presque parfaite. La victoire face au Sénégal en finale offre à l'Algérie sa deuxième étoile continentale, près de trente ans après le sacre de 1990. Belmadi construit ensuite une série exceptionnelle de trente-cinq (35) matchs sans défaite, un record pour la sélection et l'une des plus longues séries de l'histoire du football international. Cette période replace l'Algérie parmi les meilleures nations africaines. Bien sûr, la fin de son mandat est plus contrastée. Les éliminations successives lors des CAN et la cruelle désillusion face au Cameroun en barrages de la Coupe du monde laissent un goût amer. Pourtant, cela ne suffit pas à effacer tout ce qu'il a construit.Pourquoi Djamel Belmadi restera une référence
- Vainqueur de la CAN.
- Record historique de matchs sans défaite.
- Une identité de jeu forte.
- Une génération redevenue fière de porter le maillot national.
- Une communion exceptionnelle avec les supporters.
Et Madjid Bougherra dans tout ça ?
Son nom revient systématiquement dès que le poste de sélectionneur de l'équipe A se retrouve au cœur des débats. Pourtant, Madjid Bougherra n'a encore jamais dirigé les Fennecs en compétition officielle. Son parcours mérite malgré tout d'être souligné. À la tête de l'équipe nationale A', l'ancien capitaine remporte la Coupe arabe de la FIFA en proposant un football séduisant et un groupe particulièrement soudé. Quelques mois plus tard, il emmène également les locaux jusqu'en finale du Championnat d'Afrique des nations. Au-delà des résultats, Bougherra séduit par sa personnalité, sa proximité avec les joueurs et sa connaissance du football algérien.
Son expérience reste toutefois différente de celle des cinq sélectionneurs évoqués plus haut. Diriger une sélection A lors d'une CAN ou d'une Coupe du monde représente un défi d'une toute autre dimension. C'est pourquoi il est encore trop tôt pour le placer parmi les plus grands entraîneurs de l'histoire des Fennecs.
En revanche, beaucoup d'observateurs estiment qu'il possède le profil pour écrire, un jour, une nouvelle page de cette histoire.
Pourquoi ces cinq hommes restent les plus grands sélectionneurs des Fennecs ?
Comparer des entraîneurs issus d'époques différentes n'est jamais simple. Le football a évolué, les générations aussi. Mais un point commun relie Mahieddine Khalef, Abdelhamid Kermali, Rabah Saâdane, Vahid Halilhodžić et Djamel Belmadi. Tous ont laissé une empreinte durable. Khalef a fait découvrir l'Algérie au monde entier. Kermali a offert le premier titre continental. Saâdane a ramené les Fennecs en Coupe du monde après vingt-quatre ans d'absence. Halilhodžić a permis à l'Algérie de franchir un cap historique sur la scène mondiale. Belmadi a redonné au peuple algérien un trophée continental et une immense fierté. Leurs parcours sont différents, leurs méthodes aussi. Mais tous ont réussi ce que chaque sélectionneur rêve d'accomplir, faire vibrer des millions de supporters et inscrire leur nom dans l'histoire du football algérien. Aujourd'hui encore, leurs exploits servent de référence chaque fois que les Fennecs traversent une période de doute. Car au-delà des victoires et des trophées, ces cinq hommes ont construit une partie de l'identité de l'équipe nationale, celle qui continue d'inspirer les générations actuelles et futures.






























